Depuis mars 2026, les premiers
plans d'épargne logement issus de la réforme de 2011 arrivent automatiquement à
échéance. D'ici 2030, 3,2 millions de PEL seront clôturés d'office, libérant 93
milliards d'euros d'épargne. Sans stratégie de réallocation, cet argent
glissera par défaut vers des livrets bancaires faiblement rémunérés.
Pour Finzzle groupe,
cette contrainte réglementaire est aussi une opportunité patrimoniale, à
condition de ne pas la subir.
La fin d’un réflexe
d’épargne
Pendant des décennies,
le PEL a incarné l'épargne sans effort : taux garanti, risque nul, projet
immobilier en ligne de mire. Avec plus de 207 milliards d'euros d'encours à
mi-2025, il reste le deuxième produit d'épargne réglementée après le Livret A.
Mais la réforme de 2011 a introduit une rupture silencieuse : une durée de vie
plafonnée à 15 ans pour tous les plans ouverts depuis le 1er mars 2011.
Le résultat est
mécanique. 3,2 millions de PEL seront fermés automatiquement par les banques
entre 2026 et 2030, soit 36 % des plans actifs, pour un encours total de 93
milliards d'euros. Avec un pic attendu en 2030 à 1,1 million de clôtures et 28
milliards d'euros libérés en une seule année.
À la clôture, le
capital est automatiquement transféré vers un livret bancaire classique, dont
le taux, fixé librement par l'établissement, s'établit en moyenne à 0,8 %4,
contre 2 % à 2,5 % brut pour les PEL de la génération 2011. Pour l'épargnant
qui ne fait rien : une chute immédiate de rendement, sans préavis utile.
Le vrai risque :
réallouer sans stratégie
L'encours moyen d'un
PEL s'établit à 25 017 euros5. C'est un capital suffisamment structurant pour
impacter une trajectoire patrimoniale et suffisamment significatif pour ne pas
être confié par défaut à un livret bancaire à 0,8 %.
Or c'est précisément ce
qui se passe lorsque l'épargnant ne prend pas les devants.
Faute d'accompagnement,
trois réflexes dominent :
L'inertie : le capital reste sur
le livret de substitution, faiblement rémunéré, sans horizon d'investissement
défini.
L'habitude : l'épargnant rouvre un
PEL ou un Livret A par familiarité, sans réévaluer ses objectifs actuels.
La précipitation : des arbitrages
rapides, dictés par l'urgence de la clôture plutôt que par une vision
patrimoniale.
« Pendant des années,
le PEL a permis d'épargner sans se poser de questions. Aujourd'hui, cette
logique n'est plus adaptée. La réallocation de cette épargne doit devenir un
acte de gestion à part entière, construit autour des objectifs de vie. » analyse Philippe
Lauzeral, président de Finzzle groupe.
Transformer une
contrainte en opportunité : exemples et logiques de réallocation
La clôture d'un PEL
n'est pas une perte, c'est une occasion de remettre son épargne en mouvement.
Mais la bonne stratégie dépend entièrement de la situation personnelle. Finzzle
groupe illustre ainsi deux cas concrets.
- Profil : 45 ans, PEL
de 30 000 €, projet immobilier abandonné
Enjeu : redéfinir un horizon
d'investissement et arbitrer entre disponibilité et valorisation.
Logique de réallocation
possible :
une assurance-vie avec versements programmés. Disponible à tout moment,
adaptable à l'horizon et au profil de risque : c'est le passage de l'épargnant
à l'investisseur.
- Profil : 58 ans, PEL
de 40 000 €, à l'approche de la retraite
Enjeu : trouver l'équilibre
entre sécurisation progressive et optimisation fiscale à l'entrée.
Logique de réallocation
possible
: une combinaison PER et assurance-vie. Le PER optimise l'impôt sur le revenu à
l'entrée ; l'assurance-vie développe le patrimoine avec souplesse. À la
retraite, le meilleur mode de sortie entre les deux enveloppes pourra être
arbitré en fonction des nouveaux objectifs, dont la transmission.
Un signal structurant
sur l’évolution de l’épargne française
La vague de clôtures
des PEL n'est pas un épiphénomène. Elle agit comme un révélateur d’un
changement de cycle de l’épargne française : une épargne historiquement
abondante, longtemps organisée autour de produits automatiques et standardisés,
se retrouve aujourd’hui confrontée à une offre plus large, plus complexe, et à
la nécessité de choix explicites.
Ce mouvement marque la
fin progressive d’une épargne pilotée par défaut et l’entrée dans une logique
où la cohérence des arbitrages, l’horizon de temps et la hiérarchisation des
objectifs deviennent centraux.
« La clôture automatique d'un PEL, c'est un moment de vérité. L'épargnant doit décider ce qu'il fait de son capital, souvent pour la première fois depuis quinze ans. C'est précisément là qu'un accompagnement sur mesure fait toute la différence entre une épargne qui dort et une épargne qui travaille. » souligne Philippe Lauzeral.


