Se positionner sur les métaux et les matières
premières agricoles bas-carbone pourrait accroître les rendements des
investisseurs jusqu’à 22 %. C’est ce que
nous apprend une étude dirigée par Guillaume Coqueret, Professeur de Finance
and Data Science à emlyon business school ; réalisée avec Bertrand Tavin,
également professeur à emlyon business school et Yuxin Zhou, doctorante à
emlyon business school et à l’Université de Lyon. Elle a été publiée sous la
forme d’un article de recherche dans la revue Journal of Banking & Finance
(Vol.184, 107599).
Au-delà de la
performance financière, ces investissements permettraient également de réduire
significativement l’empreinte carbone d’un portefeuille, combinant ainsi
rendement et impact environnemental plus faible. Les chercheurs précisent
notamment que l’or et l’argent constituent, dans leur analyse, des
investissements nettement moins carbonés que d’autres métaux.
La possibilité d’une
approche croisant performance et impact environnemental
L’étude démontre que
l’intégration de matières premières bas-carbone réduit drastiquement
l’empreinte environnementale — jusqu’à -50 % pour l’agriculture et -80 % pour
les métaux — sans sacrifier la performance financière. Au contraire, une
allocation de 20 % peut accroître l’équivalent certain du rendement de 22 %.
Associées à des actions ou obligations vertes, ces matières premières
optimisent la diversification tout en accélérant la décarbonation des
portefeuilles.
Autre enseignement clé
de l’étude :
la durabilité ne serait pas encore pleinement intégrée dans les prix des
marchés de matières premières. En clair, les actifs « verts » ne sont pas
systématiquement plus chers ni moins rentables.
Un nouveau levier pour
les gestionnaires d’actifs
Ces travaux mettent en
lumière un segment encore peu exploité de l’investissement durable. Pour les
gérants de portefeuille, les matières premières bas carbone pourraient devenir
un levier stratégique, à la fois pour optimiser le couple rendement/risque et
pour répondre aux exigences croissantes en matière d’ESG.
À l’heure où la finance
durable entre dans une phase de maturité, l’étude suggère ainsi que le
potentiel de création de valeur ne se limite pas aux actions et aux obligations
: il pourrait aussi se jouer du côté des ressources elles-mêmes.
« Notre étude montre
que les matières premières durables peuvent être une solution gagnant-gagnant
pour les investisseurs : meilleures pour leurs intensités carbone et meilleures
pour leurs rendements, affirme le Professeur Guillaume Coqueret. Les
investisseurs peuvent simultanément améliorer leurs rendements et réduire leurs
émissions, sans compromettre la performance. »
« En incluant des matières premières bas carbone dans leurs portefeuilles, les investisseurs peuvent encourager les producteurs à adopter des pratiques plus écologiques tout en améliorant leurs propres rendements », ajoute le Professeur Bertrand Tavin.


