Baromètre de l’adoption de
l’IA chez les experts-comptables
Selon la nouvelle édition du baromètre du Groupe SVP sur l’adoption de l’IA par les décideurs, l'intelligence artificielle n'est plus un sujet d'expérimentation pour les experts-comptables.
En trois ans, elle s'est imposée dans leurs pratiques
professionnelles, avec des usages de plus en plus orientés vers la recherche,
l'analyse via notamment des outils spécialisés. Si la profession anticipe
désormais massivement son impact, un nouveau défi émerge : structurer les
usages pour transformer durablement les cabinets.
Chiffres clés (experts-comptables
ou cabinets ayant déjà recours à l'IA) :
• 90% des experts-comptables anticipent un
impact réel de l’IA sur leur profession.
• 60% des experts-comptables l'utilisent pour
faire des analyses contre 28% en 2024.
• 45% des experts-comptables ont déjà utilisé
une IA juridique, contre 33% en 2024.
• 54% des cabinets déclarent encore des
initiatives individuelles et non encadrées.
De l’expérimentation à
l’appropriation
L’IA n’est plus
considérée comme une technologie périphérique : parmi les experts-comptables
familiers de l'IA, 9 sur 10 anticipent désormais un impact réel de l'IA sur
leur profession, contre 7 décideurs sur 10 au global. La perception de cet
impact s’intensifie : 46 % d'entre eux estiment que l’IA aura un impact très
important sur leur secteur, contre 21 % en 2023. Cette proportion a donc plus
que doublé en trois ans.
Dans le même temps,
l’IA est largement perçue comme une opportunité : 82 % des experts-comptables
interrogés partagent cette vision. La technologie apparaît donc de plus en plus
comme un levier pour accompagner l’évolution de la profession, plutôt que comme
une simple rupture technologique.
Des usages qui
s'ancrent dans les pratiques professionnelles
Si les premiers usages
concernaient essentiellement la rédaction, les experts-comptables mobilisent
désormais l'IA sur des missions beaucoup plus proches de leur cœur de métier.
La recherche d’information est aujourd’hui mentionnée par 80 % des répondants.
Elle passe ainsi devant la rédaction (69 %).
On note de manière
parallèle une augmentation des tâches à plus forte valeur ajoutée. 60 %
l’utilisent pour faire des analyses, contre 28 % en 2024, soit plus du double
en deux ans. La génération de documents suit la même dynamique, passant de 22 %
à 43 % sur la période.
Les exemples recueillis
auprès des professionnels illustrent cette évolution : analyses financières et
techniques, analyses de documents juridiques, synthèses de textes
réglementaires, génération de contrats ou de clauses, automatisation
d’écritures comptables ou encore tenue comptable.
L’IA devient ainsi moins un outil de productivité ponctuel qu’un réel assistant dans certaines étapes du travail de l’expert-comptable.
L’IA juridique s'impose
comme un nouvel outil métier
Autre enseignement :
les experts-comptables s’approprient particulièrement les outils d’IA appliqués
au droit et à la réglementation. Parmi ceux ayant déjà utilisé une IA dans leur
activité, 45 % déclarent avoir utilisé une IA juridique, contre 33 % en 2025.
Cette progression
confirme que les experts-comptables ne recherchent plus seulement des IA
généralistes, mais des outils spécialisés capables de répondre aux exigences de
leurs métiers. Accéder plus rapidement à des sources fiables, actualisées et
pertinentes, notamment en matière de jurisprudence, de réglementation et de
droit social. Dans les entretiens, les professionnels évoquent des recherches
qui peuvent passer d’une trentaine de minutes à quelques minutes et une
capacité accrue à formuler des réponses pour leurs clients.
Après l'adoption, le
défi de la structuration
Cette maturité
croissante s’accompagne toutefois d’un paradoxe. Dans 54 % des cabinets
utilisant l’IA, les usages reposent encore sur des initiatives individuelles et
non encadrées. Seuls 21 % déclarent avoir mis en place un cadre visant les
utilisations individuelles. Parallèlement, 37 % des cabinets déclarent utiliser
l’IA pour accroître l’efficacité de certaines équipes, 21 % pour améliorer
l’expérience utilisateur et 27 % pour enrichir leur offre à destination des
clients ou usagers.
Ces résultats
traduisent une étape classique dans l'adoption d'une nouvelle technologie : les
usages individuels se développent souvent avant que les organisations ne les
structurent à l'échelle du cabinet. Les expérimentations menées par les
collaborateurs ouvrent progressivement la voie à la définition de règles
communes, de bonnes pratiques et d'un cadre d'utilisation partagé.
La profession semble donc entrer dans une nouvelle étape : l’enjeu n’est plus tant de savoir s’il faut utiliser l’IA, mais comment l’utiliser de manière sécurisée, collective et créatrice de valeur.
Une transformation du
métier plus qu’une simple automatisation
Au-delà des gains de
productivité, les entretiens menés auprès des experts-comptables font émerger
une transformation plus profonde de leur rôle. L’IA permet de prendre en charge
certaines tâches, mais elle pousse également les professionnels à développer
davantage le conseil, la valeur ajoutée et la relation humaine avec leurs
clients.
L’arrivée de l’IA ne
signifie donc pas seulement automatiser davantage : elle conduit les cabinets à
repenser la répartition entre production, expertise et accompagnement.
« En trois ans, nous avons observé une évolution très nette : les experts-comptables ne se demandent plus s'il faut utiliser l'IA, mais comment l'intégrer efficacement dans leurs pratiques. L'enjeu n'est plus l'accès à la technologie ; il est de développer les bons usages, de les sécuriser et d'en faire un levier au service du conseil et de la relation client. », précise Anne Feret, Directrice Générale Innovation et Opérations au sein du Groupe SVP.


