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[Tribune] Recrutement : vers un monde du travail plus ouvert et tourné vers les attentes du salarié

Marquée par l'aggravation de la pénurie des talents dans certains secteurs, cette année aura fait émerger différentes tendances en matière de recrutement.

Approach People Recruitment, cabinet de recrutement spécialisé dans la mobilité européenne, revient sur 2022 et livre ses prédictions pour 2023.


Le quiet quitting : un phénomène qui s'intensifie à l'approche et pendant les vacances ?

L'année 2022 a été marquée par de nouveaux termes, comme le quiet quitting, ce comportement des salariés qui vivent des situations de perte de sens, d'engagement et un isolement accru. Ce phénomène, observé en 2022 aussi bien en France que dans d'autres pays européens, peut même être amplifié lors de certaines périodes de l'année, en hiver et à l'approche de Noël comme lors des vacances d'été.

Cet état d'esprit - jusque-là associé à des salariés avec une certaine ancienneté sur leur poste - se manifeste de plus en plus dès le processus de recrutement. Certains, désengagés au sein de leur entreprise, vont passer des entretiens même s'ils le font sans convictions, d'autres refusent de faire des heures supplémentaires ou demandent à travailler à temps partiel ; des comportements nouveaux que les entreprises devront prendre en considération en 2023.

« Le défi pour les recruteurs sera de déceler et prendre en considération ce "désengagement" des candidats, sans pour autant les exclure d'un processus de recrutement. Dans un contexte de pénurie de salariés, les entreprises doivent être en mesure de dépasser les craintes et analyser objectivement chaque profil de candidat, en faisant leur maximum pour motiver ceux qui détiennent les compétences nécessaires à la croissance de l'entreprise », explique Emilie Narcy, Directrice des opérations et des ressources humaines chez Approach People Recruitment.

Une envie plus forte de mobilité européenne

Suite à la crise sanitaire, il y a eu un effet de rebond et un attrait pour la mobilité européenne qui se poursuit avec des pays extrêmement attractifs tels que la Suisse. Partir rejoindre une entreprise à l'étranger ou profiter du télétravail pour travailler d'où l'on souhaite sans changer d'employeur, 2022 est l'année de la liberté et du nomadisme professionnel.

L'année 2023 permettra alors aux entreprises d'affiner leurs politiques de télétravail à l'étranger, de façon à fidéliser les talents en quête d'aventures. Mais ce sera aussi une année où elles devront apprendre à recruter et intégrer des talents étrangers.

« La mobilité européenne a un énorme potentiel tant pour les salariés que pour les employeurs. Pour les premiers, travailler à l'étranger permet d'accélérer sa carrière et acquérir de nouvelles compétences précieuses et valorisées au retour en France. Pour les entreprises, recruter des talents étrangers dans des secteurs pénuriques, tels que les nouvelles technologies, peut être une solution efficace, à condition que l'entreprise soit capable de bien les intégrer dans son équipe », poursuit Emilie Narcy.

Le salaire émotionnel : solution pour attirer les talents prisés ?

L'année 2022 aura été marquée par une inclinaison vers le bien-être des salariés, une quête de sens dans son travail et des inquiétudes sur le pouvoir d'achat et donc les salaires. Beaucoup d'entreprises et même certains gouvernements - comme la France et l'Irlande - ont mis en place des mesures pour aider les gens à bien travailler à la maison (exemples : primes, prise en charge des frais d'internet). Les entreprises se sont ouvertes à l'implémentation du télétravail dans leurs habitudes et beaucoup se sont mises au modèle hybride. Cette approche représente un argument de poids lors des processus de recrutement.

Le télétravail a cependant montré ses limites, aussi bien pour l'entreprise que pour le salarié. Certaines entreprises en ont mesuré l'impact : désengagement de la part de certains salariés, perte de lien social entre collaborateurs mais aussi perte de lien direct entre l'entreprise et son salarié.

Emilie Narcy conclut : « La démocratisation du télétravail a permis de voir que celui-ci n'était pas forcément adapté à tous, et notamment aux profils juniors et aux nouvelles recrues. La formation est certes permise par les outils numériques, mais une grande partie de la construction dans le monde du travail passe par les relations avec ses collègues et managers. Pour ces profils, avoir des modèles autour de soi en présentiel est très important.
Les entreprises modifient donc leur discours pour attirer les talents. Proposer du télétravail est un argument important mais ne fait pas tout, comme les salaires ne font pas tout pour fidéliser les collaborateurs. L'important est d'apporter à chaque candidat, puis salarié, ce dont il a besoin, non pas de chercher un modèle irréalisable qui conviendrait à tout le monde.
La recherche d'une relation personnalisée avec un candidat a permis de faire émerger cette année la notion de salaire émotionnel, reliée notamment à celle de culture d'entreprise forte, qui permet de recruter plus facilement et de garder ses talents ; un enjeu qui sera très important en 2023, et notamment dans les secteurs en tension. Chez Approach People Recruitment, le salaire émotionnel et la culture d'entreprise sont des leviers puissants pour la rétention des talents. »

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