La FNTR publie son enquête de conjoncture du 2ème trimestre 2026 consacrée à l’activité du transport routier de marchandises. Après la dégradation brutale observée au 1er trimestre, les indicateurs font apparaître des signes de correction partielle.
Cette
amélioration demeure toutefois limitée et doit être interprétée avec prudence :
elle intervient après un point bas particulièrement marqué et ne traduit pas, à
ce stade, un véritable retour à la normale.
L’activité récente se redresse légèrement,
les anticipations deviennent un peu moins défavorables et les effectifs de
conducteurs cessent de se contracter. Pour autant, les indicateurs demeurent
inférieurs à leur moyenne de long terme, confirmant que le secteur reste dans
une phase de sous-régime conjoncturel. Le 2ème trimestre 2026 doit donc être lu
comme une stabilisation fragile après le choc de coûts subi en début d’année,
davantage que comme le signal d’une reprise durable.
Les entreprises de transport routier de marchandises restent confrontées
à une demande fragile, à des coûts élevés, à des marges sous pression et à une
visibilité économique insuffisante. Cette situation conduit les chefs
d’entreprise à privilégier la prudence, la préservation de leur trésorerie et
la limitation des engagements susceptibles d’accroître leur exposition
financière.
Les investissements demeurent très limités
et principalement concentrés sur le renouvellement du parc, sans véritable
dynamique d’augmentation des capacités. Cette faiblesse constitue un point de
vigilance majeur, alors même que le secteur doit répondre aux enjeux de
modernisation, de renouvellement du matériel et de transition énergétique.
Sur le front de l’emploi, les effectifs
de conducteurs se stabilisent après le recul du 1er trimestre. Cette
stabilisation ne traduit toutefois pas une amélioration structurelle du marché
du travail : elle reflète surtout l’ajustement des entreprises à un niveau
d’activité plus faible. Les difficultés de recrutement restent présentes, avec
39 % des transporteurs concernés en avril 2026, contre près de 41,6 % un an
auparavant.
Le moral des dirigeants demeure, lui
aussi, très dégradé. La part des chefs d’entreprise insatisfaits recule de 78 %
au 1er trimestre à 55 % au 2ème trimestre 2026 mais cette amélioration doit
être comprise comme une correction après un point bas historique, et non comme
le signe d’un retour à la confiance.
Le 2ème trimestre 2026 marque donc une amélioration relative de la conjoncture du transport routier de marchandises, mais pas une reprise. Dans ce contexte, la FNTR appelle à restaurer de la visibilité économique pour les entreprises du secteur. La sécurisation des mécanismes de répercussion des coûts, la préservation de la trésorerie, la stabilité réglementaire et l’accompagnement de l’investissement apparaissent comme des conditions indispensables pour éviter qu’une stabilisation basse ne se transforme en fragilisation durable du tissu entrepreneurial.


