SBG Systems, acteur français spécialisé dans la navigation inertielle et le
positionnement de haute précision, décrypte le rôle de ces technologies dans la
continuité et la résilience des mobilités modernes
Positionnement,
navigation, synchronisation : discrètes mais stratégiques, les technologies PNT
constituent le socle invisible de la mobilité moderne.
Qu’il s’agisse d’un
train, d’un avion, d’un véhicule autonome, d’un navire ou d’un drone, les
mobilités modernes reposent sur les systèmes de positionnement, de navigation
et de synchronisation du temps, regroupés sous l’acronyme PNT (Positioning,
Navigation and Timing). Ces technologies associent les constellations GNSS
(GPS, Galileo, BeiDou…), des centrales inertielles, des capteurs
complémentaires, comme les odomètres et des logiciels de fusion afin d’estimer
en continu position, orientation et mouvement, y compris lorsque le signal
satellite est dégradé ou indisponible. Avec l’essor des mobilités autonomes et
connectées, le PNT devient un enjeu industriel et stratégique majeur. Selon le
EU Space Market Report 2026, le marché mondial des services liés au GNSS
devrait passer de 300 milliards d’euros en 2024 à 580 milliards d’euros en
2034, avec près de 10 milliards d’appareils compatibles en circulation. Les
transports routier, ferroviaire, aérien et maritime figurent parmi les
principaux moteurs de cette croissance. Dans ce contexte, l’Europe renforce ses
capacités souveraines autour de Galileo et des technologies de navigation
résilientes.
Le GNSS ne suffit plus
Pour de nombreuses
applications professionnelles, la navigation ne peut plus reposer sur une seule
source d’information. Le GNSS fournit une référence de position très précise,
mais son signal peut être perturbé ou totalement indisponible dans les tunnels,
canyons urbains, zones industrielles, mines, ports ou zones de conflit. La
navigation inertielle prend alors le relais : grâce à des gyroscopes et des
accéléromètres, une centrale inertielle mesure les mouvements du véhicule et
continue d’estimer sa trajectoire sans signal satellite. Associée à
l’odométrie, aux caméras et à d’autres capteurs, puis combinée par des
algorithmes de fusion, elle permet de bâtir une architecture de navigation
robuste. L’enjeu n’est donc plus de choisir entre GNSS et inertiel, mais de
combiner intelligemment plusieurs sources pour maintenir une navigation fiable
dans des environnements variés.
Le PNT, un socle
invisible des infrastructures critiques
Les technologies PNT
dépassent désormais la défense et l’aérospatial. Dans le ferroviaire, elles
contribuent à la signalisation, à la localisation des trains et à
l’optimisation du trafic. Dans l’aviation, elles soutiennent la précision de la
navigation et des approches ainsi que la sécurité des opérations. En mer, elles
sont essentielles à la navigation, aux opérations portuaires, à la bathymétrie
et à la surveillance des infrastructures offshore. Leur rôle s’étend aussi aux
véhicules autonomes, à la robotique mobile, à la construction, aux mines, à
l’agriculture de précision et aux drones. Dans tous ces domaines, connaître
précisément la position et le mouvement d’un système conditionne son niveau
d’autonomie et de sécurité. À mesure que les infrastructures se numérisent et
s’automatisent, le PNT devient ainsi une couche technologique invisible mais
indispensable à la continuité des opérations.
La résilience devient
le nouveau standard de navigation
La dépendance au GNSS
pose une question centrale : que se passe-t-il lorsque le signal est
volontairement brouillé ou falsifié ? Les tensions géopolitiques récentes ont
mis en lumière le jamming, qui brouille les signaux satellitaires, et le
spoofing, qui transmet de faux signaux pour tromper le système de navigation.
Ces menaces ne concernent plus seulement les applications militaires : elles
peuvent aussi affecter les transports, les infrastructures portuaires, les
drones et les systèmes autonomes. La résilience devient donc un critère de
conception à part entière. Les systèmes doivent pouvoir détecter une
dégradation du signal, repérer les incohérences entre sources et poursuivre
leur fonctionnement en s’appuyant sur d’autres informations. Cette approche
repose sur la redondance et la complémentarité des capteurs : GNSS, navigation
inertielle, odométrie et autres données sont combinés afin de limiter la
dépendance à une technologie unique. Pour les applications critiques, il ne
suffit plus d’être précis quand le GNSS fonctionne : il faut rester fiable
lorsque l’environnement devient incertain.
La souveraineté
technologique devient un enjeu stratégique
L’Europe dispose avec
Galileo d’une constellation GNSS indépendante, complétée par EGNOS, qui
améliore la précision et la fiabilité des signaux en Europe. Mais une
infrastructure satellitaire souveraine ne suffit pas à garantir une navigation
résiliente : il faut aussi maîtriser les capteurs, les algorithmes de fusion,
les logiciels de navigation et les technologies capables de prendre le relais
lorsque le GNSS est dégradé. La France s’appuie dans ce domaine sur un
écosystème reconnu d’entreprises spécialisées dans la navigation de précision.
Cette expertise répond aux exigences croissantes des transports autonomes, de
la défense, de l’industrie et des infrastructures critiques. Pour les
industriels européens, l’enjeu est double : améliorer en continu les performances
des systèmes de navigation tout en maîtrisant les technologies qui garantissent
leur résilience et leur indépendance.
Les infrastructures
invisibles de la mobilité de demain
Les infrastructures de transport ne se résument déjà plus aux routes, rails ou pistes d’aéroport. Elles reposent également sur des couches logicielles, des capteurs intelligents et des systèmes de navigation capables d’assurer la continuité des opérations dans les environnements les plus exigeants. À mesure que les mobilités deviennent plus autonomes, connectées et automatisées, ces technologies prennent une importance croissante. La performance d’un système de navigation ne se mesure donc plus uniquement à sa précision, mais à sa capacité à rester opérationnel lorsque son environnement devient incertain. C’est cette exigence de résilience qui redéfinit aujourd’hui les standards de la mobilité moderne et place les technologies PNT au cœur des infrastructures critiques de demain.


