L'intelligence artificielle a transformé le voyage d'affaires en profondeur : elle est désormais aussi bien utilisée par les travel managers que par les voyageurs d'affaires eux-mêmes. Mais de nouvelles données issues du Global Business Travel Survey de SAP Concur révèlent l'ampleur d'un phénomène émergent : la fraude aux notes de frais assistée par intelligence artificielle.
Les résultats montrent que si l'IA facilite la falsification des justificatifs de voyage, elle constitue aussi le meilleur rempart pour la détecter et l'endiguer.
La fraude par IA, un
risque désormais pris au sérieux
Près d'un voyageur
d'affaires sur dix (8 %) reconnaît avoir déjà modifié ou falsifié un
justificatif de déplacement. Un chiffre qui inquiète en interne : deux tiers
des travel managers (65 %) jugent probable que des salariés utilisent l'IA pour
falsifier leurs frais, et six DAF sur dix (60 %) estiment que la fraude T&E
progresse au sein de leur organisation. Face à des outils génératifs toujours
plus sophistiqués, les contrôles manuels seuls ne suffisent plus. Repérer
visuellement des justificatifs falsifiés ou des lignes de dépense modifiées
devient de plus en plus difficile.
Trois leviers pour
contrer la fraude, grâce à l'IA
1. Détecter grâce à
l'IA
Les travel managers
doivent combattre la fraude par l'IA, en l'intégrant directement dans leurs
processus de détection. Quatre gestionnaires de déplacements sur dix (40 %)
attendent déjà de l'IA qu'elle vérifie l'exactitude des notes de frais. En
croisant les données de transaction, en repérant les doublons et en signalant
les anomalies avant validation, l'IA permet de fiabiliser l'audit dès la saisie
de la dépense. Les entreprises peuvent également renforcer leurs dispositifs
d'audit grâce à des contrôles natifs capables d'évaluer automatiquement les
dépenses et leurs justificatifs dès leur enregistrement.
2. Garder l'humain au
centre des décisions
Si l'IA renforce la robustesse et la scalabilité de la revue des notes de frais, les DAF restent prudents :
36 % d'entre eux craignent qu'une approbation entièrement
automatisée laisse passer davantage d'erreurs et de fraudes non détectées. La
solution privilégiée est un cadre hybride : approbation automatique des
demandes courantes à faible risque, arbitrage humain pour les cas particuliers,
les exceptions et les montants élevés.
3. Endiguer le
"shadow AI"
Les entreprises mettent
de plus en plus d'outils d'IA à la disposition de leurs employés : pour
modifier une réservation avant un déplacement (49 %), compléter une note de
frais après le voyage (43 %), ou encore planifier un itinéraire (38 %).
Pourtant, 72 % des voyageurs d'affaires se tournent malgré tout vers des outils
d'IA non validés par leur entreprise : 42 % faute d'efficacité des outils
internes, 30 % faute d'outils proposés du tout. Ces usages non contrôlés créent
un angle mort propice à la fraude. Orienter les collaborateurs vers des outils
validés par l'entreprise et dotés de mécanismes de contrôle intégrés permet
d'instaurer un cadre de conformité plus robuste et de limiter les risques de
fraude.
Pour éloigner les
collaborateurs des pratiques de "shadow AI", les entreprises ont
intérêt à aligner leurs choix d'outils sur les attentes réelles des salariés :
intégration à PowerPoint et Outlook (36 %), connexion à Slack et Zoom (33 %),
alertes push de rappel (31 %).
Le nouveau standard de
la gouvernance T&E
L'IA dans le voyage
d'affaires peut sembler une tendance récente, mais elle s'impose déjà dans les
pratiques professionnelles : 75 % des voyageurs d'affaires y ont recours pour
au moins un aspect de leurs déplacements. L'usage est désormais la norme, plus
l'exception.
Pour les organisations, l'enjeu n'est plus de choisir entre IA et vigilance humaine, mais de les articuler.
En combinant détection automatisée de la fraude, supervision humaine et outils sécurisés limitant le recours au shadow AI, elles peuvent protéger leurs budgets tout en offrant une meilleure expérience à leurs collaborateurs. La très grande majorité des salariés agissant de bonne foi, l'objectif est avant tout de sécuriser les processus sans entraver la productivité.


