Les 150 citoyens découvrent les 6 dilemmes qui guideront leurs travaux jusqu’en février.
• Le week-end dernier, les 150 citoyens tirés au sort
se sont réunis pour la deuxième fois au Conservatoire national des arts et
métiers (Cnam), à Paris.
Ils ont d’abord assisté à une intervention du
biologiste Marc-André Selosse puis ont découvert les
6 dilemmes sur lesquels
ils travailleront jusqu’en février 2027.
• Ces 6 dilemmes ont été choisis à l’issue
d’une double consultation : une auprès des 150 citoyens et une autre auprès du
grand public qui a recueilli 92 000 contributions et 48 000 propositions en 10
jours via la plateforme uncommunaccord.fr.
• La liste finale a été arrêtée par le Comité
d’organisation, en concertation avec les représentants des 150 citoyens.
• Cette première exploration des 6 dilemmes a
permis aux citoyens d’identifier les grands enjeux, de lister les experts
qu’ils souhaitent rencontrer et les questions qu’ils pourraient poser aux
internautes.
• Dès la prochaine session, les 150 seront
répartis en sous-groupes de 50 : chacun travaillera en profondeur sur deux
dilemmes.
Un commun accord, l’initiative citoyenne et indépendante visant à faire émerger des points d’entente sur les grands dilemmes de notre époque pour nourrir le débat des élections de 2027,
a tenu ce week-end sa deuxième session de travail au Cnam. Au programme : une dernière intervention d’expert sur les enjeux de biodiversité et, surtout, la découverte des six dilemmes
au cœur de la mission des 150 citoyens.
La biodiversité pour
clore le cycle des auditions
Ce deuxième week-end
s’est ouvert par une intervention du biologiste Marc-André Selosse, professeur
au Muséum national d’Histoire naturelle, sur les enjeux de biodiversité. Elle
clôt le cycle de présentations introductives entamé lors de la première session,
au cours duquel cinq experts avaient exposé aux citoyens les grands enjeux de
l’énergie, de la géopolitique, du climat, de l’économie et des finances
publiques (disponibles en ligne sur Youtube). Ce cycle d’interventions
d’experts avait pour vocation de donner aux 150 citoyens un socle commun de
connaissances pour entrer dans le vif de leur mission.
Six dilemmes choisis
avec les citoyens et le grand public
Depuis la première
session, fin septembre, les internautes étaient invités à donner leur avis sur
les grands dilemmes que l’assemblée devrait examiner en priorité. Cette
consultation a recueilli 92 000 contributions et 48 000 propositions de
nouvelles thématiques sur la plateforme uncommunaccord.fr, témoignant d’un
engagement particulièrement fort.
En concertation avec
les représentants des 150 citoyens, le Comité d’organisation d’Un commun accord
a finalisé la liste des six dilemmes qui seront au cœur des travaux de
l’assemblée jusqu’en février. Tous répondent à une même question centrale : «
Au 21ᵉ siècle, pouvons-nous encore espérer tout avoir ? »
Les six dilemmes
retenus :
• Peut-on s’affranchir rapidement des
carburants fossiles sans contraindre la liberté de déplacement ?
• Peut-on manger une nourriture saine et
produite en France à un prix abordable ?
• Peut-on continuer à consommer de l’eau comme
avant, alors que les sécheresses se multiplient ?
• Peut-on aménager et développer les
territoires tout en préservant les espaces naturels ?
• Doit-on limiter le développement de
l’intelligence artificielle ?
• Doit-on réindustrialiser le pays, quitte à en
assumer les coûts économiques et environnementaux ?
Ces dilemmes ont été
sélectionnés en tenant compte à la fois des priorités exprimées par les
internautes, de la variété des problématiques et de leur complémentarité.
Une première
exploration, avant le travail de fond
La majeure partie du
week-end a été consacrée à une première exploration de ces six dilemmes, par
petits groupes. L’objectif n’était pas encore de trouver des issues, mais de
confronter leurs expériences des sujets abordés, comprendre la complexité de chaque
question et les enjeux soulevés, les objectifs légitimes qui entrent en tension
et les conséquences potentielles des différents choix possibles.
À ce stade, les
citoyens ont formulé des questions et données qu’ils souhaitent approfondir, et
commencé à lister des experts et les acteurs de la société civile qu’ils
aimeraient entendre lors des prochaines sessions. Sur cette base, une liste
d’intervenants sera constituée pour leur apporter des éclairages
complémentaires et confronter des points de vue contradictoires. Les citoyens
ont également préparé des questions qui pourraient être posées aux internautes
via la plateforme.
Les prochaines étapes
Un cap sera franchi dès la prochaine session : les 150 citoyens seront répartis en trois sous-groupes de 50, afin que chacun travaille en profondeur sur deux dilemmes tout au long du dispositif. Les auditions d’experts se poursuivront – elles devront participer à répondre aux questions que les citoyens ont
eux-mêmes formulées. L’assemblée
se réunira ainsi chaque mois jusqu’au 7 février 2027, date de restitution de
ses conclusions, à quelques semaines de l’élection présidentielle.
Citations
Marc-André Sélosse : « Il n’y a pas de crise de la biodiversité, il y a une extinction et elle va très vite.
À
l'échelle humaine, c’est critique. »
« Vous êtes cousus
de biodiversité, mais vous l’ignorez ! »
« J’ai trouvé les
citoyens attentifs, interrogatifs, prometteurs et ensemble – et c’est ça faire
société. »
Verbatims de citoyens
« Je ne sais pas
du tout à quoi m’attendre ! Je sais qu’on va rentrer dans le dur et je me sens
totalement incompétente mais ce n’est pas grave, c’est très excitant. »
Julie, 47 ans,
ingénieure en aéronautique, Toulouse
« J’étais très
content car les six dilemmes choisis correspondaient à mes priorités. »
Gérard, 80 ans,
physicien à la retraite, Poitiers
« Les dilemmes
choisis m’allaient bien, même si je n’avais pas mis l’IA comme priorité. »
Yvette,
58 ans, chargée de développement commercial dans la grande distribution Ile-de-France.
« J’avais un avis très tranché sur la réindustrialisation, pour moi ça n’avait pas d’intérêt que la France se replie sur elle-même. Un citoyen a évoqué la problématique des médicaments importés, j’ai repensé au Covid et c’est vrai que ça m’a fait changer de position. » Jonathan, assistant d’éducation à Créteil.


