Une étude Ipsos bva pour le Parisien publié le 24 août
annonce la couleur : 48% des Français disent avoir ressenti de l'angoisse ou de
la peur pour leur santé et 64% pour la santé de leurs proches.
Un sondage YouGov
réalisé pour Le HuffPost du 3 au 5 août 2026 annonçait quant à lui que 81% des
Français interrogés sur les moyens humains et matériels dont dispose la France
pour lutter contre les incendies, les trouvait insuffisants. Et 28 % seulement
se déclaraient satisfaits de l'action du gouvernement sur ce front. Autrement
dit : l'éco-anxiété ne serait plus seulement alimentée par la peur du
changement climatique, mais aussi par le sentiment que notre capacité à y faire
face reste insuffisante.
Pour Philippe Vachet, Directeur Général de l'Agence LUCIE, 1ère agence de labellisation RSE de France, cette évolution traduit un changement plus profond : « Nous sommes en train de passer d'une angoisse du futur à une angoisse du présent. L'éco-anxiété ne naît plus uniquement de la perspective du changement climatique. Elle est aujourd'hui renforcée par une autre inquiétude : avons-nous réellement commencé à nous adapter ? Les mesures d'adaptation ont ceci de particulier qu'elles sont immédiatement visibles et tangibles dans le quotidien des citoyens. Lorsqu'un salarié, un consommateur ou un citoyen a le sentiment que les réponses apportées sont insuffisantes, le sentiment d'impuissance s'accentue. À l'inverse, chaque action concrète, visible et cohérente contribue à restaurer de la confiance. L'éco-anxiété est aussi un révélateur de notre confiance - ou de notre manque de confiance - dans notre capacité collective à agir », poursuit-il.
Selon lui, cette évolution concerne désormais directement les entreprises « Pendant longtemps, les entreprises ont été attendues principalement sur leurs engagements en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Elles seront désormais jugées tout autant sur leur capacité à s'adapter aux conséquences déjà visibles du dérèglement climatique. Collaborateurs, clients, investisseurs ou fournisseurs sont de plus en plus attentifs à ces deux dimensions »
Pour autant, adaptation et transition ne doivent pas s'opposer « Il ne s'agit pas de choisir entre adaptation et réduction des émissions. Les deux doivent avancer ensemble. Développer des solutions d'adaptation qui aggraveraient les émissions de gaz à effet de serre serait une impasse. À l'inverse, renforcer la résilience des organisations tout en poursuivant les efforts de décarbonation constitue la seule réponse durable. Les entreprises ont aujourd'hui un rôle essentiel : démontrer, par des actions visibles et cohérentes, qu'il est possible d'agir. La meilleure réponse à l'éco-anxiété reste l'action », conclut Philippe Vachet.


