Après l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, Sarah El Haïry veut franchir
une nouvelle étape :
faire de la protection des enfants un standard de conception des services
numériques.
1/ Passer d'une
politique de réparation à celle de prévention
La protection des
mineurs ne doit plus intervenir uniquement après la diffusion de contenus
problématiques. C'est tout le sens de la doctrine de « Child Safe by Design »
qu'elle défend : les plateformes doivent intégrer la sécurité des enfants dès
leur conception.
Cela implique notamment
:
- des paramètres
protecteurs activés par défaut ;
- moins de mécanismes
favorisant l’addiction ;
- une exposition
réduite aux contenus violents/ pornographiques ;
- davantage de
protections contre les sollicitations d’inconnus.
2/ Créer un indicateur
d’impact sur l’enfance aussi lisible qu’un Nutri-score.
Sarah EL HAIRY propose
de mesurer concrètement l’effet des plateformes sur :
- la santé et le
développement des enfants ;
- leurs droits ;
- leur
exposition aux contenus problématiques ;
- les « dark patterns »
conçus pour prolonger leur temps d’utilisation.
Objectif : Ce
"Challenge-score" permettrait de rendre cette information simple,
visible et comparable, à l’image d’un Nutri-Score.
3/ Faire entrer le «
risque enfant » dans les décisions des entreprises.
Cette évaluation
pourrait également être accessible aux investisseurs et aux conseils
d'administration. Objectif : que le risque pour les enfants devienne un sujet
de gouvernance au même titre que les risques financiers ou cyber.
4/ La régulation seule
ne suffit pas.
La protection des
mineurs en ligne repose sur une coalition : États pionniers, plateformes
responsables, investisseurs et parents.
Même face aux contournements, la règle conserve une portée normative : elle fixe une limite et permet aux adolescents de mieux identifier les comportements qui les exposent.


