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[Expertises] 5 juin 2026, Journée mondiale de l’environnement

Comment la transition écologique transforme les emplois et formations en Nouvelle-Aquitaine ?

 

À l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, Cap Métiers Nouvelle-Aquitaine met en lumière une mutation profonde mais encore largement sous-estimée : la transition écologique transforme déjà concrètement les métiers, les compétences et les trajectoires professionnelles sur l’ensemble du territoire.
Loin d’être cantonnée à quelques filières “vertes”, elle s’impose aujourd’hui comme un moteur structurant de l’emploi régional, au croisement des enjeux économiques, sociaux et environnementaux. En Nouvelle-Aquitaine, ces mutations concernent déjà plus de 54 000 offres d’emploi, soit 13,3 % des offres régionales.

 

À travers ses travaux d’observation, Cap Métiers décrypte cette transformation à l’œuvre — et met en évidence un double défi : répondre aux besoins immédiats de recrutement tout en accompagnant une évolution massive des compétences.

 


1.         Une transformation massive de l’emploi portée par la transition écologique

 

La transition écologique n’est pas un secteur à part : elle irrigue désormais l’ensemble de l’économie régionale. En 2024, plus de 55 000 demandeurs d’emploi étaient déjà positionnés sur ces métiers, soit près de 11,5 % des actifs en recherche d’emploi dans la région.

 

En Nouvelle-Aquitaine, les analyses de Cap Métiers montrent que :

•   les secteurs les plus émetteurs (bâtiment, transport, industrie, agriculture) sont aussi ceux qui recrutent le plus dans une logique de transition écologique

•   de nombreux métiers évoluent rapidement (ouvriers qualifiés, techniciens, encadrants) pour intégrer de nouvelles compétences environnementales

•   les besoins en compétences concernent autant la sobriété énergétique, la gestion des ressources, que l’écoconception ou la logistique durable

 

Cette transformation repose avant tout sur une évolution des métiers existants, davantage que sur la création de nouveaux profils de postes. Au-delà des “métiers verts”, ce sont donc des milliers d’emplois existants qui se transforment, avec un enjeu majeur : accompagner cette mutation à grande échelle.

 

 

2.         Des métiers en tension et des opportunités concrètes sur les territoires

 

En Nouvelle-Aquitaine, les secteurs concernés par la planification écologique représentent environ

790 000 emplois salariés, soit près d’un tiers de l’emploi salarié régional (32 %).

Cette dynamique s’incarne particulièrement dans cinq grands secteurs :

o   le bâtiment et les travaux publics,

o   l’agriculture-sylviculture-pêche,

o   la métallurgie,

o   les transports routiers,

o   le commerce et la réparation automobile.

 

À la fois fortement exposés aux enjeux de transition et essentiels au fonctionnement de l’économie régionale, ces secteurs cumulent aujourd’hui :

-  des besoins de recrutement élevés ;

-  des difficultés à attirer ou à identifier des profils qualifiés ;

-  une évolution rapide des compétences attendues.

 

Au total, les métiers verts et verdissants représentent déjà plus d’un emploi sur dix en région, illustrant l’ampleur des besoins et des tensions sur ces filières. La transition écologique ne fait donc pas seulement émerger de nouveaux métiers : elle transforme aussi en profondeur des professions déjà bien installées dans le paysage économique régional.

 

Parmi les métiers en tension liés à la transition écologique qui recrutent le plus en Nouvelle-Aquitaine figurent notamment :

1.  technicien de maintenance industrielle ;

2.  mécanicien automobile ;

3.  maçon ;

4.  plombier sanitaire ;

5.  électricien du bâtiment ;

6.  installateur / technicien de maintenance en systèmes solaires thermiques et photovoltaïques.

 

En parallèle, de nouveaux profils se développent ou montent en visibilité, à l’image des chargés de mission RSE, designers en économie circulaire, techniciens en écoconstruction ou encore spécialistes de la donnée environnementale.

 


3.         Des formations en pleine évolution pour accompagner les transitions

 

Pour répondre à ces besoins croissants, l’offre de formation en Nouvelle-Aquitaine se transforme en profondeur. La transition écologique n’est plus cantonnée à des cursus spécialisés : elle s’intègre progressivement dans l’ensemble des parcours en formation initiale et continue et à tous les niveaux de qualifications, du CAP à l’enseignement supérieur.
Cette évolution répond à un enjeu majeur : structurer une montée en compétences généralisée, alors que la transition écologique transforme principalement les métiers existants. Dans ce contexte, Cap Métiers Nouvelle-Aquitaine s’inscrit dans une dynamique nationale avec le lancement du Baromètre emploi-formation régionalisé de la transition écologique.

 

Concrètement :

•   les contenus pédagogiques évoluent pour intégrer les enjeux environnementaux propres à chaque métier

•   les formations professionnelles intègrent des compétences liées à l’efficacité énergétique, à la gestion des ressources ou à l’écoconception

•   les parcours se diversifient pour accompagner les reconversions vers les métiers en tension

 

Cette dynamique concerne tous les publics :

 les jeunes en formation initiale, sensibilisés dès leur orientation

 les demandeurs d’emploi, via des parcours qualifiants vers les secteurs porteurs

 les salariés, dans une logique de montée en compétences et d’adaptation des pratiques

 

Sur le territoire, des dispositifs structurants soutiennent cette évolution : campus des métiers et des qualifications mobilisés sur les filières d’avenir, plateaux techniques spécialisés, partenariats renforcés avec les entreprises.

 

Malgré cette offre en développement, un enjeu majeur persiste : améliorer la connaissance de ces formations et valoriser leur potentiel en matière d’emploi et de sens. Aujourd’hui encore, l’offre de formation reste inégalement développée selon les niveaux de qualification et souvent insuffisamment mobilisée par les entreprises, ce qui constitue un frein identifié à l’accélération des transitions.

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