HID publie son rapport annuel 2026 State of Security and Identity, une étude internationale basée sur les retours de plus de 1 500 professionnels IT, sécurité et partenaires intégrateurs.
Cette étude met en avant une transformation majeure l’identité devient le point de convergence entre sécurité physique et cybersécurité. Les organisations ne cherchent plus seulement à moderniser leurs systèmes d’accès. Elles veulent désormais concilier protection renforcée, gouvernance maîtrisée et liberté de choix pour les utilisateurs.
« Les responsables sécurité doivent moderniser leurs infrastructures
d’identité tout en garantissant gouvernance, transparence et conformité. Les
organisations les plus avancées sont celles qui parviennent à offrir des
solutions flexibles sans compromettre le niveau de sécurité », explique Ramesh Songukrishnasamy, Senior Vice President Engineering
chez HID.
L’identité au cœur des stratégies IT et sécurité
1. La gestion des identités
devient prioritaire
73 % des répondants placent la gestion des identités en tête de leurs
priorités stratégiques.
Cette évolution traduit un changement structurel : les environnements
physiques (bâtiments, contrôleurs, lecteurs, dispositifs IoT) sont désormais
pleinement intégrés au système d’information. Ils constituent une surface
d’attaque à part entière.
La question n’est plus de savoir s’il faut converger. Elle porte
désormais sur la manière de le faire : réduction des frictions, conformité
réglementaire (ISO, NIS2) et retour sur investissement mesurable.
2. Identité unifiée :
réponse stratégique aux exigences de conformité
75 % des organisations ont déjà déployé ou évaluent activement des
solutions d’identité unifiée couvrant bâtiments, réseaux et applications.
Cette convergence permet :
• une meilleure visibilité
sur les droits d’accès
• une réduction des
comptes orphelins
• une cohérence entre
accès physiques et logiques
• une amélioration des
capacités d’audit
Autant d’éléments qui prennent une dimension particulière dans le
contexte européen actuel, marqué par la mise en œuvre de NIS2 et le
renforcement des exigences en matière de gouvernance des accès.
Les freins persistent : contraintes budgétaires (51 %), complexité
d’intégration (37 %) et manque d’expertise (34 %). Mais aujourd’hui, les
architectures fragmentées deviennent difficiles à justifier face aux exigences
réglementaires croissantes.
3. Les identifiants mobiles
s’imposent
L’adoption des identifiants mobiles est désormais portée en priorité par des considérations de sécurité
(50 %), devant la simple commodité d’usage (34
%).
Les environnements hybrides restent la norme : 84 % des utilisateurs
conservent des badges physiques en complément du mobile.
Cette coexistence reflète la diversité des profils, des contraintes
opérationnelles et des exigences réglementaires.
4. Biométrie : entre
renforcement de la sécurité et vigilance réglementaire
45 % des organisations considèrent la biométrie comme stratégique. Les
technologies les plus déployées sont l’empreinte digitale (71 %) et la
reconnaissance faciale (50 %).
Mais les préoccupations liées à l’éthique et à la protection des données ont plus que doublé en un an :
67 % des répondants expriment des inquiétudes
modérées à élevées.
Transparence, conformité RGPD et cadre de gouvernance deviennent des
conditions incontournables.
5. La géolocalisation en
temps réel (RTLS) gagne du terrain
Les solutions de localisation en temps réel (RTLS) progressent 42 % des
utilisateurs finaux considèrent le RTLS comme stratégique et 40 % déclarent
l’avoir déjà déployé, notamment dans la santé, l’industrie et la logistique.
Freins identifiés :
• Coûts (33 %)
• Complexité d’intégration
(29 %)
• Protection des données
(29 %)
38 % des partenaires estiment que leurs clients méconnaissent encore les
capacités réelles de ces technologies.
6. Le RFID devient une
infrastructure
54 % des répondants utilisent activement la RFID pour le suivi d’actifs,
la gestion des stocks ou la prévention des pertes.
La RFID n’est plus perçue comme une technologie émergente, mais comme un
socle d’infrastructure opérationnelle. Les gains cités : rapidité de suivi (62
%) et visibilité accrue (41 %).
7. Éthique et protection
des données : un niveau d’exigence inédit
Au-delà des évolutions technologiques, le rapport met en lumière une
préoccupation structurante : les enjeux éthiques et de protection des données
atteignent un niveau inédit.
67 % des utilisateurs finaux expriment un niveau d’inquiétude modéré à
élevé concernant les implications éthiques et la protection des données liées
aux technologies d’identité, notamment la biométrie.
Dans un environnement marqué par le RGPD, la montée en puissance de l’IA
et la mise en œuvre de NIS2, les organisations doivent désormais arbitrer entre
renforcement des contrôles et respect des libertés individuelles.
Cette évolution se traduit par :
• la formalisation de
cadres de gouvernance
• le développement de
politiques internes dédiées
• l’intégration de
mécanismes de transparence et d’audit dès la conception
La maturité cyber ne se mesure plus uniquement à la robustesse
technique. Elle repose aussi sur la capacité à instaurer la confiance.
Une maturité croissante face aux contraintes opérationnelles
L’étude couvre des secteurs exposés et fortement régulés : santé,
finance, éducation, industrie ou encore infrastructures essentielles. Partout,
le constat est similaire. La sécurité ne se conçoit plus dans l’absolu. Elle se
construit sous contraintes : budgets encadrés, dette technologique accumulée,
exigences réglementaires renforcées.
Dans ce contexte, l’identité s’impose comme le véritable point
d’arbitrage.
C’est à travers elle que les organisations tentent de concilier des
impératifs parfois contradictoires : élever le niveau de protection sans
alourdir les opérations, répondre aux exigences de conformité sans freiner
l’activité, renforcer les contrôles sans dégrader l’expérience utilisateur.
Autrement dit, l’identité devient le terrain où se joue l’équilibre entre cybersécurité, performance et confiance.


