À l’occasion de la Journée
mondiale de l’environnement, World
Vision France appelle à replacer les enfants au cœur de la réponse climatique
mondiale.
Au moins 242 millions
d’enfants dans 85 pays ont vu en 2024 leur scolarité interrompue par des
événements climatiques extrêmes. Sécheresses, inondations, vagues de chaleur ou
stress hydrique. Pour World Vision France, la crise environnementale est désormais
une urgence humaine qui frappe d’abord les plus vulnérables.
À l’occasion de la
Journée mondiale de l’environnement 2026, World Vision France alerte sur
l’accélération des conséquences humaines du dérèglement climatique et appelle à
renforcer massivement les investissements dans les solutions locales qui
permettent déjà à des millions de familles de construire leur résilience.
Alors que les Nations
unies rappellent l’urgence de transformer nos modèles de développement pour
répondre à la crise environnementale mondiale, World Vision souligne une
réalité encore trop peu visible : les enfants sont aujourd’hui les premières
victimes du changement climatique, alors qu’ils en sont les moins responsables.
« Nous ne parlons plus
d’une crise environnementale lointaine. Nous parlons d’enfants qui perdent
l’accès à l’eau, à l’école, à l’alimentation, à cause de phénomènes climatiques
de plus en plus violents. La crise climatique est devenue une crise de l’enfance.
», commente
Camille Romain des Boscs, directrice de World Vision France.
Une urgence mondiale
qui frappe d’abord les enfants
La Journée mondiale de
l’environnement 2026 intervient dans un contexte de dégradation accélérée des
écosystèmes mondiaux. Les effets du changement climatique, de la
désertification, de la perte de biodiversité et de la raréfaction des
ressources naturelles menacent directement la stabilité économique, sociale et
sanitaire de centaines de millions de personnes.
Mais derrière les
grands indicateurs environnementaux se cache une réalité humaine :
• En 2024, 242 millions d’enfants dans 85 pays
ont vu leur scolarité interrompue par des événements climatiques extrêmes
• Près d’1 milliard d’enfants vivent
aujourd’hui dans des pays considérés comme “à très haut risque climatique”
• Et 920 millions d’enfants sont aujourd’hui
exposés à un stress hydrique élevé
Dans de nombreuses
régions d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique latine, la crise environnementale
fragilise directement les moyens de subsistance des familles. Lorsque les
récoltes sont mauvaises, lorsque les points d’eau s’assèchent ou lorsque les
terres deviennent infertiles, les conséquences sont immédiates : augmentation
de l’insécurité alimentaire, décrochage scolaire, mariages précoces, travail
des enfants, déplacements forcés…
Le changement
climatique n’appartient plus au futur
Le dérèglement
climatique agit désormais comme un multiplicateur de vulnérabilités. Dans la
Corne de l’Afrique, des sécheresses historiques ont plongé des millions de
familles dans l’insécurité alimentaire. En Asie, les inondations détruisent des
habitations, des écoles, des routes et des accès essentiels à l’eau ou aux
soins. Dans certaines régions sahéliennes, l’avancée de la désertification
réduit drastiquement les capacités agricoles des communautés rurales.
Pour World Vision, la
réponse à cette crise ne peut pas se limiter à une logique d’urgence
ponctuelle. Elle doit s’inscrire dans une transformation durable des
territoires, la restauration des écosystèmes et l’autonomisation des
villageois. Présente dans près de 100 pays, l’organisation développe des
programmes liant protection de l’environnement, adaptation climatique, sécurité
alimentaire et protection de l’enfance.
Les actions de
l’association comprennent notamment : la restauration des terres dégradées ; le
développement d’une agriculture plus résiliente ; l’accès durable à l’eau ; la
protection des ressources naturelles ; la prévention des catastrophes ; et
l’accompagnement des familles face aux chocs climatiques.
Quand la terre
reverdit, les populations résistent
Face à l’ampleur des
défis environnementaux, des solutions existent.
Depuis plusieurs
décennies, World Vision accompagne des villages dans des projets de
restauration des terres et de régénération des écosystèmes qui démontrent qu’il
est possible d’inverser certaines dynamiques de dégradation.
Ces initiatives
permettent non seulement de restaurer les sols et la biodiversité, mais aussi
de renforcer la sécurité alimentaire, de stabiliser les revenus des communautés
et de réduire la vulnérabilité face aux sécheresses.
Restaurer les terres,
c’est aussi restaurer des conditions de vie : lorsque les familles retrouvent des
récoltes et des revenus stables, les enfants peuvent rester à l’école et
deviennent moins vulnérables aux crises et aux déplacements forcés.
Tony Rinaudo et la RNA
: la révolution venue des racines
Parmi les initiatives
les plus emblématiques soutenues par World Vision figure la Régénération
Naturelle Assistée (RNA), également connue sous le nom anglais FMNR – Farmer
Managed Natural Regeneration. Cette approche, portée depuis les années 1980 par
l’agronome australien Tony Rinaudo, repose sur une idée simple mais
révolutionnaire : de nombreux arbres considérés comme disparus possèdent encore
des systèmes racinaires vivants sous terre. En protégeant et en accompagnant
leur repousse naturelle plutôt qu’en replantant massivement, les agriculteurs
peuvent restaurer rapidement des paysages dégradés à grande échelle.
Au Niger, cette méthode
a contribué à restaurer environ 6 millions d’hectares de terres, transformant
durablement des zones frappées par la désertification.
Les résultats observés
sont considérables :
amélioration de la fertilité des sols ; augmentation des rendements agricoles ;
retour de la biodiversité ; meilleure rétention de l’eau ; réduction de
l’érosion ; augmentation des revenus agricoles ; et renforcement de la
résilience des habitants face aux sécheresses.
Aujourd’hui, World
Vision contribue au déploiement de cette approche dans plusieurs régions du
monde, convaincue que les solutions les plus efficaces sont souvent celles qui
s’appuient sur les savoirs locaux, la mobilisation communautaire et la
restauration des écosystèmes existants.
Protéger
l’environnement, c’est protéger les enfants
Pour World Vision
France, la crise climatique ne peut plus être dissociée des enjeux humanitaires
et de protection de l’enfance. Dans les régions les plus fragiles, les enfants
sont les premiers touchés par les conséquences des dérèglements environnementaux
: malnutrition, maladies hydriques, interruption de la scolarité, déplacements
forcés ou hausse des violences. Face à cette réalité, l’organisation défend une
approche globale, alliant adaptation climatique, sécurité alimentaire, accès à
l’eau, protection des enfants et restauration des écosystèmes, afin de
renforcer durablement l’autonomie des familles face aux chocs climatiques.
Face à une crise
climatique qui accélère les inégalités et fragilise l’avenir de millions
d’enfants, World Vision France appelle à faire des solutions locales et de la
protection des populations les plus vulnérables une priorité internationale.
« Nous refusons l’idée d’une fatalité climatique. Partout où nous travaillons, nous voyons des femmes, des hommes et des enfants debouts, capables de transformer leur environnement lorsque les moyens, les connaissances et la solidarité sont au rendez-vous. Le véritable enjeu aujourd’hui est notre capacité collective à changer d’échelle. », conclut Camille Romain des Boscs.


