Faire du logement une priorité nationale pour répondre aux défis économiques, sociaux et environnementaux.
À l'occasion des
Assises Nationales du Logement et de la Ville 2026, le 23 juin dernier, 1 500
élus, représentants de l'État, professionnels de l'habitat, architectes,
aménageurs et experts se sont réunis pour partager un constat largement partagé
: la crise du logement appelle une réponse globale, durable et ambitieuse. Ce
constat a notamment été nourri par les résultats du Baromètre « MOV[E]' 2026 »,
qui a recueilli la perception des professionnels de la maîtrise d'ouvrage et de
l'aménagement publics et privés (promoteurs, constructeurs, bailleurs sociaux
et privés, aménageurs) sur les grands enjeux du secteur.
Les échanges ont mis en
évidence une conviction commune : le logement ne peut plus être abordé comme
une politique sectorielle. Il constitue un levier majeur de cohésion sociale,
d'attractivité économique, de transition écologique et d'aménagement équilibré
des territoires.
Relancer la
construction en redonnant confiance aux acteurs
La conférence
inaugurale a réuni, au cours d’une première partie, trois femmes politiques,
Valérie Létard, ancienne ministre chargée du Logement et députée du Nord,
Annaïg Le Meur, députée du Finistère et présidente du Conseil National de
l’Habitat, et Isabelle Le Callennec, députée au Parlement européen et
conseillère régionale de Bretagne, et en seconde partie, quatre représentants
des filières professionnelles, Loïc Cantin, président de la FNAIM, Didier
Bellier-Ganière, délégué général de la FPI, Marianne Louis, directrice générale
de l’USH, et Christophe Millet, président du CNOA.
Tous ont insisté sur la
nécessité de rétablir la confiance des acteurs en instaurant des politiques
publiques plus lisibles et plus stables, à même de répondre aux enjeux
immédiats tout en accompagnant les profondes mutations de la société :
évolution démographique, vieillissement de la population, accès des jeunes au
logement, transition écologique, adaptation du parc existant, maîtrise du
foncier et transformation des modes d'habiter.
Si les débats ont
révélé des sensibilités différentes quant aux leviers à mobiliser
(simplification des normes, régulation du foncier, financement, rénovation
énergétique ou production de logements), ils ont également confirmé une
conviction commune : le logement constitue aujourd’hui un enjeu structurant de
cohésion sociale, d’attractivité territoriale, de pouvoir d’achat et de
parcours de vie. Produire davantage de logements accessibles, de qualité et
économiquement soutenables constitue désormais une priorité collective.
Enfin, un enseignement majeur ressort de ces échanges : la méthode de travail engagée entre les pouvoirs publics et les représentants de la filière fait désormais consensus. Tous appellent à prolonger cette dynamique de dialogue et de co-construction afin que le logement devienne un axe majeur du prochain débat présidentiel et de bâtir une stratégie nationale durable, élaborée avec les acteurs de terrain et capable d’évoluer au rythme des transformations de la société. Ces premiers échanges ont souligné qu'aucune réponse durable ne pourrait être apportée sans une vision de long terme, associant l'État, les collectivités et les professionnels.
Rééquilibrer les
territoires pour accompagner les transformations du pays
Invité en qualité de
grand témoin des Assises Nationales du Logement et de la Ville 2026, Xavier
Bertrand, président de la Région Hauts-de-France, a rappelé que le logement
doit redevenir un axe stratégique de l'action publique, au même titre que la
santé, l'éducation ou la justice. Il a souligné son rôle structurant pour le
développement économique et l'attractivité des territoires, estimant qu'il
conditionne aujourd'hui la réussite des projets industriels, la mobilité des
salariés et l'accès à l'emploi.
Dans cette perspective,
il a plaidé pour une relance ambitieuse de la construction, reposant sur une
simplification des normes, une plus grande stabilité réglementaire et une
meilleure visibilité fiscale pour les acteurs.
L'ancien ministre a
également défendu une nouvelle approche de l'aménagement du territoire, fondée
sur un rééquilibrage entre métropoles, villes moyennes et territoires ruraux.
Selon lui, les politiques nationales doivent fixer un cap tout en laissant davantage
de responsabilités aux territoires afin d'adapter les réponses aux réalités
locales.
Face aux défis
climatiques, Xavier Bertrand a enfin appelé à concilier adaptation et
atténuation, en soutenant l'innovation dans les modes de construction, la
rénovation des bâtiments et une gestion plus équilibrée du foncier. Il a
insisté sur la nécessité de construire avec les professionnels du secteur, dans
un cadre plus simple, plus stable et davantage tourné vers le long terme.
En conclusion, il a
rappelé que le logement devait s’imposer comme l’une des priorités majeures de
la prochaine mandature, au regard de ses enjeux économiques, sociaux,
environnementaux et démographiques. Selon lui, seule une politique du logement
ambitieuse, territorialisée et co-construite avec les acteurs de terrain
permettra de répondre durablement aux besoins des Français.
Concilier qualité
architecturale, innovation et transition environnementale
Enfin, une autre
conférence, consacrée à la qualité architecturale, à la performance
environnementale, au confort et à la santé, a permis de dépasser une idée
largement répandue : ces exigences ne s’opposent pas, elles sont aujourd’hui
indissociables. Pour Hélène Fernandez, directrice adjointe au directeur général
des patrimoines et de l’architecture, chargée de l’architecture au ministère de
la Culture, l’architecture a toujours constitué une réponse aux conditions de
son environnement et doit désormais intégrer pleinement les défis climatiques
et sociétaux.
Au-delà des normes, la
conférence a mis en avant la nécessité de faire émerger de nouveaux modèles de
conception, capables de concilier qualité architecturale, sobriété
environnementale, adaptation climatique et soutenabilité économique. Cette
évolution implique une meilleure articulation des expertises (architectes,
urbanistes, collectivités, maîtres d’ouvrage et entreprises) autour d’une
vision partagée.
Enfin, l’exemple de la
reconstruction de Notre-Dame a illustré les conditions d’une réussite
collective : une ambition clairement définie, une gouvernance lisible, des
objectifs stabilisés, la mobilisation des compétences et un engagement dans la
durée. Autant de principes susceptibles d’inspirer la politique du logement et
de l’habitat pour répondre aux défis des prochaines années.
Une ambition collective
pour le logement
Au terme de cette
édition 2026, un message s’est imposé : le logement doit retrouver toute sa
place parmi les grandes priorités nationales.
Parce qu’il conditionne
l’accès à l’emploi, la qualité de vie, la transition écologique, l’attractivité
des territoires et la cohésion sociale, il appelle une politique publique
fondée sur la stabilité, la confiance, l’innovation et la coopération entre l’État,
les collectivités territoriales et l’ensemble des professionnels de la filière.
Les Assises Nationales
du Logement et de la Ville réaffirment ainsi leur volonté de nourrir le débat
public et d'accompagner l'émergence de solutions concrètes pour construire une
politique du logement plus ambitieuse, plus lisible et plus adaptée aux défis
des prochaines années.
La journée s’est
conclue par la remise des Grands Prix des Assises Nationales du Logement et de
la Ville, qui récompensent les projets les plus inspirants en matière de
quartier innovant, en présence de Vincent Jeanbrun, Ministre du Logement et de
la Ville.
Parmi la quinzaine de
projets finalistes, 4 lauréats :
Grand Prix : Quartier
Charles Renard à Saint-Cyr l’Ecole (78)
Sur une ZAC de 25
hectares, en secteur ABF, Grand Paris Aménagement et Care Promotion réalisent
139 logements sur une ancienne friche militaire. L’opération implique 22 % de
construction hors-site, matériaux biosourcés, pleine terre et végétalisation.
Prix du jury : Parc
Rosa Bonheur : biodiversité et reconversion de friches industrielles à
Lille-Lomme (59)
Au sein de
l’Ecoquartier des Rives de la Haute-Deûle, la SAEM Soreli transforme un foncier
pollué en démonstrateur de biodiversité. Biodiversité et gestion de l’eau par
infiltration sont les principes fondateurs des espaces publics de ce parc
écologique, certifié EFFINATURE. Pour les futurs logements, un dispositif
d'Obligation Réelle Environnementale (ORE) et un Cahier des Prescriptions
Environnementales (CPE) avec séquestre garantissent les objectifs en carbone,
énergie, eau et biodiversité.
Prix coup de cœur :
réhabilitation de bien commun sur la maison Mazet à Cazes-Mondenard (82)
La SCIC Bien Commun
valorise des bâtiments vacants ou vétustes dans les territoires détendus en
milieu rural, pour renforcer l’offre de logements et d’espaces d’activités,
soutenir la centralité des petites villes et villages, et favoriser leur
attractivité sociale et économique. À Cazes-Mondenard, la SCIC réhabilite une
ancienne bâtisse, vacante depuis plus de 30 ans, pour y créer huit logements à
loyers modérés, en priorité pour des jeunes actifs, alternants ou saisonniers.
Mention spéciale : Fontaine
d’Ouche, quartier à énergie positive à Dijon (21)
Cette opération consiste à transformer un secteur en quartier à énergie positive. Le projet, axé sur la performance énergétique des bâtiments publics et logements, intègre production locale d’énergie, isolation renforcée, efficacité climatique et espaces partagés. Il mise aussi sur la participation des habitants et des solutions durables pour réduire les consommations, améliorer le confort et créer un cadre de vie plus sain et résilient.


