La hausse rapide du prix du
gaz européen – d’environ 32€ à près de 60€/MWh – ravive les inquiétudes pour
les entreprises de proximité.
Le SDI (Syndicat des Indépendants et des TPE) appelle à des mesures immédiates pour protéger la trésorerie des petites entreprises et relance le débat sur la formation du prix de l’électricité
en Europe.
Seon Marc Sanchez,
secrétaire général du SDI : « Dans un contexte de flambée des prix du gaz liée aux
tensions internationales, la première menace pour les petites entreprises n’est
pas seulement le prix de l’énergie : c’est le choc de trésorerie. Quand une TPE
voit sa facture ou ses acomptes doubler du jour au lendemain, elle n’a souvent
aucune capacité d’absorption. »
Les tensions
géopolitiques au Moyen-Orient et les perturbations des routes
d’approvisionnement énergétique font craindre un nouveau choc sur les prix de
l’énergie en Europe. Le prix de référence du gaz européen (TTF) est ainsi passé
en quelques jours d’environ 32 € à près de 60 € par mégawattheure, illustrant
la forte sensibilité des marchés énergétiques aux crises géopolitiques.
Si cette hausse devait
se prolonger, elle pourrait rapidement se transmettre aux factures d’énergie
des entreprises.
Les entreprises de
proximité en première ligne
Les TPE – commerçants,
artisans, indépendants et professions libérales – sont particulièrement
vulnérables à ce type de choc énergétique.
• des coûts énergétiques incompressibles dans
de nombreuses activités (cuisson, froid, machines, ventilation) ;
• un pouvoir de négociation limité face aux
fournisseurs d’énergie ;
• un risque immédiat de choc de trésorerie,
notamment en cas de hausse brutale des acomptes ou des mensualités.
Pour de nombreuses
petites entreprises, ce ne sont pas seulement les prix de l’énergie qui posent
problème, mais la capacité à absorber une augmentation soudaine des charges.
Éviter un choc de
trésorerie pour les TPE
Dans ce contexte, le
SDI propose la mise en place d’un dispositif simple visant à protéger la
trésorerie des entreprises de proximité si la crise énergétique devait se
prolonger.
• le lissage des factures d’énergie à la
demande des TPE afin d’éviter des hausses brutales ;
• l’encadrement temporaire des appels
d’acomptes demandés par les fournisseurs d’énergie ;
• la possibilité de report ou d’étalement ciblé
des échéances fiscales pour les secteurs les plus exposés.
Ce dispositif, centré
sur la protection immédiate de la trésorerie des petites entreprises, a été
adressé par courrier ce jour au Ministre de l’économie et des finances, Roland
Lescure, et au Ministre des PME, Serge Papin, afin d’anticiper les effets
économiques d’une éventuelle prolongation de la crise énergétique.
Une réflexion à engager
sur le marché européen de l’électricité
Aujourd’hui, le prix de
l’électricité en Europe reste largement déterminé par celui du gaz en raison du
mécanisme de formation du prix marginal. Ce système peut conduire à renchérir
l’électricité y compris dans des pays, comme la France, dont une grande partie
de la production repose sur des sources décarbonées et compétitives.
Marc Sanchez conclut : « La flambée actuelle du gaz rappelle une anomalie structurelle du marché européen de l’électricité : en Europe, le prix de l’électricité reste largement déterminé par celui du gaz. Cela pénalise des pays comme la France qui disposent d’une production largement décarbonée et compétitive. Il est temps que les négociations européennes avancent pour mieux refléter la réalité des coûts de production. »


