Suivre les tendances :
opportunité ou piège pour les TPE/PME ?
Qu'il s'agisse de la
dernière obsession sur Instagram ou des vidéos incontournables qui défilent sur
TikTok, les tendances en ligne font désormais partie intégrante de notre vie
quotidienne.
Même si vous n'êtes pas
un adepte des réseaux sociaux ou que vous les utilisez peu, il est fort
probable que vous ayez déjà vu passer ces tendances sans même vous en
apercevoir. Et peut-être même les avez-vous adoptées !
Bien sûr, toutes les
tendances qui percent ne sont pas faites pour durer. La grande majorité
disparaissent aussi vite qu'elles sont apparues. Cependant, celles qui
parviennent à s'imposer finissent très souvent par se retrouver dans nos
boutiques, cafés et restaurants.
C'est d'ailleurs dans
ce dernier secteur que les modes semblent surgir le plus régulièrement. Le
monde de la restauration est particulièrement propice à ces changements,
révélant constamment de nouvelles pépites ou des créations excitantes.
C'est peut-être pour
cela que le secteur de la restauration en France a si rapidement adopté de
nombreuses tendances nées en ligne. Du petit café parisien à la pâtisserie de
la Côte d'Azur, de nombreuses TPE et PME françaises ont choisi d'intégrer ces
tendances à leur offre pour tenter de générer plus de revenus.
Mais est-ce vraiment
une stratégie payante ? Capitaliser sur l'impact social de ces modes fait-il
une réelle différence sur le chiffre d'affaires ? Ou est-ce un pari risqué, qui
finit par laisser les comptes dans le rouge et les étagères pleines de stocks
invendus ?
Pour le découvrir, nous
avons interrogé 500 TPE/PME françaises à travers le pays. Nous leur avons
demandé leur avis sur cette "course aux tendances", si elle leur a
été bénéfique et quel impact ces modes ont réellement sur leurs décisions stratégiques.
Découvrez les résultats.
Quelles sont les
tendances les plus populaires sur les réseaux sociaux en 2025 ?
Avant d'analyser les
résultats de notre enquête, examinons d'abord les 5 tendances les plus en vogue
sur les réseaux sociaux français. Cela nous permettra de mieux comprendre
pourquoi les TPE/PME sont plus ou moins enclines à intégrer ces modes à leur stratégie.
En première position,
et avec une avance considérable, on trouve le matcha. Phénomène mondial
au moment où nous écrivons ces lignes, le matcha est une tendance depuis 2015,
mais il a véritablement explosé après la pandémie du Covid-19. Avec un volume
de recherche total de plus de 2,4 millions l'an dernier, 9,7 millions de publications
sur Instagram et 3,2 millions de publications sur la plateforme TikTok, on peut
affirmer que le matcha n'est plus une simple tendance, mais un incontournable.
Ensuite, et c'est une
surprise pour nous, arrive Pepe Chicken. Créé par FastGoodCuisine, le
Youtubeur français Charles Gilles-Compagnon, ce fast-food revisité offre une
version "française" du poulet frit américain. Faisant sensation en
France depuis début 2024, son volume de recherche colossal de 2,95 millions le
place directement en tête des tendances actuelles.
Dans la même veine que
Pepe Chicken, mais version street food, "Tasty Crousty" s'est
rapidement imposé comme le snack incontournable pour manger sur le pouce.
Adopté fin 2024, ce mélange de poulet frit, riz et sauce a cumulé plus de 2,4
millions de recherches depuis le début de l'année et a envahi le marché de la
street food dans presque toutes les grandes villes françaises.
El Mordjene, une pâte à
tartiner algérienne à la noisette, occupe la quatrième place. Apparue en
2024, sa popularité a grimpé en flèche avant d'être freinée par une
interdiction de l'UE pour non-conformité avec les normes laitières. Malgré
cela, l’intérêt pour le concept reste fort en France. Dans son sillage, de
nombreuses pâtes à tartiner alternatives connaissent un
véritable engouement, surfant sur la tendance lancée par El Mordjene. En effet,
le produit égale même le volume de recherche de Tasty Crousty avec 2,4 millions
de recherches sur Google en 2025.
Enfin, bien qu'il
s'agisse d'une tendance plus ancienne, le "smash burger" reste
un choix extrêmement populaire dans les cafés et restaurants français.
Démocratisé au début des années 2020, le smash burger a été adopté par de
nombreux petits établissements, ce qui a sans aucun doute contribué à ses
excellents chiffres : plus d’un million de recherches sur Google et de posts
sur Instagram ainsi que 224 600 vidéos TikTok.
Évidemment, ce top 5
n'est pas exhaustif.
D'autres phénomènes circulent actuellement sur les réseaux français, comme
les onigiri, le "Chocolat de Dubaï" ou
encore les "Crookies", qui ont tous récemment fait leur
apparition.
Comment les petites
entreprises françaises suivent-elles les tendances ?
Maintenant que nous
avons identifié les principales tendances en France, voyons comment les TPE/PME
y réagissent. Car, après tout, une tendance n'est pas forcément adaptée à
n'importe quel type d’activité.
Eh bien, malgré les
risques évidents, 80% des entreprises interrogées ont tout de même choisi
d'adopter une tendance au cours de l'année écoulée. Pour 32%, l'expérience a
été nettement positive, contre seulement 9% qui la considèrent comme une
mauvaise décision.
Fait encore plus
intéressant :
sur ces 80% d'adeptes, 34% ont déclaré que la tendance n'avait eu que peu ou
pas d'impact sur leur activité. Cela suggère que pour réussir, il ne suffit
pas de proposer la tendance à ses clients ; le succès dépend de bien d'autres
facteurs.
En effet, pour qu'une
tendance soit adoptée avec succès, il faut souvent la repérer tôt. Et pour
cela, il faut savoir où chercher. Sans surprise, la plupart des TPE/PME
françaises se tournent vers les réseaux sociaux (31%) pour dénicher les
nouvelles modes. Les retours clients et la presse spécialisée (actualités du
secteur) sont également des sources clés, citées à égalité (25% chacune).
De plus, 24%
s'informent auprès de leurs fournisseurs, tandis que 22% avouent ne découvrir
une tendance que lorsqu'elle est déjà adoptée par leurs concurrents. Seuls 9%
des entrepreneurs interrogés déclarent ne pas du tout "courir après"
les tendances et ne pas en tenir compte dans leurs décisions.
Cependant, il y a une
différence entre repérer une tendance et savoir si elle est adaptée à son
modèle économique. Sur ce point, les entrepreneurs français semblent plutôt
confiants : 39% se disent "confiants" ou "très confiants"
dans leur capacité à identifier les bonnes tendances, contre seulement 16% qui
expriment un manque de confiance.
Enfin, comme pour toute
décision stratégique, suivre une tendance comporte des risques. Le plus important
semble être la perte de temps. En effet, 19% des répondants craignent de
consacrer trop d'efforts à des "modes éphémères", tandis qu'un nombre
égal (19 %) s'inquiète d'investir dans des stocks qui ne se vendront pas.
Par ailleurs, 15% des
TPE/PME avouent avoir du mal à suivre le rythme effréné des tendances, et 15%
craignent de paraître "dépassés" en cas d'échec. Fait intéressant,
seuls 14% pensent que ces tendances ne plairont pas à leurs clients. C'est donc
bien l'aspect financier et opérationnel, plutôt qu'une méfiance envers le
client, qui freine l'adoption des tendances.
Que pensent les TPE/PME
françaises des tendances de Noël ?
Bien que de nombreuses
tendances s'avèrent populaires toute l'année, certaines ne surgissent que
pendant la période des fêtes. Noël est évidemment une période cruciale pour de
nombreuses entreprises, mais notre enquête montre que les avis sur l'adoption des
tendances à ce moment-là sont mitigés.
Selon notre sondage,
seuls 17% des entrepreneurs estiment qu'une tendance spécifique à Noël est
"extrêmement importante" pour eux, contre 15% qui la jugent
"assez importante" et 19% qui déclarent qu'elle n'est "pas très
importante" du tout. Cela témoigne à nouveau de la grande diversité des
TPE/PME françaises et de la prudence dont elles doivent faire preuve avant
d'adopter une tendance.
Certaines régions
sont-elles plus "tendance" que d'autres ?
Si les résultats ci-dessus se concentrent sur la moyenne nationale, qu'en est-il au niveau régional ?
Y a-t-il des différences notables entre les grandes métropoles, ou
l'adoption des tendances est-elle uniforme dans tout le pays ?
Sans surprise, étant
donné la diversité de la France, il existe bien des différences régionales. Par
exemple, les Hauts-de-France sont la région où l'on s'informe
le plus via les réseaux sociaux (57%), dépassant largement Paris (seulement 29%).
À l'inverse, la Bretagne puise
la majorité de ses informations dans les retours et demandes des clients (46%),
tandis que les entreprises en Corse s'informent principalement
en observant leurs concurrents (33%).
Élément marquant,
la Corse affiche également le plus fort taux net d'adoption
des tendances (67%), suivie par la Provence-Alpes-Côte d'Azur (44%)
et les Pays de la Loire (43%). À l'opposé, la Bourgogne-Franche-Comté (23%)
et la Normandie (21%) sont les régions qui adoptent le moins
les tendances des réseaux sociaux.
Enfin, la Corse s'est
révélée être la plus confiante dans sa capacité à repérer les tendances tôt (33%),
tandis que le Centre-Val de Loire est la région la plus
frileuse (15%). C'est d'ailleurs dans le Centre-Val de Loire que l'on trouve le
plus de TPE/PME qui évitent totalement les tendances.
Comment les cafés et
restaurants surfent-ils sur la vague ?
Étant donné que la
plupart des tendances actuelles sur les réseaux sociaux français concernent la
nourriture et les boissons, voyons rapidement comment les cafés et restaurants
se sont adaptés.
Comme pour la moyenne
nationale, la grande majorité des CHR (Cafés-Hôtels-Restaurants) français
s'informent via les réseaux sociaux (35%) et les retours clients (32%). Les
fournisseurs sont également une source d'information clé pour 31% d'entre eux.
L'impact de l'adoption
d'une tendance est également similaire : 34% déclarent un impact positif net
pour leur établissement, contre 10% qui ont constaté un impact négatif. La
majorité (37%) n'a vu aucun impact notable.
Cependant, là où les
cafés et restaurants se démarquent, c'est dans leur confiance à repérer les
tendances : 15% se disent "très confiants" et 30%
"confiants". Seuls 5% estiment ne pas avoir cette capacité. Cela
montre que le secteur de la restauration française est parfaitement à l'affût
des modes culinaires.
Comment les TPE/PME
peuvent-elles tirer parti des tendances ?
Globalement, il existe
une forte corrélation suggérant que l'adoption d'une tendance peut avoir un
impact notable sur le chiffre d'affaires. Mais cela implique d'adopter
les bonnes tendances, au bon moment, ce qui
n'est pas une mince affaire.
Gabriel Destremaut,
responsable des relations publiques chez SumUp, partage son avis
sur ce que les entreprises doivent rechercher et prendre en compte :
« Bien que ce soit
crucial, repérer et prédire une tendance est un processus délicat. Même si vous
êtes convaincu que quelque chose va "prendre", il est impossible de
prédire combien de temps cette tendance va durer. Cependant, il existe des signes
avant-coureurs : les changements dans l'offre de vos fournisseurs, les actions
de vos concurrents ou des demandes inhabituelles de la part des clients. Tout
cela peut indiquer qu'une tendance de fond est en train de naître.
Les réseaux sociaux
sont évidemment un indicateur clé, mais les demandes des clients sont
particulièrement précieuses, surtout si vous n'êtes pas vous-même très actif en
ligne. Si vous recevez une demande étrange, prenez le temps de faire une
recherche rapide. Vous pourriez découvrir une tendance naissante que vous
pourriez adopter avant qu'elle n'explose.
Quant à savoir s'il
faut adopter une tendance, bien que la précocité soit bénéfique, vous devez
être sûr qu'elle durera suffisamment longtemps pour rentabiliser votre
investissement.
Par exemple, la
popularité durable du matcha en a fait un incontournable attendu dans les
cafés. À l'inverse, le Chocolat Dubaï n'aura peut-être pas la longévité
d'autres tendances qui se sont intégrées dans notre quotidien.
Utilisez votre
expertise pour juger si une tendance a du potentiel. Si vous voulez tester,
choisissez quelque chose de simple, facile à mettre en œuvre et à portée
limitée pour une phase de test. Si elle s'avère populaire, vous pourrez alors
l'intégrer à votre offre permanente.
Enfin, même si Noël
n'est pas votre plus grosse période, il est toujours bon d'inclure quelques
attentions festives pour vos clients. Les classiques de Noël sont toujours
appréciés, et leur nature abordable les rend faciles à proposer en offre
limitée. »
En fin de compte, l'adoption réussie d'une tendance peut faire des merveilles pour la rentabilité de votre petite entreprise, surtout si vous vous y prenez bien. Et si votre activité décolle, vous aurez besoin d'un système de paiement rapide et simple pour suivre le rythme des ventes.


