La France se
positionne pour accueillir une AI gigafactory (AIGF).
La Commission européenne, par le biais de l’entreprise commune EuroHPC, lance un appel à projet pour soutenir le développement de capacités de calcul dédiées à l’IA en Europe.
La France confirme ainsi son intérêt pour accueillir une gigafactory d’IA sur
son sol.
L’appel à projet
européen AI gigafactory a vocation à soutenir le renforcement de la chaîne de
valeur européenne sur l’IA en développant des infrastructures de calcul
performantes, sécurisées et décarbonées. Une attention particulière sera
accordée par EuroHPC dans la sélection des projets aux garanties données sur la
diversification des fournisseurs et la sécurité des données.
La France s’engage aux
côtés de l’Union européenne à commander un volume de capacité de calcul de 100
M€ au projet qui sera retenu sur le sol français, pour satisfaire les besoins
futurs de ses administrations publiques, y compris ceux de la recherche et du
secteur hospitalier.
Cet engagement porte
sur l'achat de capacité auprès d'opérateurs privés, à l’horizon 2027 ; il est
distinct des investissements que l'État conduit par ailleurs dans ses propres
infrastructures de calcul.
Le financement public
conjoint permettra de dérisquer les investissements en capital nécessaires au
projet et de catalyser les investissements privés. Cela permettra de donner de
la visibilité et de la stabilité au projet sélectionné et d’accélérer le déploiement
de l’IA dans l’État conformément au plan « Notre IA ».
L’initiative « AI
Gigafactories » marque une nouvelle étape dans la stratégie française et
européenne pour renforcer nos capacités de calcul souveraines en matière d'IA.
La valeur ajoutée européenne constituera en effet un critère clé dans la
sélection du consortium. En soutenant des infrastructures privées, l’initiative
vient compléter les achats de supercalculateurs publics et l’initiative « AI
Factories » portés par le Grand équipement national de calcul intensif (GENCI).
La France explorera
dans les prochaines semaines, des partenariats avec d’autres pays européens,
pour mobiliser des investissements complémentaires à ceux qu’elle s’engage à
mobiliser.
Concernant les modalités prévues par l’appel à projet, les candidatures sont ouvertes aux consortiums ou aux entités ad hoc regroupant des entreprises, des organismes publics, et des investisseurs. À l’issue de la date limite de dépôt des candidatures, EuroHPC procèdera à la sélection.
Candidature à l’appel à
projet : les porteurs de projets peuvent déposer leur dossier ici https://ec.europa.eu/info/funding-tenders/opportunities/portal/screen/opportunities/tender-details/bc712395-692d-41ab-aa25-8e254ae86eb2-CN
Roland Lescure,
ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle,
énergétique et numérique : « La France, avec son électricité décarbonée et son
écosystème innovant, est la terre d’accueil idéale pour les gigafactories d’IA.
C’est ici, en Europe, que se joue l’avenir souverain et compétitif de
l’intelligence artificielle. »
David Amiel, ministre
de l’Action et des Comptes publics : « Derrière ces infrastructures, il y a le
quotidien de nos agents : des heures passées à saisir, à retranscrire, à
chercher une information plutôt qu'à être auprès des usagers. Déployer l'IA au
bénéfice d'un million d'agents publics suppose une puissance de calcul massive,
et nous la voulons sur notre sol, sous notre droit. C'est le sens de
l'engagement d'achat de 100 M€ que prend aujourd'hui l'État. La souveraineté
numérique ne se décrète pas, elle se construit. »
Philippe Baptiste,
ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace : « La puissance de
calcul est devenue une condition indispensable de la découverte scientifique,
au même titre que les laboratoires et les grands équipements. Avec les AI
Gigafactories, nous complétons le continuum français et européen qui va de Jean
Zay et des AI Factories opérées par GENCI jusqu'aux infrastructures privées de
très grande échelle. C'est la condition pour que nos chercheurs, nos étudiants
et nos start-ups continuent de s’appuyer sur l’IA d’aujourd’hui mais aussi
d'inventer, en France, l'IA de demain. »
Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’intelligence artificielle et du numérique : « Avec l’initiative AI Gigafactories, la France s’engage aux côtés de l’Union européenne pour développer des capacités de calcul souveraines en IA sur notre sol. Cette initiative permettra de construire une chaîne de valeur européenne sur les centres de données à l’IA. Par ce biais, la France entend promouvoir une troisième voie, alliant sécurité des données, interopérabilité et excellence environnementale pour les infrastructures de calcul. »


