Le ministère de la Justice franchit une nouvelle étape dans la
modernisation du service public de la Justice avec le déploiement de « Mon
Assistant Justice », son outil interne d’intelligence artificielle générative,
offrant des fonctions de rédaction, synthèse, traduction et idéation.
Portée par Gérald Darmanin, garde des Sceaux, ministre de la Justice, cette initiative répond à une ambition claire : permettre aux agents de Justice de gagner du temps sur les tâches administratives et rédactionnelles, tout en garantissant un cadre sécurisé, souverain et éthique pour l’usage de l’intelligence artificielle. Plusieurs milliers d’agents du ministère de la Justice ont, à compter d’aujourd’hui, accès à
« Mon Assistant Justice », déclinaison de l’Assistant IA
interministériel offrant des fonctions de rédaction, synthèse, traduction et
idéation. Il permet notamment d’assister les agents dans leurs projets de note
ou de synthèse, ou encore de répondre à des courriers et de préparer des
entretiens.
Ce lancement s'inscrit
dans la continuité de plusieurs mois d'expérimentation, au cours desquels le
ministère a mobilisé une communauté de 2 500 agents pour tester l'Assistant IA
interministériel en lien avec la direction interministérielle du numérique (DINUM).
A l’issue de cette expérimentation, les retours des agents, tous métiers
confondus, ont confirmé l'utilité concrète de l'IA générative dans l'exercice
quotidien des missions de la Justice. Dans un contexte où l’intelligence
artificielle transforme déjà profondément les administrations, les entreprises
et les métiers, Gérald Darmanin a souhaité que le ministère de la Justice
prenne pleinement sa place dans cette révolution technologique, sans retard
mais sans renoncer aux exigences propres à l’institution judiciaire :
protection des données, souveraineté numérique et maîtrise humaine des
décisions.
« Mon Assistant Justice
» est un outil hébergé de manière souveraine en France, qui permet aux agents,
amenés à manipuler certaines des données les plus sensibles de l'État, de
travailler en toute sécurité. Le ministère a fait le choix de doter ses agents
d'un outil souverain et adapté à leurs missions, pour éviter des usages non
maîtrisés d'outils grand public, qui peuvent exposer ces données à des risques
réels d'ingérence étrangère ou de fuite. Cet outil s'adresse à tous les agents
du ministère, quel que soit leur métier ou leur niveau de familiarité avec
l'IA. Son déploiement s’étalera progressivement durant les prochains mois.
Cette démarche
s'inscrit dans une logique de mutualisation avec les autres ministères
régaliens et la DINUM, afin de capitaliser sur les bonnes pratiques sans
dupliquer les efforts. Mon Assistant Justice est une déclinaison de l'assistant
IA DINUM, adaptée aux réalités et aux exigences du ministère de la Justice.
Intelligence
artificielle : une priorité pour le ministère de la Justice
Convaincu que
l’intelligence artificielle constitue à la fois un défi majeur et une
opportunité historique pour améliorer le fonctionnement du service public de la
Justice, Gérald Darmanin a fait de ce sujet une priorité de transformation du
ministère. Depuis 2024, le ministère de la Justice a engagé des travaux afin de
soutenir, structurer et sécuriser le développement de l’IA dans les métiers
judiciaires et administratifs. Pour accélérer cette dynamique, le ministère
s’est doté en décembre 2025 d’une direction de programme IA (DPIA) au sein du
secrétariat général.
La création de cette
direction de programme vise à accélérer ce travail en développant des cas
d’usage au service des personnels du ministère de la Justice et des usagers :
démocratiser l'IA générative pour les agents, préserver la souveraineté
technologique et assurer un accompagnement humain dans le respect des exigences
éthiques. La DPIA rassemble toutes les expertises nécessaires à la sécurisation
juridique, technique et éthique des projets d’IA ministériels dans une approche
pluridisciplinaire et pilotera l’intégration de l’IA au sein du ministère de la
Justice. Dès sa création, la DPIA place les agents et l'expérience de terrain
au cœur de sa démarche, et s’attache à mettre en place leur formation à l’usage
de l’IA.
Au-delà de « Mon
Assistant Justice », outil généraliste destiné à l’ensemble des agents, le
ministère développe également des solutions d’IA spécifiquement conçues pour
répondre aux besoins propres aux métiers de la Justice. Ainsi, « Mon Assistant
Pénal » et « Mon Assistant Civil », élaborés en partenariat avec la cour
d’appel de Paris et avec l’appui de la DINUM, proposeront aux magistrats et
personnels de juridiction des fonctionnalités ciblées d’aide à la synthèse et à
la rédaction, au plus près des réalités de terrain. D’autres cas d’usage
viendront progressivement enrichir cette feuille de route, construite à partir
des besoins exprimés par les agents eux-mêmes.
Afin d’accompagner cette transformation dans la durée, un observatoire de l’IA, instance indépendante placée auprès du garde des Sceaux, sera prochainement installé. Il assurera un suivi éthique des usages et de leur impact sur l’évolution des métiers, tout en conduisant une veille scientifique régulière sur les technologies émergentes. Enfin, le ministère a engagé un dialogue social approfondi afin d’associer pleinement les organisations syndicales à cette transformation majeure pour l’avenir des métiers de la Justice.


