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[Tribune] Santé au travail et prévention de l’absentéisme

Romain Bendavid, directeur de l’expertise corporate & work experience de l’Ifop, et Sabeiha Bouchakour, directrice QVT de S2H Consulting, dresse un état des lieux de l’absentéisme au travail depuis le début de la crise sanitaire. Ils estiment qu’il est nécessaire de développer les actions de prévention dans la santé au travail et accompagner les managers dans ces actions. Néanmoins, le temps et l’argent, demeure, en 2022, les deux principales limites à l’efficacité de la prévention santé au travail.

Comment prévenir l’absentéisme au travail ?

L’employeur est un rouage essentiel du fonctionnement du système de santé. Il finance en effet les régimes de protection sociale des salariés qui couvrent les frais de santé et les indemnités journalières des collaborateurs, en relais de la sécurité sociale pour les absences plus longues.

En matière de santé au travail, coronavirus oblige, l’année 2020 a été marquée par une forte hausse du taux d’absentéisme. La pression est logiquement retombée en 2021. Pour autant, le taux d'absentéisme demeure plus élevé qu'en 2019, s’établissant à 4,94% contre 4,78% un an plus tôt.

Par ailleurs, si les absences liées au virus et aux cas contacts ont considérablement baissé avec l’arrivée des vaccins, des effets indirects s’installent sur une temporalité plus longue. La charge mentale des salariés a été et continue d’être mise à l’épreuve depuis 2020. Cela complexifie l’analyse des causes de la hausse des risques psychosociaux, et ce, d’autant plus que les sources d’inquiétudes ou d’anxiété continuent à être nombreuses et dépassent le cadre professionnel : guerre en Ukraine, inflation, crise énergétique… 

Les salariés en attente d’action de prévention

Si les salariés sont demandeurs pour des actions de prévention, les décideurs sont convaincus du bienfondé de ces actions pour améliorer le bien-être de leurs employés et in fine réduire l’absentéisme

La réalité en entreprise repose aujourd‘hui majoritairement sur des actions dîtes de préventions tertiaire et secondaire. La prévention tertiaire prend par exemple la forme de lignes d’écoute psychologique ou de gestion des conflits. Ce sont donc des actions qui interviennent en réaction. La prévention secondaire repose, quant à elle, sur des actions mises en place lorsque les risques sont avérés (actions de formation et/ou d’équipements adaptés.)

Le déploiement d’une réelle prévention primaire visant à faire diminuer la survenance des risques est encore minoritaire. Elle requière une analyse minutieuse des organisations du travail et l’anticipation des impacts des transformations professionnelles actuelles sur les conditions de travail. Si on recentre la réflexion sur la problématique de l’absentéisme, on constate sur le terrain que les actions sont menées principalement pour accompagner les situations d’absences longues c’est-à-dire à un moment où la situation est déjà dégradée. Elles se caractérisent par des dispositifs d’aide au retour à l’emploi lorsque le risque de désinsertion professionnelle est déjà potentiellement là.

On comprend ainsi tout l’intérêt des entreprises d’agir en prévention d’autant qu’elles subissent les impacts financiers et organisationnels de la « non-prévention » qui mène souvent à une augmentation de l’absentéisme, des frais de santé et partant, à une hausse du coût des régimes prévoyance santé. Précisons que l’employeur finance au minimum 50% des cotisations prévoyance santé et que ces régimes de prévoyance font l’objet d’une gestion paritaire impliquant les partenaires sociaux. Il en résulte un niveau d’exigence et des attentes fortes de la part de tous les acteurs en matière de stratégie de qualité de vie et conditions de travail (QVCT).

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