Etude Forterro
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20% des industriels français jugent leur transformation
numérique bonne ou excellente
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50% seulement disposent d’une feuille de route claire de
transformation digitale
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39% déclarent que le
manque de compétences numériques freine leur croissance
Malgré des
investissements technologiques croissants, de nombreuses entreprises
industrielles françaises peinent encore à tirer pleinement parti de leur
transformation numérique. Le manque de stratégie structurée, les difficultés à
recruter des talents numériques et l’adoption encore limitée de technologies
comme l’intelligence artificielle continuent de freiner les progrès du secteur.
Pourtant devenue un
levier stratégique majeur pour l’industrie européenne, la transformation
numérique reste encore jugée décevante par de nombreuses organisations : selon
l’étude The Digital Future of the European Industrial Midmarket menée
par Forterro auprès d’entreprises industrielles de taille intermédiaire dans
plusieurs pays européens, seule une entreprise française sur cinq estime que sa
transformation numérique a été bonne ou excellente.
Une transformation
digitale encore insuffisamment structurée
Si les technologies
numériques occupent désormais une place centrale dans les stratégies
industrielles, leur déploiement reste souvent progressif et fragmenté dans les
organisations. En France, seule la moitié des entreprises industrielles
disposent d’une feuille de route claire pour piloter leur transformation
digitale.
Cette situation
s’observe également ailleurs en Europe. En Allemagne, 51 % des entreprises
déclarent disposer d’une feuille de route de transformation numérique,
illustrant une structuration encore incomplète des stratégies digitales au sein
du midmarket industriel européen.
Sans vision globale,
les initiatives numériques restent souvent limitées à certains projets ou
départements, ce qui peut réduire l’impact des investissements technologiques
sur la performance globale de l’entreprise.
Des dynamiques
différentes selon les pays européens
L’étude met en évidence
des niveaux de maturité numérique variables en Europe. Au Royaume-Uni, les
entreprises industrielles adoptent une approche plus proactive dans
l’exploration des technologies avancées, notamment l’intégration de
l’intelligence artificielle dans les systèmes ERP et les outils de gestion
industrielle.
Ces technologies sont
utilisées pour optimiser la planification de la production, améliorer la
maintenance prédictive ou encore renforcer l’analyse des données
opérationnelles. Par ailleurs, 61 % des fabricants britanniques considèrent
encore le cloud comme une opportunité largement sous-exploitée, signe que les
investissements numériques devraient continuer à s’accélérer.
L’IA et les compétences
numériques au cœur des enjeux
Au-delà des
technologies elles-mêmes, la transformation numérique représente avant tout un
défi humain et organisationnel. En France, 39 % des entreprises industrielles
déclarent que le manque de compétences numériques a eu un impact direct sur
leur croissance ou leurs projets récents. Les domaines les plus concernés sont la
cybersécurité (31 %), l’analyse des données (27 %) et l’intelligence
artificielle (26 %).
Dans d’autres pays
européens, les tensions sur les compétences numériques sont également
importantes. En Allemagne, 54 % des entreprises déclarent ne pas être
confiantes dans leur capacité à recruter les talents numériques nécessaires,
tandis qu’en Suède, 41 % des organisations indiquent rencontrer des difficultés
similaires.
Au Royaume-Uni, les besoins reflètent une adoption plus avancée des technologies émergentes :
42 %
des entreprises recherchent des compétences en intelligence artificielle, 41 %
en cybersécurité et 40 % en analyse des données.
Ces résultats montrent que la transformation numérique de l’industrie européenne dépend désormais autant de la capacité des entreprises à structurer leur stratégie digitale que de leur aptitude à attirer et développer les compétences nécessaires pour exploiter pleinement les technologies émergentes, en particulier l’IA.


