Tennaxia,
éditeur de logiciel et cabinet de conseil expert des sujets HSE, ESG et
carbone, publie les bonnes pratiques du reporting CSRD issues des premiers
rapports publiés en 2025.
En effet, si l’exercice
du reporting extra-financier est partiellement codifié, il laisse une marge de
manœuvre importante pour permettre aux entreprises de s’en emparer et de
structurer leur stratégie de durabilité de manière concrète. Une certaine liberté
qui offre des opportunités mais qui invite également à une vigilance
particulière.
Mélanie Déal, Directrice de projets ESG chez Tennaxia, éditeur de logiciels et cabinet de conseil HSE, ESG et carbone, rappelle : « La CSRD n’est pas seulement un impératif réglementaire : c’est un véritable levier pour structurer la durabilité au sein des entreprises. Il permet d’identifier ses impacts, risques et opportunités, communiquer de manière transparente sur sa chaîne de valeur et ses engagements ESG, que ce soit pour des raisons de conformité juridique, pour accéder à des investissements ou encore renforcer son image de marque.
Ainsi, notre analyse des premiers rapports CSRD publiés vise à apporter quelques éclairages quant aux pratiques particulièrement recommandées pour en renforcer l’utilité. »
Chaîne de valeur : un
outil stratégique
L’analyse de la chaîne
de valeur devient un véritable levier stratégique, et la première étape d’un
rapport durabilité. En effet, la cartographier avec précision est une étape
cruciale pour délimiter le périmètre de la double matérialité (c'est-à-dire comprendre
ses propres impacts, risques et opportunités sur sa chaîne de valeur), puis
collecter de la donnée et enfin définir des stratégies, politiques et plans
d'actions concrets.
En la matière, les
bonnes pratiques observées consistent en une présentation claire et structurée
de sa chaîne de valeur, divisée en trois étapes : amont / opérations propres /
aval.
Pour chaque maillon,
une identification claire des ESRS (European Sustainability Reporting
Standards) matériels, comme l’exige la directive, est de rigueur avec,
idéalement, l’usage des codes couleur selon le taux de matérialité de chaque
ESRS qui permet une lecture instantanée de l’importance de chaque point sur la
chaîne de valeur (opérations propres - amont - aval).
De même, une
description détaillée des parties prenantes sur la chaîne de valeur, et surtout
de leurs implantations géographiques permet d’apporter une visibilité plus
forte de l’écosystème de l’entreprise. Cette approche est néanmoins encore très
rare dans la première génération de rapports CSRD.
Solène Garcin-Charcosset, Directrice Conseil ESG chez Tennaxia, précise : « Ces bonnes pratiques restent de mise alors que les ESRS ont fortement évolué courant 2025. A l’origine complexes - et même certainement trop complexes pour les entreprises de plus petite taille - les ESRS ont été simplifiés par l’Efrag, organisme en charge du sujet. Ainsi, les nouveaux ont été présentés à la Commission européenne le 4 décembre et devraient entrer en vigueur d’ici juin 2026. » précise
La démarche de
matérialité (DMA), socle de la conformité CSRD
En ce qui concerne la
démarche de double matérialité (DMA), elle vise à la fois à identifier,
qualifier et évaluer les impacts, risques et opportunités et à démontrer
comment la gouvernance de haut niveau pilote la performance extra-financière.
Une bonne pratique
remarquée dans les rapports consiste à aligner la cotation de la matérialité
financière avec la méthodologie interne de gestion des risques : une échelle de
1 à 4, des seuils quantitatifs définis selon la gravité des impacts, et une cohérence
totale avec les outils de la direction de l’audit et des risques. Cela facilite
par ailleurs la conformité avec l’obligation imposée par la CSRD aux
entreprises de faire valider leur analyse de double matérialité par leurs plus
hautes instances de gouvernance, dont notamment les comités d’audit et des
risques.
De même, publier une
méthodologie transparente d’analyse de la double matérialité est signe de
grande maturité. Ainsi, dans certains rapports publiés cette année, le poids de
la gravité d’un risque prévaut sur sa probabilité, ce qui traduit une approche qualitative
et responsable.
Enfin, les entreprises
les plus avancées démontrent une ouverture au dialogue avec les parties
prenantes sociétales, au-delà des parties prenantes internes et celles liées à
l’activité, ce qui améliore la qualité des diagnostics. Cette approche permet
également de crédibiliser davantage les résultats de l’analyse de
double-matérialité auprès des auditeurs.
Politiques, actions et
objectifs : la cohérence stratégique au cœur des PAT
Troisième grand axe : la capacité des
entreprises à lier leurs politiques, actions et objectifs (PAT -
Policy-Actions-Targets) aux questions matérielles identifiées. Les entreprises
les plus avancées se distinguent par une présentation synthétique mais complète
de ces éléments.
Une bonne pratique
consiste ici à présenter, pour chaque ESRS, les politiques, plans d’action et
objectifs associés, en détaillant les actions concrètes et les KPI chiffrés.
Une autre permet d’intégrer les IRO (impacts, risques et opportunités)
directement dans la stratégie RSE d’un groupe, via un tableau clair rappelant
ambitions, indicateurs et actions engagées. Visualiser la cohérence d’ensemble,
et le lien entre l’analyse extra-financière et les enjeux RSE globaux, devient
le point de vigilance majeur.
Les bonnes pratiques
mettent en avant la quantification des ressources allouées, tant en CapEx qu’en
OpEx. Quelques rares rapports se distinguent par une quantification précise de
la contribution de chaque levier de décarbonation à l’objectif de neutralité
carbone, avec une couverture complète des trois scopes et une description
détaillée de chaque levier. D’autres rapports se différencient en mettant en
avant des objectifs intermédiaires et de long terme, structurés et cohérents
avec les trajectoires sectorielles.
Enfin, quelques
rapports se démarquent par le chiffrage précis du financement de chaque action,
un exercice encore rare dans cette première vague de rapports, mais qui
préfigure le niveau d’exigence attendu pour les prochaines années.
« Qu’il s’agisse des groupes du CAC 40 ou d’autres entreprises de grande taille, il est utile de remarquer les engagements pris dans la publication de ces premiers rapports CSRD. Cependant, pour ces grands groupes, dont la plupart sont déjà soumis aux exigences des normes IFRS, l’exercice n’est pas complètement nouveau. Les années à venir montreront comment les entreprises de plus petite taille s’empareront du sujet, il est urgent qu’elles s’y préparent dès aujourd’hui, » conclut Solène Garcin-Charcosset.


