Déjà
bien installée dans les pays anglo-saxons, (aux États-Unis près de 9 acheteurs
sur 10 réalisent leur acquisition avec l’aide d’un agent immobilier les
représentant), la chasse immobilière s’est longtemps exercée en France de
manière relativement confidentielle, souvent de façon indépendante et sans
véritable cadre méthodologique. Le modèle transactionnel français reste en
effet historiquement centré sur l’agent mandaté par le vendeur. Mais à mesure
que les transactions deviennent plus techniques et que les profils d’acquéreurs
se diversifient, l’idée d’un accompagnement dédié gagne du terrain.
Acheter un bien
immobilier reste en effet un exercice complexe. Entre la lecture du marché
local, l’analyse de la valeur réelle d’un bien, l’évaluation des travaux ou la
stratégie de négociation, de nombreux acquéreurs (primo-accédants, actifs
débordés, acheteurs éloignés géographiquement ou ayant déjà multiplié les
recherches infructueuses) peinent à structurer leur démarche. Or, tandis que le
propriétaire peut s’appuyer sur un agent immobilier pour commercialiser et
négocier son bien, l’acquéreur doit généralement mener seul ses recherches.
C’est dans cet interstice que s’inscrit un métier en plein essor : le chasseur
immobilier, un professionnel mandaté exclusivement par l’acheteur pour
l’accompagner dans la recherche et l’acquisition de son bien.
Un accompagnement dédié
à l’acheteur dans un marché plus exigeant
La mission du chasseur
consiste à comprendre les besoins du client, à identifier les biens
correspondant précisément à son projet, à organiser les visites et à
l’accompagner dans l’ensemble du processus d’acquisition jusqu’à la signature.
« Beaucoup d’acquéreurs arrivent après plusieurs mois de recherches infructueuses, explique
Marie-Pierre
Berquet, chasseuse immobilière depuis 2018 au sein du réseau Expertimo. Ils
ont visité de nombreux biens, sans succès. Le rôle du chasseur est justement de
structurer la recherche pour cibler les bonnes opportunités. »
Le professionnel
intervient dès la définition du projet : analyse des besoins, étude du budget,
compréhension du marché local. Il effectue ensuite un travail de veille sur
l’ensemble du marché (biens proposés par les agences, annonces entre
particuliers ou opportunités issues de son réseau).
« Pendant longtemps,
l’acheteur était seul face au marché. Aujourd’hui, il exige le même niveau de
conseil et de représentation que le vendeur, observe Marie-Pierre Berquet. Au-delà
de la recherche, le chasseur immobilier œuvre à la sécurisation de l’opération
: analyse des diagnostics, identification des travaux, vigilance sur les points
juridiques et techniques. Autant d’éléments qui contribuent à rationaliser un
achat souvent guidé par l’émotion.
Gain de temps, accès au
marché et négociation : les atouts de la chasse immobilière
La recherche d’un bien
immobilier est chronophage. Entre les annonces à trier, les échanges avec les
vendeurs (agences ou particuliers) et les visites, le processus peut s’étaler
sur plusieurs mois. L’accompagnement par un chasseur immobilier permet d’accélérer
significativement la recherche. Selon les estimations des professionnels du
secteur, un acquéreur accompagné formule en moyenne une offre en environ 45
jours, contre 70 à 90 jours pour une recherche menée seul.
Autre levier
intéressant et différenciant : l’accès à des biens dits « off-market ». Grâce à la
connaissance fine de son secteur et à son réseau professionnel, le chasseur
peut identifier certaines opportunités en amont de leur commercialisation,
permettant de positionner son client rapidement, évitant certaines mises en
concurrence. Plus qu’un intermédiaire, il devient un conseil stratégique.
L’accompagnement peut
également s’avérer déterminant au moment de la négociation. Dans un marché
redevenu plus équilibré entre vendeurs et acheteurs, la capacité à évaluer la
valeur réelle d’un bien et à formuler une offre cohérente peut faire la différence.
« Les acheteurs
hésitent parfois à négocier, par peur de voir le bien leur échapper, observe Marie-Pierre
Berquet. Notre rôle est aussi d’apporter un regard objectif sur la valeur du
bien et de construire une stratégie de négociation cohérente. Acheter un bien
immobilier reste l’un des engagements financiers les plus importants d’une vie.
Notre mission consiste aussi à conseiller et encadrer au mieux cette décision
».
Sur le terrain, les
niveaux de négociation peuvent varier fortement selon les biens. « Sur certains
dossiers, nous avons pu obtenir des baisses de prix significatives, allant
jusqu’à 20 % à Paris lorsque le bien était surévalué ou nécessitait des travaux
importants », illustre Marie-Pierre Berquet.
Cet accompagnement a
toutefois un coût pour l’acquéreur. Les honoraires du chasseur immobilier
restent variables selon les territoires et la nature du projet. Dans les zones
tendues comme Paris, ils se situent généralement entre 2 % et 4 % du prix du
bien, tandis qu’ils peuvent être plus élevés dans des zones où les prix sont
plus faibles. Ils sont le plus souvent à la charge de l’acquéreur et
s’inscrivent dans une logique globale de faisabilité du projet, les différents
intervenants de la transaction pouvant adapter leurs honoraires en conséquence.
Un métier qui se
structure progressivement, illustration au sein du réseau Expertimo
Réseaux spécialisés,
formalisation des méthodes d’accompagnement et développement de formations
dédiées témoignent d’une professionnalisation progressive du métier.
Cette évolution traduit
une transformation plus profonde du marché immobilier : l’acte d’achat devient
plus stratégique, parfois patrimonial, et nécessite un niveau d’expertise
accru. C’est dans cette logique que le réseau immobilier Expertimo a lancé son
Club Chasse Immo, animé par Marie-Pierre Berquet, référente chasse immobilière
au sein du réseau, afin de former les conseillers et mandataires aux enjeux
juridiques, financiers et techniques de l’acquisition. L’objectif affiché n’est
pas tant de multiplier les mandats, mais surtout d’élever le niveau d’expertise
et d’encadrement d’un métier en pleine évolution. Le club propose notamment des
sessions d’échanges entre professionnels, des retours d’expérience ainsi qu’un
accompagnement dédié pour les conseillers souhaitant développer cette
spécialité.
« L’objectif est de professionnaliser davantage la chasse immobilière au sein du réseau, conclut Marie-Pierre Berquet. Nous souhaitons permettre aux conseillers de mieux comprendre les spécificités du mandat de recherche et d’échanger sur les méthodes qui fonctionnent sur le terrain. »


