Le point de vue de Delphine Ducastel-Boulon, Country
Manager France chez DataCore.
Dans un monde où chaque
entreprise dépend désormais de ses systèmes numériques, les interruptions
informatiques ne sont plus de simples désagréments techniques : elles
représentent un risque stratégique et financier majeur. Chaque minute
d’indisponibilité affecte directement la productivité, les revenus et la
réputation des entreprises, quel que soit leur secteur.
L’interruption, un
risque sous-estimé
Les entreprises pensent
encore trop souvent que quelques minutes de panne n’ont qu’un impact limité. La
réalité est tout autre : selon l’Uptime Institute, une interruption non
planifiée coûte en moyenne plus de 100 000 dollars par incident, et ce chiffre
peut grimper à plusieurs millions selon la criticité du service.
Les conséquences
dépassent largement la seule dimension financière : perte de productivité,
atteinte à la confiance client, démotivation des équipes, voire exposition à
des risques réglementaires.
Ainsi, les directions
d’entreprise ont tout intérêt à ne plus considérer la disponibilité comme une
simple métrique IT, mais comme un véritable indicateur de performance
stratégique.
Quand tout s’arrête :
la réaction en chaîne des interruptions
Une panne ne se limite
jamais à un seul service. Lorsqu’un système tombe, c’est l’ensemble de la
chaîne de valeur qui vacille.
Les équipes commerciales perdent l’accès à leurs CRM, les ingénieurs sont coupés de leurs environnements de développement, la production se fige faute de données en temps réel. Ces blocages entraînent des retards, des surcoûts et, in fine, une perte de compétitivité.
Dans les secteurs à
forte exigence de disponibilité comme la finance, santé, e-commerce, etc. une
seule défaillance peut suffire à éroder durablement la confiance des clients et
des partenaires.
Le maillon faible : le
stockage, cause invisible des pannes
Lorsqu’une panne
survient, le réflexe est souvent de pointer du doigt les applications ou le
réseau. Pourtant, dans de nombreux cas, la cause se trouve plus bas dans la
pile technologique : le stockage.
Un stockage sans assez
de redondance ou pas assez dimensionné peut facilement devenir un maillon
faible du système. Un simple disque défectueux ou un contrôleur saturé suffit à
bloquer l’accès aux données, entraînant des arrêts d’écriture, des bases de données
figées, voire une panne complète des applications métiers.
Ces défaillances sont
d’autant plus dangereuses qu’elles peuvent être silencieuses dégradations
progressives de performance, « pannes grises » et passer inaperçues jusqu’à
provoquer un effondrement complet du service.
Vers une nouvelle
approche de la résilience
La résilience n’est pas
un état, c’est une capacité. Une organisation véritablement résiliente ne se
contente pas de réagir à une panne : elle la prévient, l’absorbe et s’en relève
sans perte de continuité.
Cela suppose une
refonte profonde de la manière dont les infrastructures sont conçues, en
privilégiant :
• La mise en miroir synchrone entre les nœuds
de stockage
• Le maintien des opérations d’E/S même en cas
de panne d’un nœud ou chemin
• Maintenance et mises à jour sans interruption
• Mécanismes de basculement intégrés
• Reprise rapide sans intervention manuelle
Les environnements
virtualisés, distribués ou conteneurisés rendent cette exigence plus critique
encore. La flexibilité et la performance ne suffisent plus : il faut garantir
la disponibilité continue des données, quelles que soient les conditions.
Anticiper plutôt que
réparer
Ainsi, la majorité des
interruptions sont évitables. Notamment, les technologies de virtualisation du
stockage permettent aujourd’hui de maintenir les opérations même en cas de
panne matérielle, d’effectuer des maintenances à chaud, et de réduire drastiquement
les temps de reprise (RTO).
Prévenir les interruptions ne relève plus de la chance, mais du design. Dans un environnement où la donnée est le cœur de toute activité, chaque seconde d’indisponibilité évitée compte littéralement.


