La 12e édition du Global CEO Outlook de KPMG, réalisée auprès de 1 400 dirigeants dans le monde, révèle comment les entreprises se préparent à un environnement toujours plus volatil et imprévisible.
Principaux enseignements
·
À l’échelle mondiale, 31 % des dirigeants
citent les risques liés à la cybersécurité et à la sécurité des données comme
principale menace pour la croissance, devant l’incertitude économique mondiale
(28 %) et l’instabilité géopolitique et les pressions réglementaires (26 %).
Parallèlement, 45 % déclarent avoir accru leurs investissements dans la
cybersécurité et la résilience numérique ;
·
En France, la cybersécurité occupe le
deuxième rang des menaces pesant sur la croissance des entreprises (28 %),
juste derrière l’incertitude économique mondiale (29 %) et devant la résilience
des chaînes d’approvisionnement (25 %) ;
·
Les dirigeants français affichent une
confiance plus mesurée dans les perspectives de leur entreprise (72 %, pour 84
% à l’échelle mondiale), mais maintiennent leurs ambitions de croissance : ils
anticipent une progression annuelle moyenne de leurs résultats de 3,4 %, proche
des 3,6 % attendus dans le monde ;
·
L’intelligence artificielle reste une
priorité d’investissement pour 79 % des dirigeants dans le monde. En France,
cette proportion atteint 72 %, en hausse de 12 points sur un an. Près des trois
quarts des dirigeants français (74 %) prévoient d’y consacrer plus de 10 % de
leur budget d’investissement au cours des douze prochains mois ;
·
Les engagements durables se maintiennent :
47 % des dirigeants français ont renforcé leur intégration à la stratégie de
leur entreprise, une proportion qui atteint 63 % dans le monde. En France, 74 %
tiennent compte du coût et du retour sur investissement de leurs initiatives
dans leurs arbitrages.
Face à la convergence des cybermenaces, des incertitudes
économiques, des tensions géopolitiques et des pressions réglementaires, les
dirigeants d’entreprise du monde entier renforcent la résilience de leurs
organisations. C’est ce que révèle l’édition 2026 du Global CEO Outlook
de KPMG.
Réalisée auprès de 1 400 dirigeants, l’étude montre que 31
% d’entre eux considèrent les risques liés à la cybersécurité et à la sécurité
des données comme la principale menace pesant sur la croissance de leur
entreprise au cours des trois prochaines années. Viennent ensuite les
incertitudes économiques mondiales (28 %), puis l’instabilité géopolitique et
les pressions réglementaires (26 %).
Pour y faire face, les dirigeants orientent leurs
investissements vers la maîtrise des risques sur lesquels ils peuvent agir.
Ainsi, près de la moitié d’entre eux (45 %) déclarent avoir augmenté leurs
investissements dans la cybersécurité et la résilience face aux risques
numériques.
En France, la cybersécurité occupe le deuxième rang des
menaces pesant sur la croissance des entreprises (28 %), juste derrière
l’incertitude économique mondiale (29 %). La vigilance des dirigeants français
est particulièrement élevée : 99 % se disent préoccupés par l’usurpation
d’identité et la confidentialité des données, 93 % par leur vulnérabilité aux
cyberattaques et 92 % par la détection et la prévention de la fraude.
Cette préoccupation se traduit dans leurs décisions : 35 %
ont renforcé les moyens consacrés à la cybersécurité et à la protection contre
les risques numériques. La cybersécurité dépasse ainsi la seule protection des
systèmes d’information pour devenir un enjeu de confiance, de résilience et de
continuité de l’activité.
Une confiance plus mesurée, sans renoncer aux
ambitions de croissance
Les dirigeants français abordent les trois prochaines
années avec davantage de prudence que leurs homologues internationaux, sans
pour autant renoncer à leurs perspectives de développement. En France, 72 % se
déclarent confiants dans l’avenir de leur propre entreprise, un niveau
inférieur aux
84 % observés à l’échelle mondiale. Leur confiance dans les
perspectives de l’économie mondiale s’établit en revanche au même niveau que
dans le reste du monde, à 65 %, en recul de 8 points sur
1 an pour les dirigeants
français.
Cette réserve ne remet pas en cause leurs ambitions. Près
de sept dirigeants français sur dix (69 %) anticipent une croissance annuelle
de leurs résultats d’au moins 2,5 % au cours des trois prochaines années. La
croissance moyenne attendue atteint 3,4 % en France, après 3,2 % en 2025, et
reste proche de la moyenne mondiale de 3,6 %.
Les choix deviennent plus sélectifs. Alors que 71 % des
dirigeants français ressentent une pression accrue pour assurer le succès à
long terme de leur entreprise, 36 % envisagent des opérations de croissance
externe d’envergure au cours des trois prochaines années, soit 8 points de
moins qu’en 2025. Plus de la moitié privilégient des acquisitions plus ciblées,
une proportion qui s’établissait à 41 % l’an dernier.
La capacité à décider rapidement prend une importance
croissante. À l’échelle mondiale, 47 % des dirigeants placent l’agilité et la
prise de décision sous pression parmi les compétences de leadership
indispensables. La capacité d’anticipation stratégique et de planification de
scénarios est citée par
44 % d’entre eux, soit deux fois plus qu’en 2025 (22
%).
L’intelligence artificielle passe de l’adoption
à la création de valeur
Malgré les incertitudes économiques, l’intelligence
artificielle demeure au cœur des stratégies d’investissement. Dans le monde, 79
% des dirigeants en font une priorité pour les trois prochaines années, soit 8
points de plus qu’en 2025. En France, cette proportion atteint 72 %, après 60 %
l’année précédente. La progression est donc plus rapide dans l’Hexagone, même
si le niveau demeure inférieur à la moyenne mondiale.
Cette accélération s’accompagne d’investissements
significatifs et d’attentes plus exigeantes en matière de résultats. En France,
74 % des dirigeants prévoient de consacrer plus de 10 % de leur budget
d’investissement à l’IA au cours des douze prochains mois, une proportion
légèrement supérieure à la moyenne mondiale de 72 %. Ils sont 67 % à anticiper
un retour sur investissement dans un délai d’un à trois ans, une perspective
partagée par 71 % de leurs homologues internationaux.
La maîtrise des risques conditionne le passage à l’échelle.
Les enjeux éthiques¹ liés à l’IA sont jugés difficiles à gérer par 69 % des
dirigeants français, tandis que 57 % des dirigeants dans le monde les citent
comme principal obstacle à son déploiement. Par ailleurs, 64 % des dirigeants
français accordent une attention accrue à la gouvernance et au contrôle des
données dans un contexte de souveraineté numérique, un niveau supérieur aux 59
% observés à l’échelle mondiale.
Le développement de l’intelligence artificielle renforce
également les besoins de compétences. Leur insuffisance constitue le premier
défi des entreprises en matière de ressources humaines pour 61 % des dirigeants
français et 56 % de leurs homologues internationaux. En France, 57 % placent
également la formation des collaborateurs aux outils d’IA parmi leurs
principales préoccupations.
La durabilité s’inscrit dans les arbitrages
économiques
Les engagements en matière de développement durable
demeurent, mais leur contribution à la performance est davantage examinée. Dans
le monde, 63 % des dirigeants déclarent avoir renforcé l’intégration de ces
enjeux au cœur de leur stratégie. En France, cette proportion s’établit à 47 %.
Aucun des dirigeants français interrogés ne déclare toutefois avoir réduit ses
efforts ou dépriorisé le développement durable.
La France se distingue même par une volonté plus marquée de
diffuser ces initiatives dans l’ensemble de l’organisation : 29 % des
dirigeants français privilégient cette orientation, soit plus du double des
14
% observés à l’échelle mondiale. Plus largement, 79 % considèrent le
développement durable comme pleinement intégré à leur entreprise et essentiel à
sa réussite à long terme, après 71 % en 2025.
Cette continuité s’accompagne d’une attention accrue à la
mesure des résultats. Près des trois quarts des dirigeants français (74 %)
prennent en compte le coût et le retour sur investissement potentiel de leurs
initiatives lorsqu’ils arbitrent leurs projets. Par ailleurs, 64 % se disent
confiants dans leur capacité à atteindre leurs objectifs de neutralité carbone
d’ici 2030, soit exactement la même proportion qu’à l’échelle mondiale.
L’essor de l’intelligence artificielle ajoute une nouvelle
dimension à ces arbitrages. En France, 95 % des dirigeants se préoccupent de
son impact énergétique et environnemental, mais 81 % considèrent qu’elle peut
aussi contribuer à réduire les émissions et à améliorer l’efficacité
énergétique. La recherche de valeur s’étend ainsi aux effets économiques et
environnementaux des transformations engagées.
Selon Marie Guillemot, Présidente du Directoire
de KPMG en France : « Cette nouvelle édition démontre que, face
à l’incertitude, les dirigeants ne renoncent ni à leurs ambitions ni à préparer
l’avenir. Ils continuent d’investir dans leurs priorités stratégiques, de
l’intelligence artificielle à la cybersécurité et à la durabilité, mais avec
une exigence accrue de résultats. La capacité à renforcer la
robustesse de leurs entreprises face aux risques est désormais l’enjeu
principal. »
Mathieu Wallich-Petit, Associé, membre du Comité exécutif, Head of Client & Markets de KPMG en France, conclut : « Les dirigeants français maintiennent leurs ambitions de croissance malgré l’incertitude, mais font preuve d’une plus grande sélectivité dans leurs décisions. Ils privilégient des investissements mieux ciblés, des opérations de croissance externe plus mesurées et attendent des résultats concrets de leurs transformations. Cette sélectivité traduit une attention accrue à la performance et à la création de valeur sur le long terme. »


