… renforcer leur résilience et mobiliser les citoyens.
Face à l'accélération
des effets du changement climatique sur les forêts françaises, Monique Barbut,
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations
internationales sur le climat et la nature, a réuni, avec Mathieu Lefèvre, ministre
délégué chargé de la Transition écologique, les principaux acteurs publics,
privés et associatifs engagés en faveur des forêts françaises le mardi 21
juillet à l'Hôtel de Roquelaure.
Alors que les incendies
ont déjà parcouru près de 40 000 hectares depuis le début de l'année, soit
davantage que sur l'ensemble de l'année 2025, cette réunion a permis de lancer
une nouvelle étape de la mobilisation nationale en faveur de la restauration
des massifs touchés, de l'adaptation des forêts au changement climatique et de
la diversification des financements qui leur sont consacrés.
À cette occasion, la
ministre a présenté plusieurs mesures destinées à accélérer cette mobilisation.
• Lancement de « France Forêt 2100 »
pour mobiliser davantage de financements
Afin d'accélérer le
financement des projets forestiers, la ministre a annoncé la création de France
Forêt 2100, une start-up d'État rattachée au ministère de la Transition
écologique.
Cette nouvelle
structure aura pour mission de mettre en relation les porteurs de projets et
les financeurs publics et privés afin d'orienter les financements vers des
projets concrets de restauration, de renouvellement et d'adaptation des forêts
françaises.
Elle permettra de
fédérer les initiatives existantes, de faciliter leur coordination et
d'accompagner le développement de nouveaux projets sur l'ensemble du
territoire.
• Renforcer les leviers de financement
de la forêt
Le Gouvernement a
également présenté plusieurs mesures destinées à renforcer et diversifier les
financements mobilisés en faveur des forêts françaises.
Les travaux engagés sur
le Label bas-carbone seront poursuivis afin qu'il bénéficie davantage aux
entreprises forestières et finance plus largement les opérations de
régénération. Une nouvelle méthode valorisant l'enrichissement des peuplements
vulnérables sera adoptée d'ici à la fin de l'année.
Le Gouvernement entend
également développer les crédits biodiversité afin de mieux valoriser les
services rendus par les écosystèmes forestiers.
Enfin, la ministre a
annoncé qu'elle demanderait à la Française des Jeux et à l'Office français de
la biodiversité de consacrer la prochaine édition du Loto de la biodiversité à
la forêt, afin de permettre à chaque Français de contribuer à la restauration
et à la préservation des massifs forestiers.
• Renforcer les moyens publics consacrés
à l’adaptation des forêts françaises
Au-delà de la
mobilisation des financements privés, l’État renforcera également ses propres
moyens d’intervention en faveur des forêts.
À partir de 2027, la
forêt bénéficiera d’un programme budgétaire dédié, permettant de mieux
identifier et suivre les moyens qui lui sont consacrés. Ces crédits seront
renforcés, notamment pour accompagner l’adaptation des forêts françaises au
changement climatique.
La ministre a également
annoncé que, dans le cadre de la hausse du Fonds vert à 1 milliard d’euros en
2027, 100 millions d’euros seront dédiés à l’adaptation de la forêt, notamment
pour financer des projets destinés à renforcer la résilience des massifs, comme
la création de zones tampons.
Ces moyens viendront
compléter les financements déjà mobilisés par l’État, qui a consacré en 2026
près de 100 millions d’euros à la planification écologique de la forêt, tandis
que les moyens consacrés à la prévention des feux ont été renforcés de 20 millions
d’euros depuis 2023.
• Consolider le renouvellement des
forêts françaises
Le Gouvernement
renforcera également, dès 2027, les dispositifs consacrés au renouvellement
forestier.
Les parcelles touchées
par le nématode du pin deviendront éligibles aux aides au renouvellement afin
d'accompagner les propriétaires forestiers confrontés à ce nouveau risque
sanitaire.
Les critères
d'éligibilité seront également adaptés afin de concentrer davantage les moyens
sur les forêts les plus fortement touchées par le dépérissement, notamment en
relevant à 40 % le seuil de dépérissement des forêts éligibles.
L'État restera aux
côtés des propriétaires forestiers afin d’accompagner l’adaptation des forêts
françaises aux conséquences du changement climatique.
• Une mobilisation citoyenne renforcée
pour protéger les forêts
Parce que neuf feux de
forêt sur dix sont d'origine humaine, la prévention demeure notre première
ligne de défense. Afin de renforcer l'engagement de la jeunesse en faveur de la
transition écologique, la ministre a annoncé une augmentation de 1 500 services
civiques écologiques en 2026, portant leur nombre de 8 500 à 10 000.
Cette hausse sera
notamment consacrée au renforcement de la présence humaine dans les espaces
naturels. Les nouveaux volontaires pourront contribuer à l'accueil et à la
sensibilisation des visiteurs, en appui des opérateurs de l'État, des
collectivités territoriales et des gestionnaires d'espaces naturels.
Les incendies de ces
dernières semaines ont également révélé un remarquable élan de solidarité.
Associations, bénévoles, entreprises, propriétaires forestiers, agriculteurs et
riverains se sont mobilisés pour appuyer les gestionnaires forestiers et les services
de secours.
Afin de reconnaître, de
structurer et d'amplifier cet engagement citoyen, le Gouvernement créera
prochainement le label « Réserve verte ».
Celui-ci permettra
d'identifier, de fédérer et de valoriser les initiatives associatives déjà
engagées au service des espaces naturels. Il favorisera les coopérations entre
associations, collectivités territoriales, gestionnaires d'espaces naturels et
services de l'État afin de renforcer les actions de prévention, de
sensibilisation du public et, lorsque cela sera nécessaire, d'appui à la
restauration des espaces naturels touchés par des crises environnementales.
• Une mobilisation collective pour
préparer la forêt de demain
La réunion a rassemblé
les services de l'État, les collectivités territoriales, les représentants de
la filière forêt-bois, des investisseurs, des entreprises, des associations et
des fondations, qui ont présenté les initiatives et les engagements qu'ils
souhaitent porter dans les prochaines années.
La restauration d'un
hectare de forêt représente un coût compris entre 5 000 et 10 000 euros.
Au-delà des dizaines de milliers d'hectares déjà touchés cette année, c'est
l'ensemble des forêts françaises qui doit être progressivement adapté aux
conséquences du changement climatique.
Cette mobilisation
collective permettra de compléter les moyens publics et privés engagés pour
accompagner la restauration des massifs touchés, renforcer la résilience des
forêts françaises et préparer leur adaptation au changement climatique.
En réunissant
l'ensemble des acteurs concernés, le Gouvernement engage une nouvelle dynamique
pour accélérer la restauration des forêts françaises et construire, avec les
collectivités, les forestiers, les entreprises, les associations et les
citoyens, les forêts de demain.
Un point d’étape sera organisé en septembre afin de présenter les premiers résultats de cette mobilisation collective et les engagements réunis en faveur de la restauration et de la résilience des forêts françaises.


