Retraite, santé, dépendance, éducation des
enfants, accès à la propriété : sur l’ensemble des grands sujets qui
structurent leur avenir financier, les Français estiment que les dispositifs
collectifs publics ne peuvent plus garantir leur sécurité financière future,
d’après une étude menée par l’Institut Yougov pour Meilleurtaux. Les Français
estiment désormais que leur avenir financier passe par leur responsabilisation
individuelle.
Une inquiétude devenue structurelle face à l’avenir
Le constat est sans appel : 75 % des Français anticipent une dégradation
des dispositifs publics dans les années à venir. Cette inquiétude traverse
toutes les catégories de population et atteint même 86,5% chez les 45-54 ans.
« La retraite apparaît comme le principal sujet de préoccupation. Seuls
38 % des Français déclarent encore avoir confiance dans le système de retraite
par répartition pour leur garantir une pension suffisante. Plus d’un Français
sur deux estime désormais que la préparation de sa retraite relève avant tout
de sa responsabilité personnelle » détaille
Thomas Vandeville, CEO de Meilleurtaux.
La même défiance s’observe concernant la santé et la dépendance. Ainsi, 58 % des Français considèrent que la Sécurité sociale ne couvrira pas suffisamment leurs dépenses de santé futures, tandis que
67 % jugent les aides
publiques insuffisantes pour faire face à la perte d’autonomie.
Une volonté de responsabilisation individuelle qui se heurte à un manque
de connaissances
Dans ce contexte, moins d’un Français sur deux (45,2 %) se dit confiant
dans son avenir financier. Cette perte de confiance favorise l’émergence d’une
nouvelle forme d’individualisation de la protection financière : chacun se sent
de plus en plus responsable de sa propre sécurité économique.
Cette responsabilisation croissante se heurte toutefois à un obstacle
majeur : le manque de connaissances financières. Moins de la moitié des
Français (47,7 %) estime bien comprendre les produits d’épargne et
d’investissement. Plus préoccupant encore, seuls 30 % d’entre eux se sentent
capables de gérer seuls leurs placements financiers.
L’écart est particulièrement marqué entre les hommes et les femmes, mais
aussi entre les générations. Les résultats soulignent l’existence d’un besoin
massif d’accompagnement et d’éducation financière.
« Les Français ne souhaitent cependant pas renoncer au conseil humain.
Si les usages numériques progressent fortement, ils privilégient désormais
davantage la qualité de l’accompagnement, la réactivité et la personnalisation
que la proximité physique avec une agence. »
analyse Thomas Vandeville.
De « ma banque » à « mon argent »
L’étude révèle également une évolution significative du regard porté sur
les établissements financiers historiques : seuls 31,5 % des Français
considèrent aujourd’hui que les offres de leur établissement principal sont
réellement compétitives.
Parallèlement, les outils numériques et l’intelligence artificielle
modifient profondément les comportements. Chez les moins de 35 ans, un quart
utilise déjà l’IA générative pour s’informer sur des sujets financiers.
Ces nouveaux usages favorisent une approche plus autonome, plus
comparative et moins fondée sur la seule légitimité historique des
institutions. Ainsi, en cinq ans, la part des produits financiers détenus dans
la banque principale est passée de 78 % à 64 %. Aujourd’hui, 54 % des nouveaux
produits financiers sont souscrits en dehors de l’établissement bancaire
principal.
Ce phénomène de diversification est particulièrement marqué chez les
jeunes actifs et les catégories les plus aisées, qui adoptent plus rapidement
les offres de nouveaux acteurs et privilégient une logique de comparaison
permanente.
L’avenir financier des Français se construit désormais dans un
écosystème ouvert, où chaque acteur doit démontrer sa valeur ajoutée.
« La prise de conscience des Français doit désormais s’accompagner d’une montée en compétence collective : les Français peuvent et doivent devenir une nation d’investisseurs. Les français sont déjà moins passifs et légitimistes dans l’approche de leur avenir financier. L’éducation financière est devenue un enjeu économique et sociétal majeur. » conclut Thomas Vandeville.


