Alors que plusieurs distributeurs de
carburant proposent de suspendre provisoirement les certificats d’économies
d’énergie (CEE) comme alternative à un encadrement de leurs marges pour
desserrer la pression sur les prix à la pompe, Équilibre des Énergies alerte
sur les conséquences réelles d'une telle mesure.
La mesure est présentée
comme une réponse d’urgence à la hausse des prix des carburants. Mais une
suspension reviendrait à affaiblir l’un des principaux leviers de financement
de la transition énergétique, pour un bénéfice limité et temporaire. Cela créerait
un précédent mettant en risque la stabilité d’un dispositif structurant pour la
transition énergétique.
Les CEE ne sont pas une
variable d’ajustement conjoncturelle. Ils constituent un mécanisme central pour
permettre aux ménages, aux entreprises et aux collectivités de réduire leurs
factures et leur impact sur le climat.
Une suspension serait
d’autant plus dommageable que les récentes mesures annoncées pour sortir des
énergies fossiles dans les transports (renforcement des aides pour les
véhicules électriques, leasing social) sont financées directement par les CEE.
Selon Jean-Pierre
Hauet, président du comité scientifique d’Équilibre des Énergies : « Les CEE sont plus
que jamais mobilisés pour accélérer la sortie des énergies fossiles dans les
transports, notamment avec le renforcement du bonus écologique et le leasing
social. Suspendre le dispositif reviendrait à mettre un coup d’arrêt à une
politique stratégique qui vise à réduire l’impact des futurs choc pétroliers. »
Équilibre des Énergies appelle donc le gouvernement à ne pas céder. La question du pouvoir d’achat et celle des prix des carburants mérite d’être traitée, mais pas au prix d’un affaiblissement des outils qui permettent précisément de préparer la sortie durable des énergies fossiles.


