Plus de 30 acteurs représentant les entreprises, le secteur financier,
la société civile et les pouvoirs publics nationaux, régionaux et locaux, ont
adopté ce matin une déclaration commune de soutien aux conclusions de l’IPBES,
souvent présentée comme le « GIEC de la biodiversité ».
La déclaration a été
adoptée lors du Forum Biodiversité et Économie, à la Cité des Sciences et de
l’Industrie**, en présence de Monique Barbut, ministre de la Transition
écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le
climat et la nature, de Luthando Dziba, secrétaire exécutif de l’IPBES, et
d’Olivier Thibault, directeur général de l’Office français de la biodiversité.
Un constat scientifique
qui concerne toutes les entreprises
Publiée en février
2026, l’évaluation de l’IPBES sur les entreprises et la biodiversité s’appuie
sur l’expertise d’environ 80 scientifiques de plus de 30 pays. Son résumé pour
les décideurs a été adopté par 150 gouvernements, dont la France.
Son constat : toutes
les entreprises dépendent de la nature, directement ou indirectement, et ont un
impact sur elle. Eau, sols fertiles, pollinisateurs, matières premières : elles
s’appuient sur ce que la nature leur apporte.
L’évaluation souligne
aussi que les entreprises disposent dès aujourd’hui de leviers d’action
concrets, et que la coopération entre tous les acteurs est essentielle. Pour
créer un « environnement favorable », l’IPBES identifie cinq domaines à faire
évoluer ensemble : le cadre politique et réglementaire, l’économie et la
finance, les valeurs et les normes, les technologies et les données, les
compétences et les connaissances.
Une déclaration commune
inédite
Dans un contexte marqué
par la COP17 de la Convention sur la diversité biologique, qui alerte sur le
besoin d’accélérer la mise en œuvre des objectifs mondiaux de 2030, les
signataires :
• Reconnaissent que toutes les entreprises
dépendent, directement ou indirectement, de la biodiversité, et que sa
préservation est un enjeu central pour l’économie, la stabilité financière et
le bien-être des sociétés ;
• Valorisent le rôle que peuvent jouer les
entreprises en tant que porteuses de solutions pour préserver et restaurer la
biodiversité, notamment à travers leurs activités, leurs pratiques et les
innovations qu’elles développent ;
• Soulignent l’importance de traduire et
diffuser les cadres et orientations existants en actions concrètes à l’échelle
nationale mais aussi internationale afin d’assurer un cadre homogène ;
• Partagent le besoin de changements
transformateurs au sein du monde économique, se fondant notamment sur la
coopération entre entreprises, pouvoirs publics, acteurs financiers,
associations, ONG et chercheurs ;
• Affirment que la connaissance scientifique
est la référence pour éclairer les décisions et guider l’action ;
• Soutiennent les dix messages clés du résumé
pour les décideurs de l’IPBES, joints en annexe, et affirment leur volonté de
contribuer à leur mise en œuvre, chacun dans son rôle.
La déclaration reste
ouverte : les organisations et institutions qui partagent cette ambition sont
invitées à la rejoindre.
« Aucune entreprise ne
peut durablement prospérer dans un environnement naturel dégradé. La
préservation de la biodiversité doit donc pleinement s’inscrire dans les choix
économiques, les stratégies des entreprises et les décisions d’investissement.
La science nous donne aujourd’hui les clés pour agir. Nous devons nous en
saisir et faire converger les efforts des entreprises, des pouvoirs publics et
des acteurs financiers. » Monique Barbut, ministre de la Transition écologique,
de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la
nature
« Les entreprises ne
sont pas seulement concernées par la perte de biodiversité : elles en
dépendent, et elles peuvent contribuer à l’enrayer. Cette déclaration montre
qu’en France, des acteurs très différents sont prêts à avancer ensemble. L’OFB
sera à leurs côtés pour transformer cette volonté en actions concrètes. » Olivier Thibault, directeur
général de l’OFB
« Toutes les
entreprises dépendent de la nature et toutes ont un rôle à jouer dans sa
protection. Fondé sur les meilleures connaissances scientifiques disponibles,
le Rapport de l’IPBES sur les entreprises et la biodiversité a permis de mieux
cerner les possibilités d’action concrètes et efficaces dont disposent les
entreprises en faveur de la nature. Cette déclaration constitue une initiative
nationale importante pour placer la biodiversité au cœur des décisions des
entreprises et faire de la crise de la biodiversité une occasion d’engager des
changements transformateurs. » Dr Luthando Dziba, Secrétaire exécutif de
l’IPBES.
Lire la déclaration
https://ofb.gouv.fr/sites/ofb-gouv-fr/files/2026-11/decla-commune_fbe-2026_v02_0.pdf
Le Forum Biodiversité
et Économie, un rendez-vous pour passer à l’action
Organisé tous les deux
ans par l’OFB, le Forum Biodiversité et Économie (FBE) mobilise les
entreprises, et tous les acteurs qui les accompagnent, en faveur de la
biodiversité.
** Sa 6e édition se tient les 3 et 4 novembre 2026 à la Cité des Sciences et de
l’Industrie (Paris), sur le thème « Agir dès aujourd’hui, créer les
conditions de demain ». Elle réunit plus de 1 000 participants, dont
plus de la moitié viennent directement des secteurs économiques, autour des
résultats de l’évaluation de l’IPBES. Après la remise de la déclaration, les
réseaux réunis ont engagé un dialogue stratégique sur la mise en œuvre en
France des recommandations de l’IPBES : quels leviers sont les plus
déterminants, quels freins empêchent d’aller plus vite, quelles coopérations
renforcer, quelles actions lancer dès maintenant.


