La nouvelle édition de l'Observatoire des rémunérations LHH sur les mesures salariales montre que les entreprises françaises confirment leurs prévisions avec un budget médian d'augmentation des salaires de 2 % en 2026, un niveau constant depuis le début d'année et légèrement inférieur à celui observé en 2025 (taux constaté 2,1 % suite à la baisse des prévisions). Après plusieurs années marquées par une forte inflation et des ajustements salariaux importants, cette tendance confirme un retour progressif à une situation plus stable. Les entreprises doivent toutefois continuer à composer avec des attentes élevées des salariés, des tensions sociales persistantes et de nouvelles exigences en matière de transparence des rémunérations.
Dans ce contexte l'étude confirme également la progression des clauses
de revoyure, qui concernent cette année 15 % des accords, soit le double de
2025. Cette évolution à la hausse témoigne de la nécessité pour les entreprises
de garder une certaine flexibilité dans le cadre des discussions NAO avec la
possibilité de requestionner le niveau des mesures salariales en cours d'année
en fonction de l'évolution du contexte économique et social et de son impact.
Cette prudence s’inscrit notamment dans un contexte marqué par des attentes
persistantes en matière de pouvoir d’achat, liées notamment à la hausse du coût
du carburant ainsi que par les enjeux croissants de transparence des
rémunérations visant à réduire les écarts salariaux.
Selon Delphine Landeroin, spécialiste des politiques de rémunération chez LHH : « La confirmation d'un budget d'augmentation de 2 % montre que les repères des entreprises se stabilisent progressivement et permettent un meilleur équilibre des pratiques. Mais elles restent confrontées à des attentes fortes sur les salaires dans un contexte social qui demeure sensible. On observe notamment une répartition des augmentations encore en faveur des augmentations collectives faisant bénéficier en plus grand nombre de salariés, même si les hausses accordées individuellement restent nécessaires pour plus de reconnaissance. »
Une activité économique qui s'améliore, mais des entreprises prudentes
Parmi les entreprises interrogées, plus d’un tiers annonce une activité en amélioration et des effectifs plutôt en hausse. Pour autant, la prudence reste de mise. Plus d'une entreprise sur deux (52 %) prévoit de maintenir ses effectifs à leur niveau actuel. Le climat social reste ainsi sensible avec 27 % des entreprises qui connaissent plus de tensions sociales qu’en 2025, alors que cela concernait moins de
20 % des organisations l’année dernière au regard de
2024.
Dans ce contexte, les politiques salariales continuent d'être utilisées
comme un levier pour maintenir l'engagement des salariés et préserver le
dialogue social.
Les augmentations générales restent largement utilisées
Les augmentations générales restent ancrées, notamment pour les salariés
les moins rémunérés. Elles concernent entre 60 et 70 % des entreprises pour les
populations non-cadres (techniciens et agents de maîtrise, employés, ouvriers).
Parallèlement, la quasi-totalité des entreprises cultivent leur pratique
d'augmentations individuelles, avec confirmation du niveau record observé pour
les cadres : 98 % des entreprises y ont recours pour cette catégorie. Ces
augmentations sélectives concernent une part plus restreinte des salariés qu'en
début d'année (44 % contre 50 % en janvier).
Si les entreprises privilégient une répartition plus large des efforts
salariaux d’une part pour répondre aux enjeux salariaux, elles favorisent
d’autre part des mesures salariales directes, poursuivant leurs initiatives
ciblées contribuant au pouvoir d'achat, en particulier pour les premiers
niveaux de rémunération :
• 40% ont mis en place un salaire plancher
• 40% ont renforcé les premières tranches de rémunération
Parmi les autres mesures indirectes, 17 % des entreprises interrogées
ont attribué une prime de partage de la valeur, pour un montant moyen de 660 €,
ce qui confirme la tendance à la baisse observée en 2025.
Égalité salariale et transparence des rémunérations : les entreprises
accélèrent
La transparence des rémunérations à travers l'égalité salariale marque
le pas en 2026, s’imposant plus concrètement dans le cadre des NAO pour 2026.
40 % des entreprises ont prévu un budget dédié à l'égalité salariale, contre 27
% en 2025. Cette progression significative s'explique par la conjonction des
obligations réglementaires liées à l'index égalité professionnelle et de la
future directive européenne sur la transparence des rémunérations qui impose la
mesure, correction ou justification des écarts constatés avec une traçabilité
accrue.
« Les entreprises ne se contentent plus d'afficher leurs ambitions en matière d'égalité salariale. Elles allouent plus souvent désormais des budgets spécifiques, mesurent les écarts et documentent leurs pratiques. La future directive européenne agit comme un accélérateur et pousse les organisations à rendre leurs politiques salariales plus lisibles et plus objectives. Pour beaucoup, c'est aussi un moyen de renforcer la confiance des salariés. », conclut Delphine Landeroin.


