37 700 entreprises ont mis la clé sous la porte en six mois, 1 500 de plus qu’au premier semestre 2025. Un niveau de défaillances supérieur de près de 40 % à celui d’avant-crise sanitaire, selon l’étude Altares. Pendant que les TPE s’effondrent, le gouvernement prépare pourtant un nouveau tour de vis fiscal sur les entreprises.
À la suite des annonces
gouvernementales relatives au redressement des finances publiques et à la
préparation du prochain projet de loi de finances, le Syndicat des Indépendants
et des TPE (SDI) met en garde contre une tentation déjà connue : faire reposer
une nouvelle fois l’effort budgétaire sur les entreprises, et en particulier
sur les très petites entreprises.
Le SDI ne conteste pas
la nécessité de restaurer durablement les comptes publics : la maîtrise de la
dette et des déficits constitue un impératif économique. Mais ce redressement
ne sera ni crédible ni durable s’il repose sur une nouvelle hausse des prélèvements
obligatoires supportés par les entreprises. La vraie question n’est pas de
savoir combien prélever, mais comment faire rentrer davantage de recettes sans
alourdir la charge : quand les entreprises vont bien et que la consommation
repart, l’impôt sur les sociétés, la TVA et les cotisations rentrent
naturellement dans les caisses de l’État. Chaque euro prélevé aujourd’hui sur
la trésorerie d’une TPE est un euro de recettes fiscales en moins demain.
Des défaillances qui
atteignent un niveau record
La dégradation de la situation des TPE n’est plus une hypothèse : elle est mesurée trimestre après trimestre. Selon l’étude Altares publiée ce jour, 17 486 défaillances ont été enregistrées au deuxième trimestre 2026, en hausse de 5,4 % sur un an, soit un niveau proche de 40 % supérieur à celui
d’avant-crise sanitaire. Ce sont les
plus petites et les plus jeunes structures qui trinquent : +8,3 % de défauts
chez les entreprises de moins de trois salariés, +12,7 % chez celles de moins
de trois ans, dont 93 % sont liquidées directement sans procédure de
sauvegarde. Les liquidations judiciaires directes représentent d’ailleurs 66,3
% de l’ensemble des procédures du trimestre. À cela s’ajoutent les échéances de
remboursement des prêts garantis par l’État (PGE), concentrées entre juin et
septembre 2026, qui aggravent encore la pression sur la trésorerie des plus
petites structures. Dans ce contexte, toute augmentation de la fiscalité ou des
charges sociales aurait un effet immédiat : moins d’investissements, moins d’embauches,
davantage de défaillances.
Travailler plus avant
de prélever plus
Le SDI note que le
Sénat vient d’ouvrir cette voie en votant, dans le cadre du budget de la
Sécurité sociale, un allongement de quinze minutes par semaine de la durée
légale du travail, soit environ douze heures de plus par an. L’argument porté
par ses auteurs est limpide : quand le temps de travail augmente, le pays
s’enrichit, et cette richesse supplémentaire profite aux comptes publics sans
qu’il soit besoin de lever un impôt de plus. Le SDI partage cette conviction,
particulièrement vraie pour les dirigeants de TPE, dont beaucoup travaillent
déjà très au-delà de la durée légale sans que leur activité soit pour autant
rentable : la priorité doit aller à la relance de l’activité, pas à la charge
fiscale supplémentaire.
Marc Sanchez,
secrétaire général du SDI, déclare : « Le vrai plan de redressement des finances
publiques, ce n’est pas un tableur Excel dans un bureau de Bercy, c’est une
entreprise qui embauche et un client qui consomme. Une TPE qui va bien, c’est
de la TVA, de l’impôt sur les sociétés et des cotisations qui rentrent
naturellement dans les caisses de l’État. Continuer d’étrangler les entreprises
pour boucler un budget, c’est scier la branche sur laquelle on est assis. »
Le SDI appelle le
gouvernement à faire un choix clair
Le prochain budget
devra arbitrer entre deux stratégies : poursuivre une logique d’augmentation
des prélèvements qui pénalise la croissance, ou engager enfin les réformes
permettant de libérer l’activité et de réduire durablement la dépense publique.
Pour le SDI, une seule voie est compatible avec le redressement économique du
pays.
Le SDI sera
particulièrement attentif au contenu du projet de loi de finances et s’opposera
à toute mesure qui conduirait à accroître la pression fiscale, sociale ou
administrative pesant sur les très petites entreprises.


