À l’approche de la présentation de la loi en conseil des ministres, l’enquête How Much dévoile le grand malentendu français sur la transparence des rémunérations.
- Avec la transparence salariale, 94 % des
Français fonceront consulter le salaire des autres… mais 1 sur 4 refuse déjà de
dévoiler le sien !
- Loi sur les salaires : les bonnes réponses ne franchissent jamais la barre des 49 %
Le 9 septembre 2026, la
loi sur la transparence salariale sera présentée en conseil des ministres. Que
se passera-t-il le jour où les salaires s’afficheront sur la place publique et
où le sujet s’invitera à la machine à café, sous une forme souvent approximative,
parfois fausse et généralement anxiogène ?
Le cabinet How Much a
interrogé 3 600 actifs français pour prendre le pouls d’un pays fasciné par les
salaires des autres… mais largement dans le flou sur le contenu réel de la
réforme.
Selon Sandrine Dorbes -
Conférencière, experte en stratégie de rémunération, créatrice de How Much : « On s'apprête à
légiférer sur un sujet que la grande majorité des Français ne comprend pas - et
je ne suis pas certaine que les ministres le comprennent mieux. Or les
chiffres de notre enquête le montrent : le flou règne partout, du bureau
jusqu'au sommet. Il est plus que nécessaire de faire de la rémunération un
langage clair, que chacun, dirigeant comme salarié, puisse enfin s'approprier.
»
94 % des Français vont
céder à la tentation d’aller fouiller
À l’heure où la loi sur
la transparence salariale arrive au conseil des ministres, l’enquête How Much
lève le voile sur une curiosité quasi irrésistible : à peine 6 % des actifs
résisteraient à l’envie de consulter les salaires de leurs collègues.
En tête
des indiscrétions, le patron (24 %), talonné par la personne occupant le même
poste (23 %) et le collègue soupçonné de gagner plus (21 %).
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Question
: Si demain un annuaire affichait le salaire de chacun dans votre entreprise,
quel serait le premier salaire que vous iriez consulter ? |
|
Réponses |
Répartition |
% |
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|
Celui de
mon patron / dirigeant |
|
24 % |
||
|
Celui de la personne
qui fait le même travail que moi |
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23 % |
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|
Celui du collègue
dont je soupçonne qu’il gagne plus que moi |
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21 % |
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Celui de mon manager
direct |
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18 % |
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Celui de quelqu’un
que je trouve « surpayé » |
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8 % |
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Aucun, je n’irais
pas regarder |
|
6 % |
Les Français rêvent
d’une loi qui n’existe pas
Même si tous les médias
en parlent, les Français sont encore bien loin d’être incollables sur la
question de la transparence salariale. En effet, 45 % des actifs croient que la
future loi imposera le même salaire à poste égal, 36 % qu’elle dévoilera la paie
du voisin de bureau et 32 % que le salaire de chaque salarié en interne sera
publié nominativement … trois mesures qui n’y figurent pas.
Encore plus révélateur,
près d’un Français sur trois (31 %) avoue ne pas savoir du tout ce qu’elle
contient.
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Question
: Selon vous, qu’imposera-t-elle vraiment ? (plusieurs réponses possibles) |
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Ce que
les Français croient |
|
% |
Réalité |
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|
Afficher une fourchette
de salaire dans les offres d’emploi |
|
49 % |
✓ Vrai |
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|
Obliger l’employeur
à aligner tout le monde au même salaire à poste égal |
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45 % |
✗ Faux |
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Communiquer les
écarts de rémunération femmes-hommes |
|
41 % |
✓ Vrai |
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|
Permettre à chacun
de connaître le salaire exact de son voisin de bureau |
|
36 % |
✗ Faux |
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|
Publier
nominativement le salaire de chaque salarié en interne |
|
32 % |
✗ Faux |
||
|
Je ne sais pas du
tout ce qu’elle contient |
|
31 % |
— |
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|
Interdire de
demander à un candidat son salaire actuel |
|
24 % |
✓ Vrai |
Beaucoup de
désinformation
Le sujet enflamme déjà
les open spaces puisqu’une majorité de Français (56 %) en a entendu parler
entre collègues… mais rarement pour de bonnes raisons.
Seuls 13 % ont
recueilli une information exacte, quand 43 % ont eu droit à des propos
exagérés, anxiogènes ou carrément faux.
|
Question
: Avez-vous déjà entendu des collègues parler de cette future loi sur les
salaires ? Et l’information était-elle juste ? |
|
Réponses |
Répartition |
% |
||
|
Oui,
mais c’était exagéré ou anxiogène |
|
26 % |
||
|
Non, personne n’en a
encore parlé autour de moi |
|
25 % |
||
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Je ne saurais pas
dire si c’était vrai ou faux |
|
19 % |
||
|
Oui, mais c’était
carrément faux |
|
17 % |
||
|
Oui, et ce qui se
disait était plutôt exact |
|
13 % |
Des réactions
égocentrées
La visibilité des
salaires ne laissera personne indifférent : 38 % des actifs avouent qu’ils
iront vérifier sur-le-champ où ils se situent et près d’un tiers (29 %)
dégaineront aussitôt une demande d’augmentation. À peine 6 % affirment que cela
ne changera rien.
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Question
: Le jour où les salaires (ou les fourchettes) deviendront visibles chez
vous, quelle serait votre première réaction ? |
|
Réponses |
Répartition |
% |
||
|
Je
vérifie immédiatement où je me situe |
|
38 % |
||
|
Je prépare une
demande d’augmentation |
|
29 % |
||
|
J’en parle aussitôt
avec mes collègues |
|
11 % |
||
|
Je préfère ne
surtout pas regarder |
|
9 % |
||
|
J’en fais une
capture d’écran « au cas où » |
|
7 % |
||
|
Ça ne changerait
rien pour moi |
|
6 % |
Voir mais sans être vu
Si 56 % des actifs
acceptent de jouer la carte de la transparence (29 % sans condition, 27 % à condition
d’anonymat), près d’un quart (24 %) avouent vouloir consulter le salaire des
autres mais sans dévoiler le leur.
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Question
: Seriez-vous prêt(e) à ce que votre propre salaire soit visible par tous… en
échange de voir celui des autres ? |
|
Réponses |
Répartition |
% |
||
|
Oui, la
transparence doit valoir pour tout le monde |
|
29 % |
||
|
Oui, mais seulement
si c’est anonymisé (fourchettes, pas de noms) |
|
27 % |
||
|
Non, je veux voir
sans être vu(e) |
|
24 % |
||
|
Non, je ne veux ni
voir ni être vu(e) |
|
12 % |
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|
Je ne sais pas |
|
8 % |
Attention au silence de
l’entreprise
Les Français lancent également
un avertissement clair aux employeurs : laisser le sujet s’installer dans les
couloirs avant de l’encadrer, c’est jouer avec le feu. Un tiers des actifs (33
%) redoutent tensions et jalousies, 21 % la propagation de fausses informations
et 19 % une perte de confiance envers la direction — à peine 2 % n’y voient
aucun risque, souligne How Much.
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Question
: Selon vous, quel est le principal risque si le sujet s’installe dans les
couloirs avant que l’entreprise ne l’encadre ? |
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Réponses |
Répartition |
% |
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|
Des
tensions et des jalousies entre collègues |
|
33 % |
||
|
La propagation de
fausses informations |
|
21 % |
||
|
Une perte de
confiance envers la direction |
|
19 % |
||
|
Des envies de départ |
|
14 % |
||
|
Une vague de demandes
d’augmentation |
|
11 % |
||
|
Aucun risque
particulier |
|
2 % |
Un déficit de
crédibilité des directions
46 % des actifs veulent
que la direction ou les RH s’expriment les premiers, clairement et
officiellement. Mais le signal d’alerte est ailleurs : un Français sur cinq (21
%) ne fait tout simplement pas confiance à son entreprise pour aborder le sujet
honnêtement.
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Question
: Sur ce sujet, qui devrait s’exprimer en premier dans votre entreprise ? |
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Réponses |
Répartition |
% |
||
|
La
direction / les RH, clairement et officiellement |
|
46 % |
||
|
Je ne fais pas
confiance à mon entreprise pour en parler honnêtement |
|
21 % |
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|
Mon manager direct,
en équipe |
|
18 % |
||
|
Les représentants du
personnel / syndicats |
|
13 % |
||
|
Personne, chacun se
débrouillera |
|
2 % |


