L’analyse
de Tanguy Duthion, CEO d’Avanoo.
Des dépendances
technologiques croissantes
Les entreprises
reposent aujourd’hui sur un écosystème technologique particulièrement dense :
logiciels SaaS, infrastructures cloud, services d’intelligence artificielle ou
plateformes d’API.
Cette interconnexion a
permis des gains d’efficacité considérables. Mais elle introduit également une
complexité croissante dans la gestion des dépendances numériques.
Derrière une
application apparemment simple peuvent se cacher plusieurs couches de services,
parfois répartis entre différents fournisseurs et différentes juridictions. Une
solution SaaS peut dépendre d’un fournisseur cloud, lui-même reposant sur
plusieurs infrastructures ou briques technologiques externes.
Dans de nombreuses
organisations, ces dépendances restent difficiles à cartographier avec
précision.
Or cette opacité
constitue un enjeu stratégique croissant, à mesure que les entreprises
externalisent une part toujours plus importante de leurs capacités numériques.
Un enjeu de résilience
pour les entreprises
La souveraineté
numérique est souvent abordée à l’échelle des États. Pourtant, elle concerne
tout autant les entreprises.
Comprendre sur quels
fournisseurs reposent les opérations critiques, savoir où sont traitées les
données et identifier les technologies réellement utilisées deviennent des
éléments essentiels de la résilience numérique.
Les évolutions
réglementaires européennes, qu’il s’agisse de cybersécurité, de protection des
données ou de gouvernance de l’intelligence artificielle, renforcent encore
cette exigence de transparence.
Dans un environnement
technologique globalisé, les entreprises peuvent rapidement se retrouver
dépendantes d’un nombre limité d’acteurs pour des fonctions essentielles :
hébergement, analyse de données, intelligence artificielle ou services
d’infrastructure.
Sans visibilité claire
sur ces dépendances, il devient difficile d’anticiper les risques ou de piloter
une stratégie technologique cohérente.
Cartographier
l’écosystème numérique réel
La première étape pour
reprendre le contrôle consiste donc à retrouver de la visibilité sur
l’écosystème numérique réel de l’entreprise.
Cela implique de
cartographier non seulement les solutions officiellement déployées, mais aussi
les outils adoptés de manière informelle par les équipes : applications SaaS,
services d’intelligence artificielle, extensions de navigateur ou dépendances
cloud.
C’est précisément dans
cette logique que s’inscrivent certaines solutions qui permettent d’identifier
les usages numériques réels au sein d’une organisation.
En analysant les
applications, les services d’IA et les dépendances technologiques effectivement
utilisés par les collaborateurs, ces plateformes peuvent établir une
cartographie complète de l’environnement numérique de l’entreprise.
À partir de ces
données, il devient possible de produire un rapport détaillé d’empreinte
de souveraineté numérique, permettant d’identifier les fournisseurs
technologiques utilisés, leur localisation, les dépendances associées et les
risques potentiels pour l’organisation.
Cette vision globale
constitue un outil précieux pour les directions générales, les équipes IT et
les responsables de la cybersécurité, qui peuvent ainsi mieux comprendre leur
exposition et définir des stratégies de réduction des dépendances critiques.
Car dans un monde
numérique de plus en plus complexe, la souveraineté ne repose pas uniquement
sur le choix des technologies. Elle commence par une question plus fondamentale
: savoir réellement sur quoi l’on dépend.


