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[Expertises] État des lieux de l’IA générative dans les services achats

L’intelligence artificielle générative n’est plus un sujet émergent pour la fonction achats. Si elle fait désormais l’objet de tests étendus au sein des organisations, son déploiement à grande échelle demeure largement marginal.


Selon le baromètre CPO Annual Pulse 2026, publié par EFESO Management Consultants, seuls 5 % des services achats ont réussi à industrialiser des technologies d’IA générative, malgré une phase d’expérimentation devenue quasi systématique.

 

Fondée sur des entretiens menés auprès de 50 directeurs achats européens, l’étude met en lumière une inflexion nette des pratiques. Après une phase d’enthousiasme marqué, les directions achats entrent désormais dans un temps de sélectivité et de discipline opérationnelle, privilégiant des déploiements ciblés et conditionnés à la démonstration tangible de la valeur créée.

 

IA générative : des pilotes nombreux, des déploiements encore limités

 

Les résultats du baromètre CPO Annual Pulse 2026 confirment que si l’IA générative est solidement inscrite à l’agenda des directions achats, son déploiement à grande échelle demeure limité. 75 % des organisations restent en phase d’expérimentation, dont 40 % en exploration initiale et 35 % en phase de pilotes. Seuls 20 % des entreprises interrogées déclarent un déploiement partiel, révélant un écart croissant entre ambition et exécution.

 

« Ce que nous observons n’est pas un manque d’intérêt, mais une montée en discipline, déclare Gaël Sandrin, Principal chez EFESO Management Consultants et responsable du CPO Annual Pulse. Les directeurs achats ne se demandent plus si l’IA générative fonctionne, mais où elle fonctionne, à quel coût et sous quelles conditions. »

 

Le baromètre met également en évidence une fracture numérique croissante. Environ huit grandes entreprises sur dix déclarent un usage régulier de l’IA générative au travail, contre moins de quatre PME sur dix, ce qui reflète des écarts en matière de budgets, d’équipes dédiées et de programmes IA structurés. Les organisations plus petites restent souvent cantonnées à des expérimentations fragmentées, portées par des initiatives individuelles et faiblement intégrées aux processus opérationnels globaux de l’entreprise.

 

La création de valeur avec l’IA générative est désormais visible, mais restreinte à des territoires bien délimités. L’analyse et la synthèse des contrats dominent les usages (69 %), suivies par l’intelligence fournisseurs et marchés (61 %) et l’automatisation des processus de recherche de fournisseur (RFx)

(55 %). Ces cas d’usage, orientés productivité et situés en amont du cycle source-to-contract, bénéficient d’une forte densité de données et d’un risque d’intégration plus limité. À l’inverse, les applications plus complexes peinent à émerger : seuls 35 % des directions achats perçoivent une valeur ajoutée dans la négociation assistée par l’IA, qui requiert une intégration de données plus profonde, une gouvernance renforcée et des architectures plus avancées.

 

Réajustement des attentes : la confiance et l’exécution au premier plan

 

Malgré une phase de test généralisée, la satisfaction des directions achats reste contrastée. Seuls 34% des organisations se déclarent satisfaites de la valeur générée par l’IA générative par rapport au cadrage et aux investissements initiaux réalisés, 46 % sont partiellement satisfaites, et 20 % sont déçues. Les questions liées à la confiance pèsent fortement sur les décisions de passage à l’échelle : la fiabilité des données (68 %) ainsi que la conformité réglementaire et la confidentialité (67 %) figurent parmi les principales préoccupations des directeurs des achats. Les pénuries de compétences (57 %) et les limites de qualité des données (55 %) continuent également de freiner les avancées.

 

« 2026 ne sera pas l’année de l’IA générative pour toutes les entreprises, ajoute Kenneth Sievers, Associé et Global Head of Procurement chez EFESO Management Consultants. Ce sera cependant une année de décisions stratégiques. Les directions achats sont au fait de leur maturité technologique sur des enjeux d’IA générative. L’écart de performance se creusera entre les organisations qui industrialisent de manière sélective et celles qui restent enfermées dans une succession de pilotes. »

 

Plutôt que de traduire un ralentissement, EFESO Management Consultants interprète ces résultats comme le signe d’une montée en maturité. Les fonctions achats s’éloignent d’une expérimentation généralisée au profit d’une industrialisation sélective, centrée sur des cas d’usage clairement définis, là où faisabilité, préparation des données, crédibilité économique et gouvernance sont alignées.

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