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[Expertises] D’ici 2030, plus d’un consommateur sur dix utilisera régulièrement des agents IA pour faire ses achats et payer, selon Mastercard

Un nouveau rapport de Mastercard, via une étude menée dans 13 pays sur 26 000 personnes, et élaboré en partenariat avec quatre éminents futurologues internationaux, décrypte l’essor du commerce agentique et révèle que la nouvelle génération de consommateurs fait davantage confiance à l’IA qu’à ses amis ou parents.

 

Plus d’un acheteur en ligne sur dix pourrait utiliser régulièrement des agents d’intelligence artificielle pour effectuer ses achats à sa place d’ici 2030, selon le nouveau rapport de Mastercard “A Short History of the Future of Shopping and Payments”.

 

S’appuyant sur les recherches de Mastercard et sur les mises en perspective de Magnus Lindkvist, Patrick Dixon MBE, Katja Forbes et Theodora Lau, quatre éminents futurologues, le rapport décrypte ce que pourraient être les achats du quotidien à l’horizon 2030 avec 15 prédictions. Parmi les évolutions envisagées : des agents IA capables de négocier les prix, des montres et bagues connectées permettant de suivre la performance des produits après leur achat, ou encore des agents IA physiques entrant pour la première fois dans les magasins.


« Depuis soixante ans, Mastercard permet à chacun de payer et d’être payé de manière simple et sécurisée et cette mission prend tout son sens aujourd’hui, alors que nous vivons ce qui est sans doute la plus grande révolution du commerce depuis l’invention de la monnaie, déclare Barbara Sessa, Directrice Générale Mastercard France. L’intelligence artificielle joue un rôle croissant dans les décisions d’achat des consommateurs ; demain, elle pourrait également réaliser ces achats pour leur compte. Des technologies telles qu’Agent Pay façonnent un futur dans lequel les agents intelligents seront en mesure d’effectuer des transactions en toute confiance au nom de leurs utilisateurs. »

 

Les agents IA vont de plus en plus se généraliser

 

Ces prévisions réalisées par d’éminents futurologues sur l’avenir de l’IA et du commerce révèlent les changements auxquels chacun doit se préparer. Les produits d’épicerie, les médicaments et les abonnements devraient être les premières catégories d’achats quotidiens confiées aux agents IA.

 

Chez les adolescents français qui se déclarent prêts à utiliser l’IA pour faire leur shopping, 46 % lui confieraient l’achat de vêtements ou de chaussures, 38 % celui de cadeaux pour leurs proches et 35 % celui de livres, de musique ou de films. « D’ici 2030, faire des courses et faire son shopping n’auront plus le même sens, explique Magnus Lindkvist, futurologue en chef ayant contribué au rapport. Les agents IA se chargeront des achats courants, laissant la possibilité de faire du shopping une activité de découverte, d’inspiration et de plaisir. »

 

En France, l’IA est déjà entrée dans les habitudes d’achat des adolescents

 

Les projections du rapport font écho aux dernières recherches de Mastercard, qui montrent que les attitudes et les comportements des consommateurs commencent déjà à évoluer.

 

L’étude réalisée auprès de 26 000 parents et adolescents de 13 à 18 ans dans 13 pays révèle que les adolescents ont recours à l’IA pour faciliter leurs décisions d’achat environ deux fois plus souvent que leurs parents, et adoptent les outils d’achat basés sur l’IA plus rapidement.

 

Plus de six jeunes sur dix (62 %) estiment que l’IA va considérablement transformer la façon dont ils feront leurs achats à l’avenir.

 

En France, 72 % des adolescents déclarent avoir eu recours à une IA pour rechercher des produits ces 12 derniers mois, dont 57 % au moins une fois par mois. Les usages vont déjà au-delà de la simple recherche : 48 % ont utilisé une IA pour effectuer directement un achat au cours de cette même période.

 

Les adolescents français utilisent également l’IA pour comparer des produits (68 %), trouver le meilleur prix ou une réduction (66 %) ou obtenir des recommandations de produits adaptées à leurs goûts (66 %).


Les usages chez les adolescents montrent que l’IA s’installe progressivement à toutes les étapes du parcours d’achat, de la recherche à la transaction.

 

Chez leurs parents, l’adoption est aussi déjà bien installée. 62 % déclarent avoir utilisé une IA pour rechercher des produits au cours des 12 derniers mois, tandis que 45 % indiquent avoir déjà utilisé une IA pour effectuer directement un achat.

 

Une confiance qui évolue, mais une volonté de garder le contrôle

 

Cette adoption ne signifie toutefois pas que les adolescents français sont prêts à déléguer entièrement leurs achats à l’IA, même si 31 % des adolescents français déclarent qu’ils feraient davantage confiance à une recommandation de produit formulée par une IA que par leurs amis. 

 

En revanche, lorsqu’il s’agit de comparer la recommandation de l’IA à celle de leurs parents : 

83 % feraient davantage confiance à leurs parents contre 17 % à l’IA. La perspective d’un assistant shopping entièrement piloté par l’IA séduit néanmoins une partie des adolescents : 21 % se disent très ou extrêmement susceptibles d’en utiliser un et 34 % se déclarent « assez susceptibles » de le faire.

 

Pour autant, la France se distingue par une forme de prudence face à la délégation complète des achats : 42,9 % des adolescents français souhaitent continuer à effectuer eux-mêmes l’ensemble de leurs achats dans les cinq prochaines années, contre 34,9 % en moyenne dans les 13 pays étudiés, soit le niveau le plus élevé de résistance à l’IA observé.

 

Les distributeurs devront s’adresser à la fois aux agents IA et aux consommateurs

 

Les projections des futurologues ayant participé au rapport font émerger un nouveau type de client pour les distributeurs : l’agent IA. Capable d’analyser de grandes quantités de données, de vérifier des informations, d’examiner en quelques secondes les avis et retours des clients pour éclairer sa décision, il pourra finaliser l’achat. Les agents vont devoir être intégrés au parcours client.

 

Les distributeurs devront adapter leurs programmes de fidélité, relation client et expériences digitales aux besoins des agents IA. Cela implique notamment de rendre les informations produits, les allégations et les politiques commerciales lisibles et vérifiables par les machines. Par exemple, une affirmation relative à la durabilité d’un produit devra pouvoir être accompagnée d’un certificat qu’un agent IA pourra identifier, consulter et vérifier.

 

La confiance comme principal avantage concurrentiel

 

Le rapport identifie la confiance comme un élément central de l’essor du commerce agentique.

« Chaque grande évolution du commerce a, au fond, été une évolution de la confiance. Du marché au centre commercial, du catalogue au clic, chaque transformation historique du commerce a conduit les consommateurs à placer leur confiance dans quelque chose de nouveau », précise Magnus Lindkvist.

 

Le commerce agentique constitue une évolution encore plus profonde. Les consommateurs ne font plus seulement confiance à la technologie pour éclairer leurs choix, mais aussi pour effectuer leurs achats à leur place.

 

Selon Theodora Lau, les commerçants et les institutions financières devront gagner cette confiance en mettant en place des cadres clairs sur l’identité, le consentement, l’autorisation et la responsabilité.  Elle prévoit qu’au moins trois régulateurs des pays du G20 devraient publier des lignes directrices officielles sur l’enregistrement et le suivi des agents IA d’ici 2030. 

 

L’intention de paiement pourrait à terme devenir aussi importante que le paiement lui-même, puisque l’autorisation donnée à un agent pour effectuer un achat pourra être lisible avant même que la transaction ne soit réalisée.

 

Le commerce agentique est déjà une réalité en France

 

Si le rapport se projette à l’horizon 2030, les premières expériences de commerce agentique sont déjà une réalité.

 

En juin dernier, Mastercard, Worldline et le Crédit Agricole ont réalisé la première transaction française de paiement agentique de bout en bout.  Dans ce cas d’usage, un client du Crédit Agricole a utilisé un agent numérique pour rechercher des festivals selon des critères donnés. S’il a sélectionné et confirmé son achat, la transaction n’a été exécutée qu’après validation explicite du client, tandis que le Crédit Agricole a conservé son rôle central dans l’authentification et l’autorisation.

 

Preuve que les agents IA sont déjà capables de réaliser des parcours d’achat et de règlement de manière sécurisée.

 

Cette première transaction française illustre concrètement la manière dont le commerce alimenté par l’IA commence à passer du concept à la réalité, tout en plaçant la sécurité, la traçabilité et le contrôle du consommateur au cœur du parcours.

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