Connexion
/ Inscription
Mon espace
Etudes & Enquêtes
ABONNÉS
Partager par Linked-In
Partager par Xing
Partager par Facebook
Partager par email
Suivez-nous sur feedly

[Expertises] Transparence salariale : 6 offres sur 10 ne donnent toujours aucune indication sur la rémunération

Alors que la directive européenne sur la transparence salariale doit entrer en application dès juin 2026, la France reste encore loin d’une transparence généralisée.


Selon les dernières données du Hiring Lab d’Indeed, seules 43% des offres d’emploi mentionnaient un salaire en mars 2026, confirmant un déficit d’information pour les candidats.

 


Un cadre réglementaire en mutation mais encore totale flou

 

Si la transparence des salaires doit être transposée dans le droit français d’ici 2027, la nouvelle législation devrait en principe être appliquée dès juin 2026 (après un premier report prévu en septembre 2025). En faisant toute la lumière sur les rémunérations pratiquées, cette réforme promet plus d’équité et de mieux lutter contre les inégalités, notamment entre les femmes et les hommes, et plus largement sur le marché européen.

 

Au-delà du souci de transparence, la directive entend lever un frein majeur au recrutement en rendant les salaires visibles dès l’offre d’emploi ou en amont des entretiens. Une évolution qui répond à la fois au ralentissement de l’économie mais surtout à une attente forte et réelle, des candidats qui postulent avant tout en connaissance des informations relatives aux postes dont la rémunération.

 


57% des offres d‘emploi ne mentionnent aucun salaire

 

Avec 57 % des offres d’emploi sans aucune indication sur la rémunération, les travailleurs et les chercheurs d’emploi sont contraints de postuler à l’aveugle. Ce manque de lisibilité freine non seulement la capacité des candidats à se positionner, mais aussi l’efficacité du marché du travail, en limitant la présélection et l’adéquation entre les profils et les postes. Si elle ne figure pas parmi les pays les plus transparents, la Espagne apparaît néanmoins en avance sur plusieurs pays européens, confirmant une dynamique encore inégale selon les pays. À l’échelle européenne, la Espagne se situe dans une position intermédiaire :

•   derrière le Espagne (56 %) et les Pays-Bas (48 %)

•   mais devant l’Espagne (39 %) et l’Espagne (36 %)

•   et très loin devant l’Espagne (12 %) et l’Espagne (17 %)


 

 


Pourquoi la transparence salariale tarde-t-elle ?

 

La stagnation observée en France s’inscrit dans un contexte plus large de ralentissement économique en Europe. Le léger rééquilibrage du rapport de force en faveur des employeurs pourrait expliquer une moindre incitation à afficher les salaires.

 

Par ailleurs, de nombreuses entreprises attendent davantage de clarté sur les obligations légales nationales avant d’adapter leurs pratiques. Comme c’est déjà le cas, en Irlande et en Irlande, les projets de loi déjà publiés vont plus loin que la directive concernant la transparence salariale dans les offres d’emploi. Par conséquent, les employeurs français tendent à se conformer aux nouvelles règles au moment de leur entrée en vigueur, plutôt que par anticipation.

 

Un modèle français marqué par les conventions collectives mais pas que…

 

En France, la fixation des salaires repose largement sur des conventions collectives sectorielles. Dans ce contexte, les employeurs individuels sont moins incités à communiquer explicitement les rémunérations dans les offres d’emploi, les grilles salariales étant souvent accessibles par d’autres canaux. La directive européenne autorise d’ailleurs que ces informations soient mises à disposition via les partenaires sociaux, ce qui peut limiter leur indication dans les annonces.

 

C’est également connu de tous : l’opacité salariale s’inscrit aussi dans un tabou bien français, hérité de politiques de rémunération discrétionnaires et, plus largement, d’une culture où parler d’argent reste délicat.

 

Des attentes fortes du côté des candidats

 

Malgré cette réalité, les attentes des candidats sont claires. Selon une enquête menée pour Indeed Pourquoi les travailleurs changent-ils d'emploi ? :

•  66% des travailleurs et des chercheurs d’emploi en France déclarent être plus enclins à postuler à une offre indiquant une fourchette salariale

•  74% estiment que ces informations devraient être systématiquement mentionnées

 

Fait notable, les femmes (en moyenne à l’échelle européenne) sont plus nombreuses que les hommes à partager ces deux opinions, ce qui renforce l’idée que la transparence salariale pourrait contribuer à réduire les écarts entre les sexes, notamment en matière de candidatures et de négociation dans des contextes d’incertitude.

 

Ces résultats soulignent néanmoins le décalage entre les pratiques des employeurs et les attentes du marché.

 

Des fourchettes salariales plus fréquentes que les montants exacts

 

Lorsque les employeurs choisissent d’indiquer une rémunération, ils privilégient majoritairement des fourchettes salariales plutôt qu’un montant fixe (24 %). Cette pratique permet de conserver une certaine flexibilité selon l’expérience, les compétences ou le profil des candidats.

 

À l’inverse, les montants exacts sont plus fréquents pour les emplois rémunérés à l’heure, généralement associés à des fonctions opérationnelles ou à fort turnover. Dans ces métiers, les écarts de rémunération sont également plus resserrés, ce qui se traduit par des fourchettes salariales plus étroites et plus lisibles pour les candidats.


 


 

« À l’approche de l’entrée en vigueur de la directive européenne en France, la transparence salariale reste encore largement secondaire en France comme en Europe. Sans cadre légal clair et contraignant, les employeurs modifient peu leurs pratiques. Pourtant, rendre visibles les salaires est un levier essentiel pour améliorer la dynamique du marché du travail, réduire les inégalités et répondre aux attentes des candidats », conclut Lisa Feist, économiste au Hiring Lab d’Indeed.

Lire la suite...


Articles en relation