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[Etude] Selon 1 dirigeant français sur 2, son entreprise ne sera pas viable dans 10 ans si elle ne se transforme pas

Après une édition résolument marquée par un excès d’optimisme, la 26ème édition de la PwC Global CEO Survey, marque le retour du pessimisme. Cette tendance met en évidence un double impératif auquel sont confrontés les 4 410 dirigeants des 105 pays qui ont répondu à la 26e Global CEO Survey : gérer les crises et incertitudes tout en transformant leur entreprise.
L’étude ne dresse néanmoins pas un tableau sombre pour l’année 2023. Elle souligne également le volontarisme des dirigeants qui passent à l’action pour l'avenir. Ils mettent plus que jamais, l’humain au cœur de cette nécessaire transformation.

Les dirigeantes et dirigeants partagés entre résilience et inquiétudes

Près de 40% des dirigeants mondiaux et 45% des dirigeants français pensent que leur entreprise ne sera économiquement plus viable dans une décennie s’ils continuent sur leur voie actuelle. La tendance est constante dans divers secteurs, notamment les télécommunications (46%), l’industrie (43%), les soins de santé (42%) et la technologie (41%). La confiance des dirigeants dans les perspectives de croissance de leur propre entreprise a également chuté de façon spectaculaire depuis l’année dernière (-26%), soit la plus forte baisse depuis la crise financière de 2008-2009, lorsqu’une baisse de 58% avait été enregistrée.

À l’échelle mondiale, la confiance des entreprises à l’égard de la croissance économique varie considérablement. Les économies du G7, dont la France (70%), l’Allemagne (94%) et le Royaume-Uni (84%) – toutes plombées par une crise énergétique en cours – sont plus pessimistes quant à leurs perspectives de croissance intérieure qu’à la croissance mondiale. Les dirigeants français, allemands et britanniques sont plus optimistes pour les perspectives de croissance mondiale que pour celles de leur croissance intérieure, par rapport à ceux des États-Unis, du Brésil, de l’Inde et de la Chine.

Les chefs d’entreprise sont également confrontés à des défis à plus long terme, dans les 10 prochaines années, impactant directement la rentabilité de leurs organisations. Plus de la moitié au niveau mondial (56%) croient que l’évolution de la demande et des préférences des clients aura une incidence sur la rentabilité, suivie des changements dans la réglementation (53%), des pénuries de main-d’œuvre et de compétences (52%) et des perturbations technologiques (49%). En France, les évolutions réglementaires (67%) sont en tête des défis à relever à horizon de 10 ans.

Selon Patrice Morot, Président de PwC France et Maghreb : « L’année 2022 a profondément modifié les projections des dirigeants mondiaux et français. Son lot de bouleversements comme l’inflation, la crise de l’énergie, mais aussi les perturbations d’approvisionnement liées à la guerre en Ukraine, oblige les dirigeants à rentrer dans une réalité du « en même temps ». Ils doivent simultanément gérer les crises devenues permanentes et transformer de manière durable leurs entreprises, sans transiger sur les investissements et l’humain. C'est un retour à l’essentiel et au vrai rôle des dirigeants, auquel ils aspirent : dédier plus de temps à la stratégie et au collectif, indispensables pour projeter leur entreprise dans l'avenir. »

L’inflation, la volatilité macroéconomique et les conflits géopolitiques, en tête des préoccupations des dirigeants

Alors que les risques cyber et sanitaires étaient les principales préoccupations il y a un an, l’impact du ralentissement économique est devenu cette année une priorité pour les dirigeants au niveau mondial. L’inflation (40%) et la volatilité macroéconomique (31%) sont les principales préoccupations pesant sur les dirigeants à court terme – les 12 prochains mois – et pour les cinq prochaines années. En troisième position, 25% des chefs d’entreprise se sentent également financièrement exposés aux risques de conflits géopolitiques, tandis que les cyber-risques (20%) et le changement climatique (14%) ont diminué en termes relatifs.

Les dirigeants français sont davantage préoccupés par l’inflation (48%) et les cyber-risques (36%). A horizon 5 ans, la cybersécurité devient la première préoccupation (40%), devant le risque climatique (39%) et l’inflation (31%).

La guerre en Ukraine et l’inquiétude croissante suscitée par les tensions géopolitiques dans d’autres parties du monde ont amené les dirigeants à repenser certains aspects de leurs modèles d’affaires. Ainsi, près de la moitié des répondants exposés à des conflits géopolitiques intègrent un plus large éventail de perturbations dans la planification de scénarios et les modèles opérationnels d’entreprise : hausse des investissements dans la cybersécurité et la protection des données (48%), ajustement des chaînes d’approvisionnement (46%), réévaluation de la présence sur le marché ou expansion sur de nouveaux marchés (46%), ou diversification de leur offre de produits et services (41%).

L’évolution des demandes des clients, la réglementation, les pénuries de main-d’œuvre et de compétences et les perturbations technologiques sont considérées comme les plus grands défis pour la rentabilité à long terme de l’industrie.

L’humain au cœur de la transformation, les dirigeants réduisent les coûts, mais pas les effectifs ou la rémunération

En réponse au climat économique actuel, les chefs d’entreprise cherchent à réduire les coûts et à stimuler la croissance des revenus. Ainsi, 52% des dirigeants mondiaux déclarent réduire leurs coûts d’exploitation, tandis que 51% augmentent les prix et 48% diversifient leurs offres de produits et services. Cependant, plus de la moitié – 60 % – disent qu’ils ne prévoient pas de réduire les effectifs au cours des 12 prochains mois. Une grande majorité – 80 % – indique qu’elle ne prévoit pas réduire les rémunérations afin de retenir les talents et d’atténuer les taux d’attrition de la main-d’œuvre.

La tendance d’une réduction des coûts est plus marquée en France : 82% des chefs d’entreprise français réduisent ou envisagent de réduire les charges d’exploitation quand 84% comptent augmenter les prix des produits et services. Les dirigeants français entendent néanmoins continuer à miser sur l’humain pour traverser la crise. 93% n’envisagent pas de réduire la rémunération, 61% ne comptent pas diminuer les investissements et 60% déclarent ne pas prévoir de baisse d’effectifs.

Si les entreprises veulent rester viables à court et à long terme, elles doivent également investir dans leurs programmes de transformation des ressources humaines et technologiques. Sur le plan technologique, plus de trois quart (76 %) des entreprises déclarent investir dans l’automatisation des processus et des systèmes. La mise en œuvre de systèmes visant à améliorer les compétences dans les domaines prioritaires est plébiscité par 72 % des dirigeants. En troisième position, les dirigeants misent sur le déploiement de technologies telles que le cloud, l’IA (69 %). Les dirigeants français parient davantage sur la montée en compétence de leurs collaborateurs (87%) qui arrive devant l’automatisation des processus (61%) et le déploiement technologique (55%).

Les dirigeants français les plus actifs sur la gestion du risque climatique

Le climat occupe une place aussi importante que d’autres risques identifiés à court terme. Les dirigeants le voient toujours avoir un impact modéré à très important sur leurs profils de coûts (50%), leurs chaînes d’approvisionnement (42%) et leurs actifs physiques (24%). Les dirigeants chinois se sentent particulièrement exposés, 65% voyant le potentiel d’impact sur leurs profils de coûts, 71% sur les chaînes d’approvisionnement et 56% sur les actifs physiques.

Une majorité de dirigeants ont déjà mis en œuvre – ou sont en train de mettre en œuvre – des initiatives visant à réduire les émissions de leur entreprise (65 %), en plus d’adopter de nouveaux produits et processus respectueux du climat (61 %), ou de développer une stratégie d’entreprise axée sur les données pour réduire les émissions et atténuer les risques climatiques (58%).

Les dirigeants français se distinguent : 80% d’entre eux affirment avoir déjà pris ou avoir prévu de mettre en œuvre des initiatives visant à réduire les émissions de leur entreprise, en plus du développement de nouveaux produits et processus respectueux du climat (72%) et de l’élaboration d’une stratégie d’entreprise axée sur les données pour réduire les émissions et atténuer les risques climatiques (73%).

Le dirigeant au cœur du changement de modèle

Les dirigeants mondiaux ont souligné la nécessité de collaborer avec un large éventail d’intervenants pour maintenir la confiance et obtenir des résultats durables. Les entreprises s’associent davantage à des entités non commerciales pour aborder le développement durable (54%), la diversité, l’équité et l’inclusion (49%) et l’éducation (49%).

Ce sont principalement sur des thématiques ESG (développement durable à 64%, changement climatique à 57%, diversité et inclusion à 47%) et éducation (55%) que les entreprises françaises choisissent de collaborer avec des organisations non commerciales, beaucoup plus que sur des sujets plus économiques tels que le développement d’infrastructures, le rétablissement de la croissance ou le développement international.

L’immense majorité des dirigeants français (91%) perçoivent un alignement entre les valeurs de l’entreprise et le comportement des collaborateurs. Ils ont conscience dans une très large mesure que les valeurs et la quête de sens deviennent des préoccupations majeures chez les salariés. Ces derniers choisissent de rejoindre une entreprise, puis d’y rester, s’ils se retrouvent dans ses valeurs.

Tiraillés entre les exigences du court-termisme et de la transformation à long terme, les chefs d’entreprise mondiaux disent qu’ils sont principalement occupés à stimuler la performance opérationnelle actuelle (53%), plutôt que de faire évoluer l’entreprise et sa stratégie (47%). S’ils pouvaient repenser leur agenda, ils feraient l’inverse (57%) et notamment consacreraient davantage de temps à leurs collaborateurs et à leurs clients.

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