Une analyse de Agence Régionale de la Biodiversité Île-de-France,
département de L’Institut
Paris Region.
À partir de l’analyse croisée d’un volume inédit de dizaines de milliers
de données issues de suivis nimalsts (Vigie-Flore, STOC, suivis odonates, bases
du Conservatoire botanique, données DCE…), l’Agence régionale de la
biodiversité en Île-de-France met en nimals un phénomène nimals mais peu
perceptible : les communautés nimals et végétales se réorganisent sous l’effet
du changement climatique.
Les espèces dites « thermophiles » — adaptées aux températures élevées — progressent, comme le Brun des pélargoniums, papillon originaire d’Afrique du Sud, trouvant en milieu urbain sa plante hôte, le géranium. Il faudra compter également avec davantage de moustiques et les épidémies afférantes.
Les espèces
liées aux climats plus frais régressent. Ce basculement est désormais mesurable
à l’échelle régionale et observée dans tous les groupes étudiés : plantes,
oiseaux, papillons, orthoptères, odonates..
Mais la biodiversité n’est pas seulement victime du changement
climatique, elle est aussi un levier majeur de résilience et d’adaptation.
Chiffres clés
• +2,7 °C attendus en
Île-de-France d’ici 2050 selon la trajectoire TRACC.
• 1/4 à 1/3 des espèces
franciliennes déjà menacées, en première ligne face au climat.
• 1 386 espèces végétales
étudiées, révélant un basculement des flores froides vers des flores
méridionales.
• Six orchidées méditerranéennes
observées récemment pour la première fois dans la région.
• 2 300 obstacles identifiés dans
les cours d’eau franciliens.
L'architecture du vivant se transforme plus vite que prévu
Les milieux aquatiques et humides, déjà très réduits, subissent à la
fois le réchauffement de l’eau et la diminution des débits estivaux, ce qui
appauvrit les communautés aquatiques.
Les forêts franciliennes, autrefois considérées comme des refuges
climatiques, perdent aujourd’hui en résilience et émettent plus de carbone
qu’elles n’en stockent en raison d’une mortalité accrue des arbres.
En ville, les îlots de chaleur pouvant atteindre +8 °C favorisent
l’installation d’espèces exotiques ou méridionales, transformant
l’environnement urbain en laboratoire du changement climatique; l’apparition
d’espèces méditerranéennes, comme des orchidées inédites à Paris, en est un
signe clair. La ville agit comme un filtre écologique en favorisant les espèces
capables de résister aux pressions humaines et aux fortes températures, mais
tend à uniformiser la biodiversité.
Un investissement stratégique d’aménagement du territoire
Mais la biodiversité n'est pas seulement une victime du réchauffement,
elle est aussi une solution clé pour y faire face. Les Solutions fondées sur la
Nature — zones humides fonctionnelles, forêts diversifiées, sols perméables,
friches urbaines, trames écologiques — apparaissent comme des leviers concrets,
efficaces et multifonctionnels pour accompagner les territoires franciliens
vers la résilience.
Zones humides fonctionnelles, forêts diversifiées, friches urbaines,
sols perméables, murs végétalisés : ces éléments contribuent simultanément à
rafraîchir le climat local, gérer l’eau, stocker du carbone et maintenir des
habitats favorables. Les Solutions fondées sur la nature, représentent ainsi
des réponses concrètes aux enjeux climatiques, écologiques et sanitaires des
territoires.
C'est pourquoi l'ARB îdF publiera bientôt un guide sur ces Solutions
fondées sur la nature, "Climat : la nature source de solution", pour
milieux urbains, agricoles, forestiers et aquatiques et humides, afin de faire
face au changement climatique. Chiffres clés, préconisations et retours
d'expériences franciliennes, complèteront l'information.
Préserver, restaurer et reconnecter les milieux naturels devient désormais un investissement stratégique pour préparer l’Île-de-France au climat de demain.


