Rapport Price Shocks.
Du riz, des œufs, du poulet, du lait, de l’huile… Dans son rapport Price Shocks 2026,
World Vision a calculé le temps de travail nécessaire pour acheter dix produits alimentaires
de base dans 62 pays.
En France, il faut 2,7 heures, en République centrafricaine, 30 journées de travail, soit près de
241
heures : plus de 30 fois le revenu quotidien moyen. Derrière cet écart, des
enfants dont l’alimentation, la santé et l’avenir se jouent dans l’assiette.
Une fracture
alimentaire mondiale
Pour la cinquième
année, World Vision compare le coût d’un panier alimentaire standard au revenu
moyen de chaque pays. Le résultat est une mesure très concrète des inégalités
mondiales :
• 1,2 heure de travail en Irlande, aux États-Unis
ou au Royaume-Uni ;
• 2,7 heures en France, soit à peine plus d’un tiers
de journée ;
• 14,5 jours en République démocratique du Congo ;
• 30 jours en République centrafricaine, près de
90 fois plus de temps qu’en France.
Onze pays, dont la RDC
et la Centrafrique, exigent plus d’une semaine de travail pour acheter ce
panier alimentaire. Neuf d’entre eux sont situés en Afrique subsaharienne. Sur
les 47 pays pour lesquels une comparaison est possible entre 2024 et 2026, le coût
du panier a augmenté dans 33 et baissé dans 14, les hausses étant bien
supérieures aux baisses.
« Ce n’est plus
occasionnel : c’est devenu notre quotidien »
Derrière ces chiffres,
des choix quotidiens. « Il y a des jours où mes enfants mangent du riz avec
juste de l’huile et du sel. Ce n’est plus occasionnel : c’est devenu notre
quotidien », témoigne Khin, mère de huit enfants dans la région de
Yangon, en Birmanie. Elle gagne sa vie en repassant et en lavant le linge
d’autres familles. Entre conflits, difficultés économiques et déplacements, ses
revenus ne suffisent plus à acheter le poulet ou le poisson que ses enfants
mangeaient régulièrement auparavant. Elle cherche désormais les ingrédients les
moins chers.
Les enfants paient le
prix le plus lourd
Quand les prix montent,
les familles réduisent les portions, achètent moins nutritif, s’endettent,
vendent leurs biens ou rognent sur la santé et l’éducation. Les conséquences
sont immédiates et durables : en 2025, 35,5 millions d’enfants étaient en malnutrition
aiguë dans le monde, dont près de 10 millions sous sa forme sévère. La
malnutrition peut entraver le développement physique et cognitif, affaiblir
l’immunité et accroître le risque de décès. Ses effets ne sont pas toujours
réversibles.
Conflits, déplacements,
crises économiques et dérèglement climatique aggravent la situation en
désorganisant les moyens de subsistance, les marchés et les chaînes
d’approvisionnement. Si les moyennes mondiales s’améliorent, elles masquent des
écarts considérables.
Ce que demande World
Vision
L’ONG appelle les
gouvernements, les bailleurs, les entreprises et les institutions
internationales à faire de l’accessibilité alimentaire et de l’accès des
enfants à une alimentation nutritive une priorité :
• protéger les enfants pendant les crises, notamment par des
cantines scolaires et une protection sociale renforcées ;
• investir dans des systèmes alimentaires
locaux résilients
et dans la protection sociale ;
• inverser les coupes dans le financement
humanitaire et du développement
• s’attaquer aux causes structurelles : conflits, climat, commerce, dette, systèmes financiers et concentration du pouvoir sur les marchés alimentaires.


