Depuis plus de vingt ans, Modal Group développe des solutions intermodales bas carbone au service des industriels, des transporteurs et des territoires. Son modèle repose sur la combinaison d’infrastructures, d’équipements et de services : terminaux, wagons, caisses mobiles, semi-remorques rail-route, châssis, rail, route et logistique spécialisée.
Pour faire de la loi cadre un accélérateur concret de
la multimodalité, Modal Group, identifie ici quatre priorités :
1. Sécuriser
l'exécution du programme investissement frets
Modal Group appelle à
accélérer la réalisation des infrastructures multimodales déjà identifiées dans
les programmes nationaux, à simplifier les démarches administratives, et à
mieux coordonner les acteurs publics. À l’image des procédures d’accélération
engagées pour les grands projets industriels stratégiques, les terminaux
rail-route identifiés doivent pouvoir bénéficier d’une méthode claire et passer
rapidement des études à la réalisation, avec une visibilité suffisante sur les
financements et les calendriers. Le développement du terminal multimodal de
Dunkerque montre qu’un projet peut avancer rapidement lorsque les conditions de
décision, de financement et de coordination sont réunies. Cette méthode doit
désormais pouvoir être appliquée à d’autres projets stratégiques de terminaux,
afin d’éviter que des infrastructures attendues de longue date ne restent trop
longtemps au stade des études.
2. Reconnaître les
terminaux multimodaux comme infrastructures stratégiques, avoir le soutien des
ports
La performance du report modal dépend d’abord de la capacité à disposer de terminaux connectés aux grands ports, aux corridors ferroviaires et aux bassins industriels. Modal Group appelle à reconnaître les infrastructures multimodales comme des actifs stratégiques pour la souveraineté économique française. Dans un contexte de fragilité croissante des chaînes logistiques mondiales, maîtriser les flux de marchandises devient un avantage compétitif déterminant. Le développement du terminal multimodal de Dunkerque, actuellement en phase de montée en charge après un investissement de 25 millions d’euros, illustre cette stratégie. Destiné à devenir un hub majeur entre le continent et les îles britanniques, il vise à terme une capacité de 50 000 unités intermodales par an. Le soutien des ports est essentiel : sans intégration des terminaux multimodaux dans les stratégies portuaires, sans accès ferroviaires et fluviaux performants, et sans coordination des acteurs logistiques, le report modal reste théorique.
3. Connecter les terminaux aux grands corridors
ferroviaires et fluviaux
L’enjeu n’est pas
seulement de créer ou de moderniser des plateformes, mais de garantir leur
connexion opérationnelle aux réseaux : accès ferroviaires, sillons, gabarits,
raccordements, interfaces portuaires et services réguliers. Cette exigence vaut
aussi pour les connexions transfrontalières, notamment avec l’Italie et
l’Espagne, où la continuité des services conditionne la crédibilité du report
modal.
4. Mobiliser les
financements privés aux côtés de l’investissement public
Les infrastructures
multimodales nécessitent de lourds investissements. La réussite de la loi-cadre
dépendra de sa capacité à amplifier les investissements déjà identifiés et à
entraîner les financements privés. Or, les opérateurs industriels ne pourront
investir durablement que s’ils ont une visibilité suffisante sur la durée
d’exploitation, la sécurisation juridique des investissements réalisés, la
prise en compte des risques, les conditions de financement et la capacité à
amortir les équipements. Par ailleurs, les terminaux multimodaux relèvent
aujourd’hui de plusieurs niveaux de décision : État, régions, gestionnaires
d’infrastructures, ports, collectivités, établissements publics, dispositifs
européens ou contrats de plan. Modal Group appelle à clarifier les circuits
d’instruction, les responsabilités et les guichets financiers mobilisables afin
que les projets puissent passer plus rapidement des études à la décision
d’investissement, puis à la réalisation.
« La France dispose de tous les atouts pour devenir un acteur majeur du fret décarboné en Europe, mais elle doit désormais accélérer concrètement le développement de ses infrastructures multimodales. À l’heure où la souveraineté énergétique redevient un enjeu majeur, le report du fret de la route vers le rail, largement électrifié en France, permet non seulement de réduire les émissions de CO₂, mais aussi de diminuer significativement la dépendance du transport de marchandises au pétrole importé. Le véritable enjeu est de connecter efficacement les ports, le rail et les territoires industriels, et d’associer des partenaires financiers pour éviter un décrochage logistique face aux grands hubs du nord de l’Europe. Les opérateurs privés sont prêts à investir davantage dans les infrastructures multimodales, à condition d’avoir de la visibilité sur le cadre, des règles adaptées à la réalité industrielle et à la durée des investissements » conclut Bernard Meï, président de Modal Group.


