Pour renforcer la prise en charge des jeunes suivis par la protection judiciaire de la jeunesse,
le ministère de la Justice poursuit sa politique de renforcement des
moyens dédiés à la justice des mineurs.
En 2026, une
soixantaine de postes d’infirmiers s’ouvrent au sein des unités judiciaires à
priorité éducative (UJPE) de la direction de la protection judiciaire de la
jeunesse (PJJ), sur l’ensemble du territoire. Objectif : garantir un accès
effectif aux soins et lever les freins à la réinsertion des jeunes accompagnés
par la Justice.
Ces recrutements sont
ouverts aux infirmiers titulaires de la fonction publique (État, hospitalière
ou territoriale) par voie de détachement, ainsi qu’aux infirmiers diplômés
d’État.
La santé, levier
essentiel de la réinsertion des mineurs délinquants
La création des unités
judiciaires à priorité éducative (UJPE) constitue une mesure centrale de la
réforme de la prise en charge des mineurs délinquants annoncée en novembre
dernier par Gérald Darmanin, garde des Sceaux, ministre de la Justice. 85
établissements seront transformés en UJPE dès le 1er septembre et leur
déploiement continuera courant 2027.
Dans chacune de ces
structures, un infirmier exercera à temps plein au sein d’une équipe
pluridisciplinaire réunissant notamment des éducateurs, un psychologue et un
professeur technique chargé de l’insertion scolaire et professionnels des
jeunes placés. Cette organisation vise à intégrer pleinement la dimension
sanitaire dans l’accompagnement éducatif.
Les enjeux sont majeurs
: une
large part des jeunes suivis par la PJJ présente des parcours marqués par la
précarité, les ruptures, les violences ou encore les conduites addictives,
souvent associés à un renoncement aux soins. Or, l’état de santé constitue un
facteur déterminant pour s’engager dans un parcours de réinsertion.
Aujourd’hui, 24% des
jeunes suivis par la PJJ déclarent un problème de santé ou une maladie
chronique (DPJJ, ORS 2025), tandis que les troubles de santé mentale sont en
progression. Selon Santé publique France, 14% des collégiens et 15% des lycéens
présentent un risque important de dépression, des proportions encore accrues
chez le jeune sous-main de justice.
Un rôle central au cœur
des équipes éducatives
Au sein des UJPE, les
infirmiers interviennent en journée, en semaine, et participent pleinement à la
prise en charge globale des jeunes. Dès l’arrivée des mineurs, les infirmiers
évaluent leur état de santé afin d’identifier les besoins, faciliter l’accès
aux soins et orienter vers les partenaires adaptés.
Ils assurent :
• Le dépistage des conduites à risque ;
• La mise en œuvre d’actions de prévention et
d’éducation à la santé (hygiène de vie, sommeil, alimentation, vie affective et
sexuelle) ;
• L’organisation et le suivi des parcours de
soins (santé mentale, addictions, suivi somatique) en lien étroit avec les
familles, les structures spécialisées et les partenaires locaux.
Ils contribuent
également à l’accompagnement des équipes éducatives et à la gestion des
situations d’urgence ou de crise.
Conditions d’exercice
et perspectives d’évolution
La rémunération des
infirmiers débute entre 2 030 € et 2 267 € nets mensuels en début de carrière
(complément de traitement indiciaire inclus) et peut atteindre 3 830 € nets
mensuels en fin de carrière.
Dès leur prise de
poste, les infirmiers bénéficient d’une formation d’adaptation à l’emploi
dispensée par l’École nationale de protection judiciaire de la jeunesse (ENPJJ)
à Roubaix, afin de se préparer aux spécificités de l’accompagnement des
adolescents suivis par la Justice.
Ils accèdent également
à une offre de formation continue diversifiée, favorisant le développement des
compétences et les évolutions professionnelles, notamment vers des fonctions de
conseiller technique en promotion de la santé au niveau territorial ou interrégional.
Les fiches de poste
ouvertes sont disponibles sur le site Offres d'emploi | Choisir le service
public.
https://lajusticerecrute.fr/metiers/infirmier-infirmiere-protection-judiciaire-jeunesse


