La France a agi, l'Europe a suivi, l’engagement continue.
Il y a un an, le 1er
novembre 2025, la découverte de produits illicites — poupées à caractère
pédopornographique et armes — commercialisés sur Shein révélait l'ampleur des
dérives d’un type de commerce en ligne non régulé. Depuis lors, la France a
engagé une réponse déterminée sur trois fronts : taxer les petits colis pour
rétablir une concurrence loyale, renforcer les contrôles sur les produits
dangereux et lutter contre l'ultra-fast fashion.
Un an après, les
plateformes extra-européennes reculent, les règles s'appliquent et l’engagement
du Gouvernement se poursuit : Serge
Papin, ministre des Petites et Moyennes entreprises, du Commerce, de
l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat, et David Amiel, ministre de
l’Action et des Comptes publics, ont dressé le bilan de cette action contre les
dérives des plateformes de commerce en ligne et dessiné les futures étapes.
Des plateformes en
recul : des premiers effets mesurables
Plusieurs remontées
issues d’acteurs du commerce soulignent l’effet de cette mobilisation sur
l’activité des plateformes :
• Selon Médiamétrie//NetRatings pour la FEVAD
(Fédération du e-commerce et de la vente à distance), sur un an, la
fréquentation des principales plateformes a reculé de 42 % pour Shein, 36 %
pour Temu et 10 % pour AliExpress.
• En septembre, d’après l’application Joko, les
ventes en valeur sur ces plateformes ont diminué en moyenne 25 %.
Ces chiffres montrent
que les choix fiscaux et réglementaires peuvent modifier le fonctionnement de
ce marché. En parallèle, la valorisation de Shein est passée de 100 milliards
d'euros en 2022 à 27 milliards en septembre 2026.
Taxer les petits colis
: une riposte française, puis européenne
En 2025, 6 milliards
d’articles issus du commerce électronique ont été importés en Europe, soit
trois fois plus qu’en 2022. Cette croissance pose des enjeux de concurrence
avec l’ensemble du commerce, de sécurité des produits et de contrôle des
importations.
La France a instauré une taxe nationale de 2€ sur les petits colis le 1er mars 2026. Face au contournement de cette mesure par certains opérateurs, qui ont déplacé leurs opérations de dédouanement vers d’autres États membres, une réponse européenne a été mise en place le 1er juillet : un droit de douane forfaitaire de 3€ par catégorie d’articles. Cette mesure a favorisé le retour des opérations de dédouanement en France, dont les flux ont augmenté de 241 % entre juin et août 2026.
À compter du 1er novembre 2026, des frais de traitement de 2€ s’ajouteront au droit de douane
européen de 3€, soit un total de 5€ par catégorie d’articles concernée. Ces frais
contribueront au financement de la gestion des colis et au renforcement des
contrôles douaniers.
Exemple : pour un colis
contenant deux T-shirts à 5 euros chacun et deux jouets à 4 euros chacun, les
frais s’élèveront à 10 euros pour un panier de 18 euros, soit 5 euros par
catégorie d’articles.
Contrôler les produits
dangereux : 69 % de non-conformité constatée
Taxer les colis ne
suffit pas : les produits vendus en ligne doivent aussi respecter les règles de
sécurité applicables.
Entre le 23 mars et le
23 mai 2026, une opération nationale de la Douane a porté sur 26 637 colis.
Elle a révélé un taux de non-conformité de 69 % des produits contrôlés. De son
côté, la DGCCRF a constaté sur près de 600 produits analysés 75 % étaient non
conformes et 46 % des produits étaient dangereux.
Face à ce constat la
réponse s’est donc également canalisée par les sanctions infligées par la
France et l’Union européenne qui s’établit à plus de 1 milliard d’euros sur un
an pour les principales plateformes (Shein, Temu et AliExpress).
Le Gouvernement a
également poursuivi sa mobilisation grâce à VigE-commerce, une cellule
interministérielle qui coordonne les contrôles des plateformes.
Lutter contre
l'ultra-fast fashion : le malus est entré en vigueur
Le Gouvernement agit
également contre les conséquences environnementales de la mode ultra-éphémère,
fondée sur le renouvellement accéléré des collections.
Promulguée le 8 juillet
2026, la loi sur la mode ultra-éphémère prévoit un malus financier sur les
articles concernés. Entré en vigueur le 1er septembre, celui-ci peut aller de
50 centimes pour certains articles, comme des chaussettes, à 12 euros pour une
veste.
À compter du 1er
janvier 2027, la publicité dans les médias en faveur des articles et des
marques relevant de la mode ultra-express sera interdite.
Selon Serge Papin,
ministre des Petites et Moyennes entreprises, du Commerce, de l'Artisanat, du
Tourisme et du Pouvoir d'achat : « Ces plateformes sont de faux apôtres du
pouvoir d'achat. Elles affichent des prix bas, mais à quel prix ? Au prix de
nos commerces, de nos entreprises, de notre environnement — et trop souvent au
prix de la sécurité et de la santé des consommateurs. Le vrai pouvoir d'achat,
c'est l'accès à des produits sûrs, de qualité et durables. Nous avons commencé
à corriger un déséquilibre qui paraissait installé. Et les résultats,
tangibles, sont au rendez-vous. Tant que nous serons là, ce combat continuera.
»
David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, poursuit : « Face à l’explosion du commerce en ligne et aux risques que peuvent présenter certaines marchandises importées, la France a fait le choix d’être précurseur en niveau national et moteur au niveau européen. Je veux saluer l’engagement exemplaire de la douane, bras armé et vigie de Bercy dans cette lutte. Face à l’évolution rapide des flux et les tentatives de contournement, les douanières et les douaniers ont su adapter leurs contrôles et obtenir des résultats remarquables. Nous serons vigilants aux effets de la mise en œuvre de ces frais de traitement et aux nouvelles tentatives de contournement qui pourraient avoir lieu, pour nous y adapter comme nous l’avons toujours fait. Notre priorité est claire : protéger les consommateurs français contre les produits dangereux ou non conformes, tout en garantissant une concurrence loyale. »


