Le rapport Executive Compensation in 2026 de Diligent Market
Intelligence analyse la hausse des rémunérations en Europe et aux États-Unis,
le coût des successions à la tête des entreprises et la vigilance des
investisseurs.
La rémunération médiane attribuée aux dirigeants des entreprises du CAC
40 a augmenté de près de
14 % en 2025, pour atteindre 6,8 millions d’euros,
selon le rapport Executive Compensation in 2026 de Diligent Market
Intelligence. En Allemagne, elle s’établit au même niveau pour les entreprises
du DAX, après une hausse plus modérée de 2 %.
Ces évolutions placent les conseils d’administration face à des
arbitrages de plus en plus sensibles : attirer et fidéliser des dirigeants très
recherchés, maîtriser le coût des successions et démontrer aux investisseurs le
lien entre rémunération, performance et création de valeur à long terme.
Des rémunérations en hausse des deux côtés de l’Atlantique
Au Royaume-Uni, la rémunération
médiane attribuée aux dirigeants du FTSE 100 progresse de 16 %, à 6,1 millions
de livres sterling. Dans un contexte de concurrence pour retenir les
dirigeants, les conseils d’administration britanniques assouplissent les
structures de rémunération tout en maintenant leurs principaux garde-fous. Les
dispositifs d’intéressement à long terme représentent ainsi plus de 54 % de la
rémunération médiane attribuée en 2025, contre 52 % en 2024.
Aux États-Unis, la rémunération
médiane attribuée aux dirigeants du S&P 500 augmente de plus de 8% en
2025, à 18,2 millions de dollars. Celle des dirigeants du Russell 3000
progresse de plus de 2 %, pour atteindre 7,4 millions de dollars.
Selon Josh Black, Editor-in-Chief of Diligent Market Intelligence : « Cette hausse a été portée par les rémunérations en actions liées à la
performance et les attributions d’actions, alors que le S&P 500 et le
Russell 3000 ont tous deux enregistré de solides rendements totaux pour les
actionnaires.
Les conseils d’administration considèrent aussi de plus en plus
les dirigeants comme un vivier mondial de talents rares ».
Aux États-Unis les changements de dirigeants renchérissent le coût des
successions
Les primes de bienvenue versées en numéraire aux nouveaux dirigeants du S&P 500 ont atteint en 2025 leur plus haut niveau depuis six ans : 3,7 millions de dollars en moyenne, contre 3 millions en 2024 et
2,4 millions en
2023. Les indemnités de départ ont elles aussi augmenté, pour s’établir à 6,8
millions de dollars en moyenne en 2025.
Cette hausse des coûts accompagne l’accélération du renouvellement des dirigeants.
Près de 40 dirigeants du S&P 500 avaient quitté leurs fonctions à fin juin 2026. En 2025, 67 changements avaient été recensés, soit 29 % de plus qu’en 2023.
Les comités des rémunérations sous le regard des investisseurs
Selon le rapport, la réforme des obligations de transparence sur les
rémunérations proposée par la Securities and Exchange Commission (SEC), le
régulateur américain des marchés financiers, pourrait, si elle était adoptée,
supprimer pour 80 % des sociétés cotées l’obligation d’organiser un vote des
actionnaires sur la rémunération des dirigeants, dit « say on pay ». Les
comités des rémunérations pourraient alors devenir un point de cristallisation
plus important du mécontentement des investisseurs.
Au premier semestre 2026, le soutien moyen des actionnaires aux
administrateurs du S&P 500 est resté stable, à 96 %. Les présidents des
comités des rémunérations ont toutefois recueilli un soutien inférieur, à un
peu plus de 94 %, contre près de 96 % pour les membres de ces comités.
Les résolutions « say on pay » du S&P 500 ont obtenu un soutien moyen supérieur à 90 % au premier semestre 2026, contre près de 90 % sur l’ensemble de l’année 2025. Cette large approbation contraste avec une opposition croissante aux « parachutes dorés » : le soutien aux propositions correspondantes est passé de 84 % au premier semestre 2025 à 77 % au premier semestre 2026.


