Comment la transition
écologique transforme les emplois et formations en Nouvelle-Aquitaine ?
À l’occasion de la
Journée mondiale de l’environnement, Cap Métiers Nouvelle-Aquitaine met en
lumière une mutation profonde mais encore largement sous-estimée : la
transition écologique transforme déjà concrètement les métiers, les compétences
et les trajectoires professionnelles sur l’ensemble du territoire.
Loin d’être
cantonnée à quelques filières “vertes”, elle s’impose aujourd’hui comme un
moteur structurant de l’emploi régional, au croisement des enjeux économiques,
sociaux et environnementaux. En Nouvelle-Aquitaine, ces mutations concernent
déjà plus de 54 000 offres d’emploi, soit 13,3 % des offres régionales.
À travers ses travaux
d’observation, Cap Métiers décrypte cette transformation à l’œuvre — et met en
évidence un double défi : répondre aux besoins immédiats de recrutement tout en
accompagnant une évolution massive des compétences.
1. Une transformation massive de l’emploi
portée par la transition écologique
La transition
écologique n’est pas un secteur à part : elle irrigue désormais l’ensemble de
l’économie régionale. En 2024, plus de 55 000 demandeurs d’emploi étaient déjà
positionnés sur ces métiers, soit près de 11,5 % des actifs en recherche
d’emploi dans la région.
En Nouvelle-Aquitaine,
les analyses de Cap Métiers montrent que :
• les secteurs les plus émetteurs (bâtiment,
transport, industrie, agriculture) sont aussi ceux qui recrutent le plus dans
une logique de transition écologique
• de nombreux métiers évoluent rapidement
(ouvriers qualifiés, techniciens, encadrants) pour intégrer de nouvelles
compétences environnementales
• les besoins en compétences concernent autant
la sobriété énergétique, la gestion des ressources, que l’écoconception ou la
logistique durable
Cette transformation
repose avant tout sur une évolution des métiers existants, davantage que sur la
création de nouveaux profils de postes. Au-delà des “métiers verts”, ce sont
donc des milliers d’emplois existants qui se transforment, avec un enjeu majeur
: accompagner cette mutation à grande échelle.
2. Des métiers en tension et des
opportunités concrètes sur les territoires
En Nouvelle-Aquitaine, les secteurs concernés par la planification écologique représentent environ
790 000 emplois salariés, soit près d’un tiers de l’emploi salarié régional (32 %).
Cette dynamique s’incarne particulièrement dans cinq grands secteurs :
o le bâtiment et les travaux publics,
o l’agriculture-sylviculture-pêche,
o la métallurgie,
o les transports routiers,
o le commerce et la réparation automobile.
À la fois fortement
exposés aux enjeux de transition et essentiels au fonctionnement de l’économie
régionale, ces secteurs cumulent aujourd’hui :
- des besoins de recrutement élevés ;
- des difficultés à attirer ou à identifier des
profils qualifiés ;
- une évolution rapide des compétences
attendues.
Au total, les métiers
verts et verdissants représentent déjà plus d’un emploi sur dix en région,
illustrant l’ampleur des besoins et des tensions sur ces filières. La
transition écologique ne fait donc pas seulement émerger de nouveaux métiers :
elle transforme aussi en profondeur des professions déjà bien installées dans
le paysage économique régional.
Parmi les métiers en
tension liés à la transition écologique qui recrutent le plus en
Nouvelle-Aquitaine figurent notamment :
1. technicien de maintenance industrielle ;
2. mécanicien automobile ;
3. maçon ;
4. plombier sanitaire ;
5. électricien du bâtiment ;
6. installateur / technicien de maintenance en
systèmes solaires thermiques et photovoltaïques.
En parallèle, de
nouveaux profils se développent ou montent en visibilité, à l’image des chargés
de mission RSE, designers en économie circulaire, techniciens en
écoconstruction ou encore spécialistes de la donnée environnementale.
3. Des formations en pleine évolution pour
accompagner les transitions
Pour répondre à ces
besoins croissants, l’offre de formation en Nouvelle-Aquitaine se transforme en
profondeur. La transition écologique n’est plus cantonnée à des cursus
spécialisés : elle s’intègre progressivement dans l’ensemble des parcours en
formation initiale et continue et à tous les niveaux de qualifications, du CAP
à l’enseignement supérieur.
Cette évolution répond à un enjeu majeur :
structurer une montée en compétences généralisée, alors que la transition
écologique transforme principalement les métiers existants. Dans ce contexte,
Cap Métiers Nouvelle-Aquitaine s’inscrit dans une dynamique nationale avec le
lancement du Baromètre emploi-formation régionalisé de la transition
écologique.
Concrètement :
• les contenus pédagogiques évoluent pour
intégrer les enjeux environnementaux propres à chaque métier
• les formations professionnelles intègrent des
compétences liées à l’efficacité énergétique, à la gestion des ressources ou à
l’écoconception
• les parcours se diversifient pour accompagner
les reconversions vers les métiers en tension
Cette dynamique
concerne tous les publics :
les jeunes en
formation initiale, sensibilisés dès leur orientation
les demandeurs
d’emploi, via des parcours qualifiants vers les secteurs porteurs
les salariés, dans
une logique de montée en compétences et d’adaptation des pratiques
Sur le territoire, des
dispositifs structurants soutiennent cette évolution : campus des métiers et
des qualifications mobilisés sur les filières d’avenir, plateaux techniques
spécialisés, partenariats renforcés avec les entreprises.
Malgré cette offre en développement, un enjeu majeur persiste : améliorer la connaissance de ces formations et valoriser leur potentiel en matière d’emploi et de sens. Aujourd’hui encore, l’offre de formation reste inégalement développée selon les niveaux de qualification et souvent insuffisamment mobilisée par les entreprises, ce qui constitue un frein identifié à l’accélération des transitions.


