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[Expertises] Le nécessaire renforcement de l’accompagnement du travailleur indépendant dans le choix de la forme juridique de son entreprise

Le Conseil de la Protection Sociale des Travailleurs Indépendants (CPSTI) présente les premiers résultats d’une étude menée par le Crédoc en coordination avec l’Urssaf Caisse nationale (Observatoire Statistique des Indépendants) concernant « l’attractivité des formes juridiques de travail indépendant. »

Menée auprès de 2 770 entrepreneurs actifs, celle-ci met en lumière des choix stratégiques circonstanciés mais notamment guidés par la simplicité. Les entrepreneurs expriment un important besoin de formation et d’accompagnement tout au long de la vie de l’entreprise.

A noter que la protection sociale constitue davantage un enjeu d’évolution du statut que de choix originel de celui-ci.

 

Des choix de statuts juridiques complexes et circonstanciés, guidés notamment par la recherche de la simplicité

 

Un entrepreneur sur trois dit avoir connu des difficultés pour créer son entreprise (dont 39 % des travailleurs indépendants « classiques », tandis que deux tiers des auto-entrepreneurs répondent ne pas avoir rencontré de difficultés particulières pour créer leur entreprise).

 

Toutefois, il convient de préciser que les critères de choix varient assez sensiblement selon le profil des cotisants. Ainsi, l’étude montre que pour 44 % des sondés, la simplicité de la forme juridique est le premier motif de choix, puis viennent des critères financiers comme l’optimisation des revenus (28%), le choix du régime de protection sociale (27 %) ou encore celui du taux d’imposition (26 %). A noter

que pour les auto-entrepreneurs, la simplicité de la forme juridique constitue de loin le principal motif de choix (77 %).

 

Lorsqu’il s’agit de générer un revenu principal (parfois dans l’urgence), le choix de la forme juridique du projet entrepreneurial est souvent contraint ou réalisé par défaut. Dans d’autres cas, l’entrepreneur cherche à sécuriser financièrement un projet tout en préservant son patrimoine personnel. Enfin, une autre perspective réside dans la transition vers la retraite et son optimisation.

 

Se former et être accompagné : des leviers essentiels pour les chefs d’entreprise

 

Selon cette étude, les chefs d’entreprise considèrent qu’ils sont rarement formés lors de la création de leur d’entreprise. En effet, trois quarts n’ont pas suivi de formation à la création d’entreprise et aux choix de la forme juridique. Cette proportion varie peu selon le statut de l’entrepreneur, de même que selon la forme juridique de l’entreprise.

 

A ce constat, se rajoutent de fortes inégalités de formation, de parcours et d’expériences socio-professionnelles qui sont mises en évidence par l’étude, ainsi qu’une opacité ressentie de l’information et de l’écosystème. Ainsi, 47% des répondants ont créé leur activité sans l’aide significative d’un professionnel.

 

En l’espèce, l’enjeu consiste à transformer l’information disponible en décision pertinente et praticable, y compris pour les profils les plus dotés en information.


L’étude souligne que près d’un répondant sur deux n’a envisagé qu’une seule forme juridique lors de la création de son activité (72% parmi les auto-entrepreneurs et 41% parmi les assimilés salariés, de surcroît, 5% n’en connaissaient pas d’autres dont 9% parmi les auto-entrepreneurs).

 

Face à la complexité du droit des sociétés, à la segmentation des régimes sociaux, au risque de responsabilité sur le patrimoine personnel, et à l’absence de formation, l’étude fait ressortir une forte asymétrie d’information et un besoin d’accompagnement des entrepreneurs tout au long de leur parcours.

  

La protection sociale, un critère qui gagne en importance au fil de l’activité

 

La protection sociale est rarement évoquée pour justifier le choix originel du statut juridique. Elle est pourtant reconnue comme importante, mais repoussée dans le temps en raison de son coût (enjeux souvent perçus comme secondaire au regard de la viabilité de l’entreprise et de la situation familiale). Toutefois, le changement de régime de protection sociale est le deuxième motif qui inciterait à un changement de forme juridique (26 %), tout juste derrière le changement du régime d’imposition (29%).

 

Valérie Copin, Présidente de la Commission de la règlementation et de la prospective du CPSTI, considère « qu’en matière d’accompagnement du chef d’entreprise, le statu quo est impossible ! Plus particulièrement, le créateur d’entreprise doit bénéficier d’une information complète lui permettant de comprendre l’enjeu social de son choix de statut. »

 

Plus précisément, les entrepreneurs les plus attentifs à leur protection sociale sont ceux qui sont employeurs, qui sont ou ont été confrontés à des problèmes de santé et les entrepreneurs en fin de carrière.

 

Pour 77 % des sondés, la protection sociale obligatoire est considérée comme insuffisante pour couvrir les indépendants contre les aléas de l’activité (83 % pour les auto-entrepreneurs). A noter que 44 % des auto-entrepreneurs seraient ainsi prêts à payer des cotisations minimales pour améliorer leur couverture en cas d’incapacité de travail ou pour sécuriser leur retraite.

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