Les responsables de la sécurité sont contraints de gérer un environnement de menaces liées à l’IA en évolution rapide, et ce, sans bénéficier d’un soutien régulier, sans que soit établie une responsabilité claire et sans que l’impact des cyberrisques humains sur toute l’entreprise soit compris de tous
Selon une récente étude Metacompliance, plus des trois quarts des RSSI
en Europe estiment que les cadres dirigeants ne mesurent pas entièrement les
cyberrisques posés par les employés – à l’heure où, avec l’appui de l’IA, les
attaques ciblant les humains sont plus sophistiquées, plus massives, plus
convaincantes et de plus en plus fréquentes.
Le sondage réalisé par MetaCompliance, l’entreprise de gestion des
cyberrisques humains, auprès de 200 RSSI au Royaume-Uni, en France, en
Allemagne et en Suède, révèle une déconnexion croissante entre les risques que
l’élément humain représente pour les organisations et le niveau nécessaire de
compréhension, de coordination et de soutien des cadres dirigeants pour les
gérer de manière efficace.
Il apparaît que les attaques alimentées par l’IA ciblent de plus en plus
le jugement des employés plutôt que les vulnérabilités techniques. Selon
l’étude, parmi les RSSI moins confiants dans la cyber-résilience de leur
organisation qu’il y a 12 mois, près de la moitié citent, pour raison
principale, la montée en sophistication des attaques d’ingénierie sociale
alimentées par l’IA.
Et les employés restent une source importante de cyberrisques. Plus des
deux tiers des RSSI continuent de les considérer comme le principal risque de
sécurité pour leur organisation, soulignant la façon dont l’IA amplifie des
difficultés déjà existantes au niveau du facteur humain.
Pourtant, l’étude suggère que de nombreux RSSI s’efforcent de régler ce
problème alors que la direction ne leur accorde pas un appui constant en
matière d’initiatives de sécurité. Près de quatre RSSI sur cinq constatent que
ce soutien s’érode avec le temps, et 76 % des RSSI font état de difficultés à
satisfaire les attentes contradictoires des différentes parties prenantes
concernant les indicateurs du risque humain.
Pour près d’un quart d’entre eux, lorsqu’il s’agit de gérer les
cyberrisques humains, la coordination des parties prenantes de différentes
fonctions est l’un des domaines dans lesquels ils sont le moins confiants –
soulignant ainsi la difficulté de construire une approche commune à toute
l’entreprise.
Selon James Mackay, directeur général de MetaCompliance : « L’IA a changé le contexte du risque lié à l’élément humain. Les
attaquants ne se reposent plus sur des escroqueries cousues de fil blanc ou sur
des emails d’hameçonnage grossièrement rédigés. Aujourd’hui, ils peuvent créer
– à grande échelle – des tentatives d’usurpation d’identité, des attaques
d’ingénierie sociale et des communications frauduleuses très convaincantes.
Il est donc plus important que jamais de coordonner les différentes
fonctions dirigeantes. Les cyberrisques humains ne se résument plus à une
question de sensibilisation ou de formation ; ils constituent un risque
stratégique pour l’entreprise. Pourtant, notre recherche montre que nombre de
RSSI s’efforcent encore de faire changer les choses sans bénéficier d’un
soutien régulier, sans que soit établie une responsabilité claire et sans que
l’impact des cyberrisques humains sur toute l’entreprise soit compris de tous
Si le soutien des responsables s’érode après la première impulsion, les
organisations sont laissées sans protection. Construire la résilience face aux
menaces alimentées par l’IA nécessite un appui sans faille des équipes de
direction, une meilleure coordination des parties prenantes et une approche
plus intelligente de la gestion des cyberrisques humains, qui s’appuie sur les
comportements ».
Les conclusions de l’étude montrent également comment l’IA modifie
fondamentalement le paysage des menaces pour les organisations :
• Plus de quatre RSSI sur dix
sont préoccupés par l’accélération, grâce à l’IA, de la vitesse et de l’impact
des attaques d’ingénierie sociale
• 40% des RSSI craignent que les
employés partagent des informations sensibles avec des plateformes d’IA
générative
• 41% s’inquiètent de ce que des
personnes malfaisantes internes à l’entreprise puissent utiliser l’IA pour
faciliter la fraude, la cybercriminalité ou le vol de données
• Au Royaume-Uni, les attaques
d’usurpation d’identité par deepfake inquiètent tout particulièrement : plus de
la moitié des RSSI les considèrent comme une menace majeure pour leur
organisation – la proportion la plus élevée de tous les marchés sondés.
Il est de plus en plus difficile de distinguer les contenus générés par IA des communications légitimes.
Les organisations s’efforcent donc de
renforcer davantage leurs défenses contre les attaques ciblant des humains. Il
est de plus en plus crucial d’améliorer la résilience face aux attaques
d’ingénierie sociale alimentées par l’IA, et près d’un quart des RSSI
considèrent ce point comme l’une des grandes priorités des douze prochains
mois.
James Mackay ajoute : « Les organisations les mieux placées pour y répondre seront celles qui traitent le cyberrisque humain comme une priorité de gestion permanente, et non un exercice de formation périodique.
Les employés ont besoin de soutien au moment précis où le risque se matérialise. Cela implique d’utiliser des connaissances en matière comportementale, des ciblages en temps réel et des directives en fonction du contexte pour aider les personnes à prendre de meilleures décisions en matière de sécurité, alors que les attaques alimentées par l’IA sont de plus en plus difficiles à détecter ».


