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[Expertises] VivaTech 2026 - IA au travail : au-delà de la course à l’innovation, penser la soutenabilité humaine

À VivaTech, où l’intelligence artificielle sera une nouvelle fois au cœur des débats, les entreprises mettront en avant leurs innovations, leurs gains de productivité et leurs ambitions technologiques.

Ces avancées sont majeures. Mais elles laissent encore trop souvent dans l’ombre une question centrale : que fait l’accélération permise par l’IA à la santé mentale des organisations ?

 

L’intelligence artificielle est généralement présentée comme un outil d’efficacité. Elle promet de libérer du temps, d’automatiser les tâches répétitives, d’accélérer l’analyse et d’améliorer la performance.
Pourtant, dans les organisations, cette accélération ne se traduit pas mécaniquement par une réduction de la charge de travail.

 

Au contraire, elle peut parfois produire un effet plus discret : l’intensification invisible du travail. Les délais se raccourcissent, les volumes augmentent, les standards de performance évoluent, les responsabilités s’élargissent.


Une nouvelle norme implicite peut alors s’installer : « puisque c’est possible, c’est exigible ».

 


L’IA ne transforme pas seulement les outils, elle transforme les attentes

 

L’enjeu n’est pas de freiner l’innovation, mais de reconnaître que l’IA n’est pas uniquement une rupture technique. C’est aussi une rupture organisationnelle. Elle modifie les rythmes, les métiers, les critères de performance et les façons de coopérer. Lorsqu’elle est déployée sans régulation collective, l’IA peut renforcer la pression cognitive et créer une forme d’insécurité psychologique : peur de ne pas maîtriser les nouveaux outils, crainte d’obsolescence des compétences, doute sur la valeur future de son travail.

 

Un salarié confronté à une technologie rapidement intégrée, mais insuffisamment accompagnée, peut se retrouver en situation d’asymétrie. Il ne choisit pas toujours la transformation : il la subit. Or tout ce qui est subi fragilise l’engagement.

 

« La question stratégique n’est pas : comment aller plus vite grâce à l’IA ? »

 

Pour Jean-Christophe Villette, vice-président de la FIRPS, psychologue du travail et directeur général fondateur du cabinet EKILIBRE Conseil, la compétitivité ne peut plus être pensée uniquement à travers la vitesse d’adoption technologique

.

« L’IA est un accélérateur. La question est : accélère-t-elle notre développement ou notre épuisement ?
Le risque n’est pas l’IA en elle-même, mais l’absence de régulation de l’intensité qu’elle rend possible.
Si chaque gain de productivité devient immédiatement une nouvelle exigence, alors l’innovation technologique peut se transformer en facteur d’épuisement. La vraie question stratégique n’est pas : comment aller plus vite grâce à l’IA ? Elle est : comment intégrer l’IA sans dégrader la soutenabilité du travail ? »,
commente Jean-Christophe Villette, vice-président de la FIRPS, psychologue du travail et directeur général fondateur du cabinet EKILIBRE Conseil.

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