La
montée en puissance des dépenses européennes de défense commence à redessiner
la carte industrielle du continent et avec elle les besoins en immobilier.
Selon la nouvelle étude de Cushman & Wakefield, « Future Flows : Global
Dynamics & European Industrial Real Estate », la France se situe en
3ème position, et génère une nouvelle demande pour l’immobilier industriel.
Le rapport recense 197 ouvertures et annonces d’investissements dans des
sites de production de défense en Europe depuis le début de 2024. Le
Royaume-Uni arrive en tête avec 34 investissements, devant l’Allemagne (27) et
la France (26).
La France, troisième marché européen
La France se distingue par un profil industriel porté principalement par
l’aéronautique et le naval, auxquels s’ajoutent les systèmes et composants et
l’artillerie et les munitions.
Les carnets de commandes des grands groupes français – Dassault
Aviation, Thales, Naval Group, MBDA, KNDS ou Airbus Defence & Space – ont
fortement progressé depuis 2022. Dans un écosystème français concentré autour
des grands maîtres d’œuvre et fournisseurs de rang 1, la diffusion de cette
demande vers les PME de la filière pourrait constituer le prochain relais de
croissance pour l’immobilier industriel.
La demande porte notamment sur des bâtiments modernes, flexibles et
performants sur le plan environnemental, avec un besoin fréquent compris entre
10 000 et 25 000 m². Cette évolution crée également des opportunités de
repositionnement pour des actifs industriels existants.

Florian Moreau, Head of Logistics Agency France, Cushman &
Wakefield, déclare : « La France cumule des
atouts sur ce marché : une base industrielle de défense de premier plan et des
pôles logistiques matures. Le défi pour les propriétaires et les promoteurs est
désormais de proposer, dans des délais compatibles avec ceux des utilisateurs,
des bâtiments de 10 000 à 25 000 m² adaptables, qu’il s’agisse de surfaces
neuves ou d’actifs existants à repositionner. »
Près de 200 investissements en Europe depuis 2024
Sur les 197 investissements recensés, 54 % concernent de nouveaux sites,
dont 36 % en construction neuve et 18 % via l’acquisition, la location ou la
reconversion de bâtiments existants. Les 46 % restants correspondent à
l’extension de sites déjà opérationnels.
Derrière le trio de tête formé par le Royaume-Uni, l’Allemagne et la
France, on retrouve l’Espagne, l’Italie, la Suède, la Turquie, la Belgique et
les Pays-Bas qui figurent parmi les principaux marchés concernés. La Pologne et
plus largement l’Europe centrale et orientale s’imposent notamment pour les
investissements liés à l’artillerie et aux munitions.
Par ailleurs, les instruments européens (Security Action For Europe et
ses 150 milliards d’euros de prêts, European Defence Industry Programme, Act in
Support of Ammunition Production) et les objectifs d’achat « made in Europe »
(50 % des équipements d’ici 2030, 60 % d’ici 2035) incitent fortement les
industriels à produire sur le continent.
Tim Crighton, Head of EMEA Logistics & Industrial chez Cushman & Wakefield, poursuit :
« Une part
significative de la demande peut être satisfaite par le parc industriel
classique. Cela crée des opportunités pour le développement de nouveaux projets
comme pour le repositionnement d’actifs existants. La prochaine phase de
croissance devrait également faire émerger une demande pour des bâtiments
industriels plus petits et plus flexibles, au fur et à mesure de l’évolution
des chaînes d’approvisionnement. »
Alors que les dépenses de défense de l’Union européenne devraient passer de 419 milliards d’euros en 2025 à 547 milliards d’euros en 2029, Cushman & Wakefield estime que la demande de surfaces industrielles et de production liée à la défense devrait rester un moteur structurel du marché européen de l’immobilier industriel et logistique.


