Grant Thornton France, groupe d’audit et de conseil, publie les
résultats de son 159ème Baromètre de la confiance des PME-ETI. Cette étude a
été réalisée du 16 septembre au
2 octobre 2026, auprès de 220 dirigeants
d’entreprises dont le chiffre d’affaires est supérieur à
20 millions d’euros,
par l’Institut OpinionWay, en partenariat avec le magazine Challenges.
Selon Adam Nicol, Président de Grant Thornton : « Le baromètre d'octobre confirme ce que nous pressentions le mois
dernier : le rebond de confiance observé à la rentrée était réel, mais il
reposait sur des fondations fragiles. Les incertitudes géopolitiques
persistent, les débats budgétaires alimentent l'attentisme et la visibilité
reste insuffisante pour se projeter sereinement à moyen et long terme.
A faible visibilité, le décrochage est quasi-inévitable.
Les chefs
d'entreprise continuent de faire davantage confiance à leur propre entreprise
qu'à l'économie française ou mondiale. Mais cette confiance s'accompagne
désormais d'une prudence accrue : les investissements sont réévalués, les
priorités se recentrent sur les marges et la trésorerie, et le marché de
l'emploi reste dans le rouge pour le deuxième mois consécutif.
Ce baromètre dessine le portrait de dirigeants qui ne renoncent pas,
mais qui avancent avec retenue. Dans un contexte où 43 % des ETI ont déjà revu
leurs projets d'investissement, la stabilité et la lisibilité des règles du jeu
deviennent des conditions essentielles pour transformer la résilience des
entreprises en dynamique de croissance pérenne. »
A retenir
→ Confiance entreprise : 65 % (-11 pts
vs septembre) — la confiance retombe à son niveau d'avant l'été et s'érode dans
tous les secteurs, à l'exception des services.
→ Emploi : le principal signal
d'alerte de septembre se confirme : pour le deuxième mois consécutif, les
intentions de réduction d'effectifs dépassent les intentions d'embauche.
→ Économie française : 15 % (-13 pts) — les
dirigeants renouent avec une défiance à l'égard des perspectives nationales.
→ Économie mondiale : 23 % (-5 pts) — la
confiance se stabilise à un niveau faible.
→ Projection des ETI : 43 % des dirigeants
déclarent avoir modifié leurs projets d'investissement en raison du contexte
actuel.
La confiance dans leur propre entreprise retombe à son niveau
d'avant-rentrée
Après le rebond observé en septembre, la confiance des dirigeants dans
les perspectives de leur propre entreprise s'essouffle nettement. Alors que 76
% d'entre eux se déclaraient confiants à la rentrée, ils ne sont plus que 65 %
en octobre, soit une baisse de 11 points en un mois.
Ce recul efface l'embellie de septembre et ramène l'indicateur à un
niveau proche de celui observé
avant l'été.
Signal avant-coureur : la progression
observée restait inférieure à celle des trois dernières rentrées à la même
période (85 % en 2025, 93 % en 2024 et 88 % en 2023), témoignant des
incertitudes économiques et budgétaires, notamment autour du projet de loi de
finances, qui continuent de peser sur les anticipations des dirigeants.
Une confiance qui s’érode dans tous les secteurs, à l’exception des
services
Le recul est particulièrement marqué dans l'industrie-construction, où
la part de dirigeants confiants chute de 74 % à 61 % (-13 points), tandis que
le niveau d'inquiétude progresse fortement, passant de 26 %
à 39 %.
Le commerce enregistre une évolution similaire : après avoir atteint un
niveau élevé de confiance en septembre (80 %), l'indicateur recule de 13 points
pour s'établir à 67 %.
À l'inverse, les services font preuve d'une plus grande résilience. Avec
71 % de dirigeants confiants, le secteur affiche une quasi-stabilité par
rapport à septembre (-1 point).
L'économie française : un net décrochage
La parenthèse d'optimisme de septembre se referme rapidement. La
confiance dans l'économie française recule de 13 points en octobre, à 15 %,
alors que plus de 70 % des dirigeants demeuraient encore défiants malgré le
léger regain observé à la rentrée.
85% des dirigeants se déclarent désormais défiants à l’égard des
perspectives nationales, dont 22%,
« pas du tout confiants », en hausse de 9
points par rapport à septembre.
Les motifs d'inquiétude se multiplient : débats autour du budget 2027,
tensions sur les finances publiques, hausse des taux d'emprunt, croissance
atone et mouvements sociaux dessinent un environnement jugé de plus en plus
incertain.
Dans l'ensemble des secteurs, la confiance des patrons dans leur propre
entreprise reste nettement supérieure à celle accordée à l'économie française.
L'écart est particulièrement marqué dans les services (71 % contre 13 %), mais
se retrouve également dans le commerce (67 % contre 16 %) et dans
l'industrie-construction (61 % contre 17 %).
L'emploi reste dans le rouge
Le passage dans le rouge du marché de l'emploi constituait l'un des
principaux signaux d'alerte de la vague de septembre. Un mois plus tard, ce
signal se confirme.
Après avoir basculé en territoire négatif pour la première fois depuis
novembre 2020 (-3 points en septembre), le solde d'emploi demeure dans le rouge
en octobre, à -2 points.
13 % des dirigeants anticipent une réduction de leurs effectifs, contre
11 % seulement qui prévoient de recruter au cours des prochains mois.
Cette deuxième vague s'inscrit dans un contexte de vigilance croissante.
Dès juin, l'Insee faisait état d'un climat de l'emploi particulièrement
dégradé, à son plus bas niveau depuis 2013 hors période de crise sanitaire.
Aujourd'hui, les entreprises continuent d'aborder leurs décisions de
recrutement avec prudence.
La confiance mondiale : ni rechute, ni rebond
Après le rebond observé à la rentrée (+6 points par rapport à juin), la
confiance des dirigeants dans les perspectives de l'économie mondiale recule
légèrement en octobre, passant de 28 % à 23 % (-5 points). Elle retrouve ainsi
un niveau proche de celui mesuré en juin (22 %).
Les dirigeants continuent d'évoluer dans un environnement international
marqué par de nombreuses zones d'incertitude : tensions géopolitiques
persistantes, notamment au Moyen-Orient, conséquences du choc énergétique sur
l'activité, volatilité des marchés et perspectives de croissance toujours
limitées.
Les chefs d'entreprise semblent avoir intégré un environnement mondial
durablement incertain, sans pour autant anticiper une dégradation
supplémentaire significative de la situation.
Le retournement est particulièrement brutal dans les services : la
confiance dans l'économie mondiale chute de 35 % à 11 % en un mois, soit une
baisse de 24 points.
Projections des ETI : elles gardent le pied sur le frein
Les dirigeants d'ETI peinent à se projeter. Seuls 54 % estiment disposer
d'une bonne visibilité pour piloter leur activité au cours des douze prochains
mois, dont seulement 4 % qui jugent cette visibilité très bonne. À l'inverse,
46 % déclarent manquer de visibilité, dont 9 % de façon très marquée.
Cette difficulté à anticiper a des conséquences concrètes sur les
décisions des entreprises.
43 % des dirigeants déclarent avoir modifié leurs projets
d'investissement en raison du contexte actuel, et 38 % les ont reportés ou
réduits. Si 57 % maintiennent leurs investissements, seuls 5 % choisissent de
les accélérer.
L'international et l'instabilité nationale dominent les inquiétudes
Des inquiétudes avant tout d'ordre macroéconomique et géopolitique : 78
% citent le contexte économique international et 70 % les tensions
géopolitiques parmi les principaux facteurs susceptibles d'influencer leurs
décisions stratégiques d'ici la fin de l'année.
Les facteurs nationaux arrivent juste derrière : 63 % citent l'instabilité budgétaire ou fiscale et
62 % l'instabilité politique en France.
D'autres sujets gagnent également en importance. La pénurie de
compétences est désormais mentionnée par 45 % des dirigeants (+26 points par
rapport à 2025), tandis que les cyberattaques progressent fortement parmi les
préoccupations citées (43 %, +38 points). Enfin, l'accélération des
transformations technologiques et de l'intelligence artificielle fait son
entrée dans le classement, citée par 31 % des répondants.
Préserver l'existant plutôt qu'accélérer
La photographie qui se dessine est celle de dirigeants privilégiant la
solidité financière de leur entreprise plutôt que les stratégies offensives de
développement.
L'amélioration de la rentabilité et la préservation des marges arrivent
largement en tête des priorités pour les douze prochains mois (37 %), devant la
préservation de la trésorerie et de la capacité d'investissement (24 %).
À l'inverse, les leviers de croissance apparaissent nettement en retrait. Seuls 13 % placent l'accélération de la croissance commerciale parmi leurs priorités, tandis que 8 % seulement citent l'investissement dans l'innovation et l'IA ou encore le recrutement et le développement des compétences. Le développement international et la croissance externe n'apparaissent prioritaires que pour 2 % des dirigeants.


