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[Point de vue] Révision temporaire du FNE-Formation : une opportunité à saisir

Par Thibault Viguier, Co-Fondateur de L’Ecole Française

Dans le cadre de la crise de la Covid-19 qui touche durement de nombreux secteurs de notre économie, le gouvernement a décidé de renforcer temporairement son dispositif FNE-Formation. Les entreprises qui subissent une sous-activité prolongée, voire un arrêt total de celle-ci, peuvent désormais cumuler cette aide financière à la formation et le recours à l’activité partielle. Une aubaine pour faire monter ses salariés en compétences, préparer la reprise et se mettre en conformité avec ses obligations légales. Mais le temps presse…

Prévenir la crise et minimiser ses impacts

Dans sa forme originelle, le FNE ou Fonds National de l’Emploi consiste en une contractualisation entre l’État, via la DIRECCTE (Direction Régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi), et des entreprises en difficulté, afin de prévenir des licenciements. Jusqu’à présent, les sociétés subissant une sous-activité prolongée ou un arrêt total de leur production pouvaient demander le financement de la formation de leurs personnels à la place d’une mise en activité partielle. Depuis début juin, ce dispositif a été révisé et l’employeur peut désormais cumuler activité partielle et soutien financier à la formation. L’objectif : faciliter la relance économique et maintenir l’employabilité des salariés dans une période compliquée.

Au-delà de l’urgence qu’il y a de limiter l’impact de la crise qui gronde, cette extension du FNE-Formation est une aubaine pour les entreprises en difficulté. Non seulement, la montée en compétences de leurs salariés actuellement en activité partielle peut désormais être prise en charge jusqu’à 100% par l’État, mais, en plus, cette évolution leur offre la possibilité de se mettre en conformité avec leurs obligations légales en matière de formation.

En cas de crise, des budgets formation verrouillés

Garantir l’adaptation des salariés à l’évolution de leur poste de travail et/ou de leur fonction est une contrainte légale dont doivent s’acquitter tous les employeurs. De nombreux dispositifs existent aujourd’hui pour favoriser et encourager cette démarche. Dans le cas où l’entreprise faillirait à cette obligation, l’employeur ne pourrait, par exemple, pas licencier légitimement un salarié sous prétexte d’un défaut de compétences, voire même, il devrait l’indemniser s’il décidait de mettre fin à son contrat de travail pour ce motif.

Malheureusement, bien souvent, le budget formation sert de variable d’ajustement en cas de crise et c’est bien ce que redoute aujourd’hui le gouvernement. Une raison qui justifie en partie sa décision d’étendre son dispositif de soutien FNE-Formation. D’autant que la digitalisation de l’économie nécessite plus que jamais de faire évoluer les compétences et qualifications de ses employés pour les maintenir à jour : un enjeu clé pour la performance de l’entreprise, surtout en ces temps difficiles.

Se mettre en conformité avec la loi tout en gagnant en performance

La possibilité offerte par l’État de cumuler chômage partiel et prise en charge des formations est donc une aubaine à ne surtout pas laisser passer. D’un côté, ce financement va permettre au collaborateur, privé d’activité, de mettre ce temps libre à profit pour monter en compétences et/ou renforcer son expertise dans un domaine stratégique pour son entreprise. De l’autre côté, l’employeur est doublement gagnant : non seulement il va ainsi disposer d’un salarié plus compétent sans rien débourser, mais, en plus, il va pouvoir se conformer à ses obligations légales en matière de formation.

Toutefois, cette opportunité doit être saisie sans tergiverser. En effet, cette possibilité de cumuler activité partielle et financement total des formations jusqu’à 1 500€ sans justification est autorisée jusqu’au 31 décembre 2020. Surtout, dès la fin du mois de septembre, une diminution de la prise en charge des frais pédagogiques de 20 à 30% pourrait être annoncée.

Bien choisir son organisme pour optimiser son temps de formation

Compte tenu de la situation sanitaire actuelle, seules les formations à distance et encadrées par des intervenants sont éligibles au dispositif FNE-Formation. Avant de se décider pour un organisme, l’employeur devra s’assurer que celui-ci est déclaré à la préfecture. Autre conseil : privilégier les organismes ayant reçu la certification nationale QUALIOPI, un référentiel exigeant qui atteste de la conformité qualité des organismes. Enfin, il est recommandé d’opter pour des offres certifiantes, enregistrées dans les répertoires de la formation professionnelle. Du point de vue de l’employeur, cela permet de garantir que la démarche pédagogique a été construite autour d’un référentiel validé par France Compétences, l’organisme d’État qui étudie les demandes d’enregistrement de certifications professionnelles. Quant aux salariés, ils peuvent ainsi mieux la valoriser sur leur CV : il est toujours plus pertinent d’afficher une certification professionnelle reconnue plutôt que d’indiquer simplement que l’on a suivi une formation.

Enfin, attention aux arnaques qui se multiplient actuellement autour du FNE-Formation, avec des démarchages d’organismes peu scrupuleux qui prétendent que les salariés bénéficiaires de l’activité partielle ont obligation de se former aux règles d’hygiènes et de sécurité liées à la Covid-19. Un employeur averti en vaut toujours deux !

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