L'État, les Régions, les opérateurs
et les industriels ont signé, le 7 juillet, un plan d'actions commun destiné à
améliorer la conduite des programmes de livraison des matériels roulants neufs,
à réduire les délais de livraison et à renforcer durablement la performance de
la filière industrielle ferroviaire.
Cette initiative fait
suite à la mission confiée début 2025 à Yves Ramette, Christian Dugué et
François Feugier par les ministres des Transports et de l'Industrie, dont
l’objectif était d’identifier les leviers permettant d'améliorer la conduite
des programmes de matériels roulants neufs, à la lumière des retards observés
ces dernières années.
Les conclusions de la
mission ont permis d'établir un diagnostic précis des causes profondes –
réparties tout au long de la chaîne de valeur du matériel roulant, de
l'expression du besoin jusqu'à l'autorisation de mise en service – et
d’identifier les axes de performance collective de la filière pour accompagner
les transformations à venir dans un contexte d’ouverture à la concurrence du
secteur ferroviaire.
Sur la base de ce
diagnostic, l'État, les Régions, les opérateurs ferroviaires et les industriels
ont élaboré conjointement un plan d'actions, signé aujourd'hui par l'ensemble
des parties prenantes. Celui-ci s'articule autour de trois priorités :
1. Recréer une
dynamique collective de filière, en renforçant la coopération entre l’État, les
Régions, les opérateurs ferroviaires et les industriels, en fluidifiant les
relations entre les acteurs de la chaîne d'approvisionnement pour mieux
anticiper les risques, partager les bonnes pratiques et associer pleinement les
PME-TPE.
2. Renforcer la
maîtrise d’ouvrage en amont des contrats de matériels roulants neufs, en anticipant les
besoins des usagers et les besoins fonctionnels exprimés par les autorités
organisatrices de la mobilité, en définissant un meilleur cadrage des futurs
appels d'offres, en offrant à l’ensemble des industriels une vision claire des
besoins pour les 15 prochaines années, et en intégrant avec plus d’efficacité
les enjeux industriels et les innovations dès l’amont des projets tout en
évaluant les impacts sur l’infrastructure ferroviaire existante.
3. Sécuriser la
réalisation des contrats, les essais et l’homologation des matériels roulants neufs,
en standardisant les jalons de réalisation définis par les processus
industriels, en optimisant les phases d'essais grâce à la simplification des
règles applicables, tout en maintenant un haut niveau d'exigence en matière de
sécurité ferroviaire.
Les signataires du plan d'actions couvrent l’ensemble de la filière, donneurs d’ordre, industriels et exploitants :

Philippe Tabarot : « L’ambition de ce
plan d’actions est claire : permettre à la filière ferroviaire française,
secteur d’activités d’excellence s’appuyant sur des acteurs de référence
internationale, de conserver son avantage stratégique sur un marché mondial du
rail porteur, et d’améliorer, par l’optimisation des délais de réalisation des
projets de matériel roulant, l’expérience des voyageurs français. Ce plan doit
plus précisément permettre aux industriels de se renforcer, au marché
d’anticiper les effets de l’ouverture à la concurrence et à toute la filière
d’éviter que les retards constatés par le passé ne se reproduisent et ne
pénalisent, in fine, le développement d’un moyen de transport clé de la
transition écologique et la réussite d’une filière stratégique à l’export. La
coopération entre acteurs, l’engagement collectif, la prise d’initiatives et la
poursuite du plan sur le temps long en seront les facteurs clés de succès. »
Sébastien Martin : « Notre ambition
est de faire de la filière ferroviaire française la plus performante et la plus
compétitive d'Europe. Cela suppose de mieux travailler ensemble et de donner à
nos industriels la visibilité dont ils ont besoin pour investir et innover. Avec
ce plan d'actions, nous faisons le choix d'une industrie qui anticipe, qui
simplifie et qui gagne en efficacité. C'est une étape concrète pour renforcer
notre souveraineté industrielle, soutenir l'emploi dans nos territoires et
faire de l'excellence française un atout sur les marchés internationaux. »
Chacune des actions de
ce plan a été confiée à un ou plusieurs acteurs de la filière ferroviaire, et
tous suivront collectivement l’avancement de l’ensemble des actions au sein
d’un comité de pilotage. À l’issue du comité ferroviaire réuni aujourd’hui, le
second semestre 2026 permettra de consolider les diagnostics et d’élaborer les
référentiels communs. À partir de 2027, les mesures seront progressivement
intégrées aux programmes, aux appels d’offres et aux démarches de progrès
industriel.
Cette démarche collective ne se substitue pas aux responsabilités propres de chaque autorité organisatrice de la mobilité, maître d’ouvrage, opérateur, industriel ou gestionnaire d’infrastructure ; elle vise à mieux anticiper les risques communs, à améliorer les interfaces entre acteurs et à renforcer le suivi des programmes.


