Grâce à son réseau national de notaires et son expertise unique, Immonot publie tous les deux mois une tendance du marché immobilier, issue d’une enquête rigoureuse réalisée auprès d’études notariales réparties sur tout le territoire.
Ce mois-ci, l’analyse
du professeur Bernard Thion démontre qu’avec l’arrivée du printemps,
l’immobilier donne des signes de renouveau. Tandis que le volume de ventes fait
une petite poussée, le prix des biens continue de se stabiliser malgré les
perturbations géopolitiques et économiques. Pour les notaires correspondants de
la tendance Immonot, les conditions semblent réunies pour faire naître un beau
projet immobilier.
Activité : reprise amorcée

L’immobilier
renforcerait-il son statut de valeur refuge ? À n’en pas douter avec cette
nouvelle tendance du marché qui confirme une reprise de l’activité en termes de
transactions. En témoignent les 21% de correspondants qui ont constaté une
hausse des ventes alors qu’ils n’étaient que 4% à dresser ce constat en
décembre 2025.
Une valeur que corroborent les propos de Sabine Pilimindy, négociatrice notariale à Melun (77) :
«
Une légère hausse des avant-contrats se fait ressentir, le marché bouge et
bougera plus à l’arrivée du printemps ». Logiquement, la part des
attentistes et des pessimistes recule pour se situer respectivement à 39% et
41%, alors qu’elle représentait 44% et 51% lors de la précédente consultation
des notaires.
Et cette reprise de
l’immobilier ne semble pas vouloir s’essouffler à court terme : 20% des
notaires interrogés s’accordent à penser que le marché va continuer d’évoluer
sur un rythme ascendant. Là encore, les propos de Florian Bigotte,
négociateur notarial à Phalempin (59), se veulent porteurs d’espoir : «
Les prix restent stables avec une demande et offre constantes également. On
commence à ressentir un rebond ».
En effet, les
intentions d’achat semblent au rendez-vous si l’on se réfère à la production
des crédits à l’habitat (hors renégociations). Elle s’établit à 12,8Mds en
décembre 2025 contre 6,9Mds en février 2024, selon la Fédération Bancaire
Française. Preuve que la pierre figure au rang des actifs principaux à
constituer. La stabilité des taux d’intérêt avec une moyenne de 3,20% en
janvier 2026 selon l’Observatoire Crédit Logement/CSA, conjuguée à l’ajustement
du prix de l’immobilier avec l’indice Notaires Insee de +0,2% seulement pour
les maisons en province en 2025, traduit une conjoncture favorable pour
envisager une acquisition.
Prix : conditions
stabilisées

Preuve que le marché
retrouve de la fluidité, les perspectives de baisse des prix qui se réduisent.
En effet, la part de notaires pronostiquant un repli recule de 58 à 51% en
l’espace de deux mois. Ce qui les place presque sur un pied d’égalité avec les 46%
de répondants qui se prononcent pour une stabilité des prix. Voilà une position
qui va mériter toute notre attention pour les mois qui viennent. Il semblerait
que les ajustements de prix qui pouvaient bloquer le marché se soient opérés de
2024 à 2025, années faisant partie de la période post covid, où la demande
s’est enflammée et les prix ont flambé.
Les acquéreurs
bénéficient désormais du travail de négociation mené en direction des vendeurs
pour amener ces derniers à prendre toute la mesure de la nouvelle donne : le
marché a changé de main pour passer dans celles des acheteurs. Une situation
que confirme Frédéric Lupis, négociateur à Gagny (93) : « Les clients
recherchent avec l’ambition d’acheter, mais ne se laissent pas entraîner dans
des surenchères. L’achat se fait à un prix de marché raisonnable ».
Dans ce marché
immobilier que les derniers mois ont permis d’assainir, l’offre produit tend à
se réduire. Raison pour laquelle il faut se positionner pour acheter avant le
retour de possibles tensions sur les prix ! En février, l’Indice des Prix
Immobiliers (IPI) - SeLoger, Meilleurs Agents, Les Echos - avoue une
progression de 1,9% sur un an glissant à Paris.
Le conseil des notaires
et les perspectives économiques
Seule ombre au tableau
qui fait sans doute écho à l’environnement géopolitique préoccupant : la
position de vente prioritaire devient très largement majoritaire puisqu’elle
rallie 87% des avis contre 80% lors de la précédente enquête.
Cependant, une lueur
s’installe du côté des terrains où la vente en première intention ne se
justifie que pour 56% des sondes, 39% estimant qu’il faut d’abord acheter.
Cette préconisation s’explique assurément au regard du manque de foncier
constructible. Situation qui atteint tout son paroxysme à la veille des
élections municipales où les projets de révision des PLU se voient reportés à
de nouvelles échéances.
Il faut aussi voir dans
cette quête de terrain un intérêt marqué pour la construction neuve. Les primo
accédants peuvent bénéficier du Prêt à Taux Zéro, sous conditions, qui vient
redorer leur pouvoir d’achat immobilier dans sa version 2026 encore plus généreuse.
De plus, le « neuf » offre des performances énergétiques de premier plan ; au
point de faire de l’ombre à bien des maisons anciennes qui souffrent de leur
statut énergivore au regard de leur DPE.
Voilà un critère de choix d’autant plus observé avec les crises de l’énergie que nous venons de passer et auxquelles il faut à nouveau nous préparer. À l’heure où nous écrivons ces lignes, la situation au Moyen Orient ne peut qu’inciter à la prudence avec la naissance d’un nouveau conflit Israël-USA/Iran, dont tous les acteurs économiques se seraient bien dispensés.


